Le Parti québécois dépose son propre projet de réforme de la loi 101

Le projet de loi 190, déposé par le député péquiste Pascal Bérubé, traite, entre autres, à la fois du français en tant que langue de travail et en tant que langue d’accueil.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le projet de loi 190, déposé par le député péquiste Pascal Bérubé, traite, entre autres, à la fois du français en tant que langue de travail et en tant que langue d’accueil.

Le Parti québécois y est allé jeudi de son propre projet de loi pour renforcer la loi 101, jugeant trop timide le projet gouvernemental.

Il veut notamment créer un ministère du Français, de l’Immigration et de l’Intégration et freiner les transferts linguistiques vers l’anglais.

« On veut rattraper dans les 10 prochaines années ce que nous avons perdu dans les 10 dernières années », a résumé Pascal Bérubé, porte-parole de l’opposition péquiste pour la langue française.

Pour ce qui est des transferts linguistiques, il se donne une cible de 75 % vers le français et 25 % vers l’anglais. À plus long terme, il vise même 90 % des transferts vers le français. À l’heure actuelle, « on est à 55 % » et cela contribue au déclin du français, selon lui.

Municipalités bilingues

Aussi, la version péquiste d’une Charte de la langue française renforcée fixerait à 33 % le seuil de résidents anglophones pour qu’une municipalité puisse conserver son statut de ville bilingue et ainsi fonctionner en anglais et en français.

Cela toucherait des municipalités comme Mont-Royal (18,5 %) et Otterburn Park (5,7 %), qui ont une population anglophone nettement sous ce seuil.

Il s’est d’ailleurs indigné du fait qu’aucun des trois principaux candidats aux élections municipales à Montréal — Valérie Plante, Denis Coderre et Balarama Holness — n’ait pas cru bon faire du français un enjeu. Or, « si on perd Montréal, on est foutu », s’est exclamé M. Bérubé.

Cégeps en français

Le projet de loi 190 du Parti québécois revient aussi à la charge avec sa volonté de diriger les allophones vers le cégep en français, et non le cégep en anglais.

Il a rappelé qu’à l’âge du cégep, les jeunes se mettent en couple, occupent un emploi et amorcent leur vie d’adulte et « ça va se faire en anglais » si ces jeunes sont dirigés vers les cégeps anglophones.

En laissant les allophones fréquenter le cégep en anglais, dit-il, « on abandonne les efforts qu’on a faits » au primaire, au secondaire, pour qu’ils s’intègrent bien à la communauté francophone.

M. Bérubé avait d’ailleurs déposé une motion pour débattre de cette question du cégep en anglais et des allophones, mais le leader du gouvernement caquiste n’a pas donné son assentiment. Il n’y a donc pas eu de débat sur cette question.

Culture et travail

Le PQ veut aussi créer une sorte de « CRTC québécois », un Bureau de promotion du contenu québécois. M. Bérubé s’est dit déçu de la tiédeur du gouvernement fédéral à défendre les productions en français auprès des grandes entreprises comme Netflix.

Le projet de loi du Parti québécois pour renforcer la Charte de la langue française s’attarde aussi au milieu du travail.

« Nous interdisons à un employeur d’exiger l’anglais pour obtenir ou accéder à un poste ou à une promotion » sauf si cela est justifié.

« Nous, on veut interdire sans ambiguïté d’exiger l’anglais à l’embauche pour les employeurs, sauf quand c’est réellement justifié. Pour nous, c’est à l’employeur de démontrer que c’est justifié ; il a le fardeau de la preuve », a affirmé M. Bérubé.

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