Paul St-Pierre Plamondon maintient le suspense quant à une candidature dans Marie-Victorin

«On a une stratégie», s’est contenté de dire le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, lors d’un point de presse.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «On a une stratégie», s’est contenté de dire le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, lors d’un point de presse.

Ce n’est pas aujourd’hui que les militants du Parti québécois (PQ) sauront si leur chef, Paul St-Pierre Plamondon, se lancera dans la course pour remporter Marie-Victorin. L’élu a soutenu mardi que sa décision n’était pas prise, malgré le statut nouvellement vacant de la circonscription.

« On a une stratégie », s’est contenté de dire le chef péquiste lors d’un point de presse. Il demande au gouvernement d’enclencher une élection partielle au plus vite… sans dire s’il représentera son parti dans ce scrutin.

« La balle est dans le camp du gouvernement. Il a la responsabilité d’être clair [et d’annoncer] si et quand il y aura une élection », a-t-il soutenu, ajoutant que la circonscription de la Rive-Sud avait droit à son député.

Quelques heures plus tard, le premier ministre François Legault a renvoyé la balle à M. St-Pierre Plamondon. La décision du chef péquiste déterminera la position de la Coalition avenir Québec dans Marie-Victorin. « J’aimerais d’abord savoir si le chef du Parti québécois veut se présenter […] avant de prendre une décision si on va ou non présenter un candidat », a-t-il dit lors d’une mêlée de presse.

Selon M. St-Pierre Plamondon, le choix de la date sera déterminant. Or, François Legault souhaite « laisser un petit peu de répit » aux électeurs de Marie-Victorin, qui viennent de voter deux fois en à peine un mois. Il attendra 2022 pour déclencher une partielle.

« En politique, les choses peuvent changer très rapidement, a soulevé M. St-Pierre Plamondon, mardi, sans dire si le report du scrutin changera sa décision. C’est sûr qu’une partielle à quelques mois des élections générales représente un scénario très différent. »

Du nouveau dans Marie-Victorin

Cette partielle, c’est l’ombre qui plane au-dessus de la tête de « PSPP » depuis un moment. Choisi comme chef du PQ en octobre 2020, il agit depuis comme chef non élu. Il ne peut donc pas légiférer ou poser des questions au Salon bleu. Jusqu’ici, aucune occasion ne s’était présentée pour qu’il brigue un poste élu.

Or, en se présentant comme candidate à la mairie de Longueuil, la députée indépendante Catherine Fournier risquait depuis le début de délaisser son siège d’élue provinciale dans Marie-Victorin. Son élection comme mairesse dimanche soir confirme cette réalité.

Lundi, l’attaché de presse de Mme Fournier a confirmé au Devoir qu’elle quitterait son bureau de circonscription au cours des prochains jours.

Lors de son bilan de fin de session parlementaire, en juin dernier, M. St-Pierre Plamondon avait réitéré qu’il ne considérerait pas de candidature dans la circonscription longueuilloise avant qu’elle se libère. « C’est une hypothèse parmi tant d’autres. Je prendrai position seulement si et quand cette situation-là survient », avait affirmé le chef non élu.

Maintenant que la situation s’apprête à survenir, les partis politiques québécois préparent le terrain. Mardi, le Parti libéral s’est engagé à laisser la voie libre au chef péquiste s’il se lance dans la course, comme le veut une règle non écrite de l’Assemblée nationale qui n’a pas toujours été suivie.

« La chose élégante à faire, comme M. Bourassa l’a fait pour M. Parizeau, comme M. Charest l’avait fait pour Mme Marois, comme Mme Marois, également, avait posé ce geste pour Philippe Couillard, c’est de laisser entrer un chef à l’Assemblée nationale », a indiqué la cheffe libérale, Dominique Anglade.

Québec solidaire ne suivra pas ce que son co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois qualifie de « tradition semi-respectée ». « On va avoir une candidature parce qu’on pense que retirer une option démocratique aux gens de Marie-Victorin, ce n’est pas une bonne décision », a-t-il dit.

L’ex-cheffe bloquiste et députée péquiste Martine Ouellet a elle aussi confirmé ses intentions de se présenter, sous les couleurs de son nouveau parti, Climat Québec.

Le Parti québécois soutient depuis des mois que son chef n’avait pris aucune décision définitive. La formation souverainiste contrôle Marie-Victorin depuis sa création, dans les années 1980, à l’exception d’un hiatus libéral d’un an et demi. La circonscription a notamment été le fief de l’ex-ministre Bernard Drainville.

« C’est une circonscription très importante. On est très solides dans [Marie-Victorin] », a glissé Paul St-Pierre Plamondon, mardi.

À voir en vidéo