Pour rattraper son retard, Québec compte accueillir 70 500 nouveaux arrivants en 2022

En fixant ses objectifs initiaux si près de la barre symbolique des 50 000 nouveaux arrivants, le gouvernement de François Legault tranche avec le début de son mandat.
Photo: Graham Hughes Archives La Presse canadienne En fixant ses objectifs initiaux si près de la barre symbolique des 50 000 nouveaux arrivants, le gouvernement de François Legault tranche avec le début de son mandat.

Québec ouvre les vannes de l’immigration pour rattraper les retards engendrés par la fermeture des frontières. Le gouvernement de François Legault compte accueillir aux alentours de 70 000 nouveaux arrivants en 2022, dont 65 % d’immigrants économiques.

Le ministre suppléant de l’Immigration, Jean Boulet, a déposé jeudi le plus récent Plan d’immigration du Québec — Nadine Girault se remettant d’une opération. Le document confirme les intentions du gouvernement d’accueillir entre 49 500 et 52 500 personnes pour l’année à venir, en plus de rattraper le retard accumulé en 2020.

Lors de la première année pandémique, Québec avait dû mettre de côté le traitement d’un total de 18 000 dossiers. Ils s’ajouteront à la pile pour 2022, portant le total d’arrivées potentielles à 70 500. « Les restrictions de voyage s’étant poursuivies en 2021, l’atteinte des cibles prévues dans le précédent plan a été difficile », peut-on lire dans le document.

Québec montre du doigt le gouvernement fédéral pour expliquer son incapacité à rattraper une partie du retard pandémique en 2021. Ce manque à gagner devait initialement être amputé de plus du tiers, mais « le rattrapage planifié de 7000 admissions supplémentaires […] ne sera pas atteint par le gouvernement fédéral », plaide le gouvernement Legault.

Le ministère fédéral de l’Immigration n’a pas répondu aux critiques de Québec, jeudi.

Immigration économique en priorité

Le premier ministre Legault a longtemps fait entendre ses intentions d’agrandir la part de l’immigration économique. En 2022, le plan prévoit que 65 % des nouveaux résidents québécois proviendront de cette catégorie, un pourcentage supérieur de six points de pourcentage à celui observé cette année.

« Ce matin, on est surpris et heureux de cette annonce inattendue », a affirmé dans un communiqué de presse le président et chef de la direction du Conseil du patronat du Québec, Karl Blackburn, jeudi.

Autour de 7000 réfugiés devraient s’installer au Québec l’an prochain. Plus de 10 000 personnes devraient le faire par le biais des processus de réunification familiale.

Si elle applaudit « le retour à la raison » du gouvernement Legault en matière d’immigration, la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes s’interroge sur la répartition choisie par le ministère de l’Immigration.

« Malheureusement, la hausse s’effectue sur le dos des réfugiés, dont les cibles globales n’ont pas bougé depuis 2020 », a déclaré son directeur, Stephan Reichhold.

Changement de cap

En fixant ses objectifs initiaux si près de la barre symbolique des 50 000 nouveaux arrivants, le gouvernement de François Legault tranche avec le début de son mandat.

En campagne électorale, en 2018, le chef caquiste avait longuement tapé sur le clou de l’immigration, promettant de réduire les seuils de 20 % à son arrivée en poste. À sa première année, le gouvernement avait accueilli environ 40 000 futurs résidents.

Mais depuis, les cibles ont régulièrement grimpé. « À plusieurs reprises, le gouvernement avait émis des signaux ambigus à l’égard de l’immigration, mais aujourd’hui il confirme enfin que l’immigration est bel et bien une solution incontournable pour combler la pénurie de main-d’œuvre », s’est réjoui Karl Blackburn.

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