Québec financera l’achat d’autobus électriques urbains

Avec ce contrat, le Québec représentera la moitié de tout le carnet de commandes d’autobus électriques en Amérique du Nord.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Avec ce contrat, le Québec représentera la moitié de tout le carnet de commandes d’autobus électriques en Amérique du Nord.

Le Québec financera la part du lion d’un contrat de cinq milliards de dollars d’autobus électriques pour atteindre sa visée d’électrifier 55 % du parc d’autobus urbains dans la province. Mais il n’est pas certain que ces véhicules seront québécois.

Le premier ministre François Legault a fait cette annonce mercredi dans le cadre de la COP26, la Conférence des Nations unies (ONU) sur les changements climatiques qui a lieu à Glasgow, en Écosse.

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Le gouvernement du Québec fournira 3,65 milliards de dollars dans ce contrat, qui s’étale jusqu’en 2030, tandis que le reste de l’enveloppe proviendra du gouvernement fédéral et des sociétés de transport, a précisé M. Legault au cours d’une conférence de presse dans un hôtel d’Édimbourg. Quelque 2,4 milliards seront consacrés à l’achat de 2148 véhicules, tandis que 2,6 milliards serviront à adapter les garages dans les neuf sociétés de transport en commun du Québec. Ainsi, 55 % du parc des autobus sera électrifié dans la province.

Livraisons en 2025

Le gouvernement a déjà entrepris des discussions avec des constructeurs québécois comme Novabus et Lion Électrique, mais un constructeur étranger pourrait très bien remporter le contrat, ce que n’a pas écarté M. Legault.

Cependant, il a dit que le gouvernement allait s’assurer que le maximum de ces véhicules sont conçus et assemblés au Québec. « Il faut être prudent, parce qu’il faut respecter les règles internationales, mais on est très confiants que les 2000 autobus seront fabriqués au Québec. »

Les premiers autobus devraient être livrés à compter de 2025.

Avec ce contrat, le Québec représentera la moitié de tout le carnet de commandes d’autobus électriques en Amérique du Nord.

Lion Électrique conçoit et assemble actuellement des autobus scolaires à Saint-Jérôme, dans les Laurentides, mais le gouvernement est en discussions avec l’entreprise québécoise pour le développement de nouveaux produits.

Émissions en hausse

Cette annonce du gouvernement Legault s’inscrit dans un effort de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans la province, dont la part principale vient du secteur des transports. Ces mesures s’inscrivent dans un contexte où plusieurs États se résolvent à faire de même. Mercredi, une nouvelle étude du Global Carbon Project, publiée à l’occasion de la COP26, a suggéré que les émissions mondiales de CO2, principal gaz à effet de serre, sont reparties de plus belle, laissant de moins en moins de temps pour contrer le réchauffement climatique planétaire.

En 2021, ces émissions devraient rebondir de 4,9 % pour se rapprocher à moins de 1 % du record absolu de 2019, selon cette étude. Le groupe de scientifiques derrière le Global Carbon Project étudie les « budgets » carbone mondiaux, soit la quantité de CO2 ​pouvant être émise pour un résultat donné.

Car malgré les promesses de plans de relance post-COVID « verts », cette reprise se fait surtout avec les énergies fossiles. Les émissions dues au pétrole, projetées en augmentation de 4,4 % pour 2021, ne rattrapent pas leur niveau de 2019, mais les auteurs soulignent que le secteur des transports n’a pas encore recouvré ses niveaux d’avant la crise et que le rebond risque donc de s’accélérer.

Avec l’Agence France-Presse



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