Pour l’environnement, relançons l’industrie du gaz de schiste, dit Éric Duhaime

Le parti d’Éric Duhaime veut accélérer l’exploitation et l’exploration des ressources naturelles du Québec, «comme le gaz de schiste», à certaines conditions comme «l’acceptabilité sociale» et «la minimisation des pollutions».
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le parti d’Éric Duhaime veut accélérer l’exploitation et l’exploration des ressources naturelles du Québec, «comme le gaz de schiste», à certaines conditions comme «l’acceptabilité sociale» et «la minimisation des pollutions».

Reprise de l’exploitation du gaz de schiste, fin des subventions aux véhicules électriques, appui au troisième lien : le Parti conservateur du Québec (PCQ) a son plan en environnement. Déposé mercredi, il vise à « agir de façon proactive mais aussi rationnelle par rapport aux effets des changements climatiques causés ou non par l’activité humaine ».

Le chef conservateur Éric Duhaime a rendu public au cours de l’après-midi ses propositions pour traverser les défis climatiques en faisant un « compromis avec le discours extrémiste de certains écologistes ».

« Les conservateurs sont des optimistes et non pas des alarmistes », peut-on y lire.

« Nous tenons compte de nombre de prévisions catastrophistes formulées dans le passé qui se sont avérées être des modélisations simplistes et erronées », ajoute-t-on, sans préciser lesquelles.

Apostrophé par Le Devoir, le responsable de la campagne Climat-Énergie de Greenpeace Canada, Patrick Bonin, s’est dit fortement « inquiété » par les allusions du parti, qui ne reposent sur aucune base solide, soutient-il.

« Il y a une remise en question de la science du climat. Même les conservateurs fédéraux ne vont pas aussi loin que ça, a-t-il souligné au bout du fil. C’est vraiment de la bouillie pour les chats. »

Concrètement, le parti d’Éric Duhaime veut accélérer l’exploitation et l’exploration des ressources naturelles du Québec, « comme le gaz de schiste », à certaines conditions comme « l’acceptabilité sociale » et « la minimisation des pollutions ».

« Il y a un coût économique et social à retarder le progrès matériel et le développement de nos ressources naturelles », fait valoir le PCQ.

Patrick Bonin dénonce un « affront » à la volonté climatique du Québec. « Ils rouvrent la porte à un chapitre qu’on avait fermé de manière collective. L’ensemble des partis à l’Assemblée nationale – à part celui-ci – avaient décidé d’écouter la science », a-t-il soulevé.

En 2018, le gouvernement de Philippe Couillard mettait fin à la filière du gaz de schiste. Plus récemment, François Legault s’engageait à arrêter l’exploration pour toute sorte d’hydrocarbure en territoire québécois. Le ministre caquiste Jonatan Julien doit déposer un projet de loi en ce sens d’ici l’hiver.

Aux yeux d’Éric Duhaime, il existe par ailleurs un système désuet au Québec : la consigne. S’il est élu, le chef conservateur souhaite l’abolir. Le système de recyclage fait le travail, plaide-t-il.

Réformer le transport

Le plan du PCQ ne s’arrête pas là. Pour assurer la survie économique du Québec, « nous n’avons pas besoin d’austérité et de décroissance », assure la formation politique. M. Duhaime vise notamment à agrandir les autoroutes 20 et 40 d’une voie ou deux chacune, à mettre fin aux subventions aux véhicules électriques et à « réitérer son appui au troisième lien ».

Il avance l’idée d’augmenter les limites de vitesse à 120 km/h sur certains tronçons autoroutiers pour « améliorer la fluidité de la circulation ».

« Les limites de vitesse artificiellement basses deviennent des prétextes pour donner des contraventions pour financer les gouvernements », peut-on lire dans son rapport.

Un gouvernement conservateur « susprendra [it] » également le projet de tramway à Québec. Avant même de se lancer en politique, Éric Duhaime a maintes fois fait entendre son désaccord à l’égard du réseau structurant.

Le PCQ tiendra à la fin du mois son congrès des membres. Ils pourront s’exprimer et débattre sur ces propositions.

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