Québec propose une troisième dose aux 70 ans et plus et à ceux vaccinés avec AstraZeneca

Québec recommande désormais aux personnes de 70 ans et plus et à celles qui ont reçu deux doses des vaccins d’AstraZeneca de se faire vacciner une troisième fois pour profiter d’une meilleure protection contre la COVID-19.

Fort d’une recommandation de la Santé publique et du Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ), le ministre de la Santé, Christian Dubé, a annoncé mardi qu’une troisième dose serait offerte sur une base volontaire aux personnes de 70 ans et plus.

« À partir de 80 ans, on a une baisse de l’immunité », a précisé le directeur national de santé publique, Horacio Arruda. Dans cette tranche d’âge, « on a observé peut-être une petite augmentation du taux d’hospitalisation », a-t-il ajouté. « Oui », a-t-il ensuite répondu lorsqu’un journaliste lui a demandé si les 70-79 ans étaient inclus dans la recommandation « par prudence ».

Pour ceux qui sont doublement vaccinés avec les produits d’AstraZeneca (Vaxzevria et Covishield), le rappel devra être fait avec un vaccin à ARN messager, comme ceux de Pfizer-BioNTech et de Moderna. « Je veux rassurer la population, a précisé le ministre Dubé. Ce n’est pas parce qu’il y a des inquiétudes par rapport à l’AstraZeneca. C’est pour s’assurer qu’il y a une protection plus longue, particulièrement après six mois. »

Les personnes qui voudront recevoir une troisième dose pourront le faire s’il s’est écoulé au moins six mois depuis leur dernière dose. Les aînés de 80 ans et plus pourront prendre rendez-vous sur la plateforme ClicSanté à partir du 16 novembre. Des plages de rendez-vous seront ouvertes pour les 75-79 ans à partir du 18 novembre, et dès le 23 novembre pour les 70-74 ans. Les personnes qui ont reçu les vaccins d’AstraZeneca — elles sont environ 116 000 — pourront quant à elles réserver une place à partir du 25 novembre.

En tout, plus d’un million de Québécois de 70 ans et plus sont admissibles à une troisième dose. Le directeur de la campagne de vaccination, Daniel Paré, a précisé que de nouveaux sites de vaccination allaient être ouverts et que d’autres seraient agrandis.

À ses côtés, le Dr Arruda s’est dit incapable de se prononcer, à ce stade, sur la possibilité qu’une troisième dose soit un jour recommandée à l’ensemble de la population. « Ça va dépendre de notre épidémiologie [et] de l’effet d’avoir écarté la première et la deuxième dose. Je pense que, si nous avions eu 21 jours ou 28 jours comme ça a été fait ailleurs, probablement qu’on serait amenés à donner une troisième dose à la population en général », a-t-il expliqué.

Troisièmes doses en RPA

 

Le ministre de la Santé a par ailleurs déclaré que Québec avait bon espoir de terminer l’opération visant à offrir une troisième dose aux aînés en résidence d’ici la fin du mois. Cette mesure préventive, annoncée à la fin du mois de septembre, touchait en tout 220 000 personnes : 40 000 dans les CHSLD, 140 000 dans les RPA et 40 000 dans les autres milieux de vie.

Christian Dubé a aussi souligné que l’administration de troisièmes doses n’allait pas retarder « du tout » la vaccination des jeunes de 5 à 11 ans. « On attend toujours l’homologation de Santé Canada pour que le CIQ puisse nous faire la recommandation. Par contre, je veux rassurer les parents et tout le monde : on est prêts. Je pense qu’on s’est assurés qu’on va être capables de vacciner aussi rapidement », a-t-il attesté.

Québec aimerait lancer la campagne de vaccination des enfants d’ici décembre.

Dubé reproche aux syndicats de nuire aux efforts de recrutement

Québec — Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a reproché mardi aux délégués syndicaux de nuire à ses efforts de recrutement de personnel en cherchant surtout à satisfaire leurs propres intérêts. Il a reconnu du même souffle qu’il allait assouplir les nombreuses restrictions associées aux primes d’attraction proposées par le gouvernement.

Le ministre s’en est pris aux délégués syndicaux, qui tentent selon lui d’élargir l’accès aux primes d’attraction et de rétention du personnel « pour ceux qui sont [en] libération syndicale ».

C’est faux, ont ensuite répondu cinq syndicats en santé. « […] il n’a pas été question de ce sujet lors des récentes rencontres avec le [ministère] », ont écrit la FSQ-CSQ, la FIQ, la FSSS-CSN, le SQEES-FTQ et le SCFP dans un communiqué. « Le ministre semble vouloir trouver un coupable pour les difficultés qu’il rencontre dans le recrutement de personnel », ont ajouté les syndicats.

Au Salon bleu, le premier ministre, François Legault, a avancé que 300 délégués cherchaient à mettre la main sur les primes. Le ministre Dubé a quant à lui demandé aux délégués syndicaux de « s’élever au-dessus de leurs intérêts personnels » et de « nous aider à chercher du personnel ».

Sur le fond, il s’est néanmoins dit ouvert à assouplir les nombreuses conditions associées aux primes d’attraction et de rétention du personnel, notamment au sujet des congés sans solde. Dans sa formule actuelle, le guide d’application des primes prévoit qu’une seule journée sans solde entraîne un remboursement complet des primes. Québec entend apporter des corrections mercredi « ou dans les prochains jours », a annoncé le ministre.



La version originale de cet article a été modifiée pour bien indiquer que les plages de rendez-vous seront ouvertes à partir du 18 novembre pour les 75-79 ans et à partir du 23 novembre pour les 70-74 ans.



À voir en vidéo