Legault lance un appel préélectoral à ses troupes

Avec des intentions de vote qui le placent en tête des sondages depuis des mois, le premier ministre François Legault a mis ses militants en garde contre les excès de confiance, dimanche, dans son discours de clôture du conseil général de la Coalition avenir Québec.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Avec des intentions de vote qui le placent en tête des sondages depuis des mois, le premier ministre François Legault a mis ses militants en garde contre les excès de confiance, dimanche, dans son discours de clôture du conseil général de la Coalition avenir Québec.

Le premier ministre François Legault a lancé un appel préélectoral à ses troupes, dimanche, au terme d’un conseil général qui a permis d’affiner la stratégie caquiste ciblant les régions québécoises.

L’événement, qui rassemblait 850 militants, a permis de célébrer le dixième anniversaire de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Dans son discours de clôture, M. Legault a signalé à ses militants, rassemblés dans la salle d’un hôtel de Trois-Rivières, que l’échéance électorale de 2022 approche.

« De mon côté, je suis prêt à y aller pour un autre quatre ans. Est-ce que ça vous tente d’embarquer avec moi ? », a lancé le chef caquiste sous les applaudissements.

Il a dressé un bilan de ses réalisations et esquissé les projets qui restent à accomplir, notamment le développement d’une économie verte, la requalification de la main-d’œuvre et le « nationalisme économique ».

« On a encore beaucoup de changements à faire, a-t-il dit. Et j’ai comme l’impression qu’on va avoir besoin d’un autre mandat. Ce serait plate, il me semble, de casser cet élan. »

Avec des intentions de vote qui le placent en tête des sondages depuis des mois, M. Legault a mis ses militants en garde contre les excès de confiance.

« C’est sûr que ça fait plaisir de voir les sondages, a-t-il dit. Mais on ne prend absolument rien pour acquis. »

M. Legault a salué dimanche la compétence des équipes de députés, ministres et militants qui l’entourent. Samedi, il avait d’ailleurs soutenu que son équipe d’élus ne manque pas de relève.

« Quand je compare avec les autres partis, on a suffisamment de gens pour former deux conseils des ministres », avait-il déclaré aux journalistes.

Dimanche dans son allocution M. Legault a soutenu que son parti est mieux représenté à travers le Québec que ceux de ses adversaires.

« Il y a un autre parti qui est surtout dans les centre-villes. Il y en a un autre qui est surtout dans l’Ouest de Montréal. Puis il y en a un autre qui est seulement dans quelques régions. Mais la CAQ, on est présent partout au Québec. »

Les militants caquistes ont adopté durant la fin de semaine des propositions qui visent le développement des régions.

M. Legault a assuré que son plan visant le transfert de 5000 emplois de la fonction publique en région n’aura aucun impact sur la ville de Québec, où se concentrent plusieurs ministères et organismes. Selon le premier ministre, ces postes, qui ne trouvent pas preneur en raison de la pénurie de main-d’œuvre, à Québec, seront attribués à des régions où le taux de chômage est élevé.

« Mon rêve, c’est que le 21e siècle, ça soit le siècle des régions du Québec », a déclaré le premier ministre dans son discours.

Le pragmatique

M. Legault a opposé son pragmatisme à la vision « dogmatique » des certains partis de l’opposition qui veulent, selon lui, mettre de côté l’économie, notamment les emplois dans le secteur de la forêt.

« Si on écoutait certaines oppositions, il ne faudrait plus couper aucun arbre, a-t-il dit à ses militants. Mais je pense que j’ai compris pourquoi certaines oppositions ne veulent plus couper d’arbres. Ils pensent que l’argent, ça pousse dans les arbres. »

Dans un point de presse qui a suivi, M. Legault a admis qu’il faisait « peut-être » référence à Québec solidaire.

Devant les journalistes, il s’est également montré confiant que son parti réussira à ajouter des circonscriptions aux deux que son parti détient à Montréal, même si la ville a été absente des débats durant la fin de semaine.

« Je suis confiant que nous en obtiendront plus que deux, incluant…», s’est-il interrompu en se tournant vers la présidente de la CAQ, Sarah Beaumier, qui était à ses côtés.

« Ok, je n’ai rien dit », a-il ensuite enchaîné sans élaborer davantage.

Par la suite, Mme Beaumier n’a pas exclu d’être candidate lors d’un éventuel scrutin, tout en précisant qu’il n’y a jusqu’ici eu aucune discussion à ce sujet.

Samedi, M. Legault a d’ailleurs annoncé qu’il présentera une candidate dans l’élection partielle de Marie-Victorin, prévue « après Noël ». Il n’a pas précisé de qui il s’agit.

Le premier ministre s’est aussi défendu samedi d’utiliser des fonds publics à des fins partisanes, avec une formation sur le placement publicitaire donnée la semaine dernière par deux employés du parti aux attachés caquistes dans les bureaux de circonscription. Les libéraux ont obtenu une enquête de la commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale à ce sujet.

M. Legault a répété durant la fin de semaine qu’il n’a pas l’intention de devancer la prochaine élection générale avant la date prévue par la loi, en octobre 2022.

Dans la foulée de la controverse suscitée par l’unilinguisme du président-directeur général d’Air Canada Michael Rousseau, M. Legault a précisé dimanche que les incitatifs à la francisation des hauts dirigeants d’entreprise qu’il souhaite ne dépendront pas d’amendements au projet de loi 96 sur la réforme de la Charte québécoise de la langue française.

Une intervention de son ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon précisera ses intentions.

À voir en vidéo