QS veut s’attaquer aux violences sexuelles dans les écoles

L’obligation d’instaurer une politique pour contrer les violences sexuelles existe depuis 2017 pour les cégeps et les universités, à la suite d’une vague de dénonciations. Québec solidaire veut maintenant étendre cet outil à l’ensemble des établissements, y compris le niveau préscolaire ainsi que la formation professionnelle et la formation générale aux adultes.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne L’obligation d’instaurer une politique pour contrer les violences sexuelles existe depuis 2017 pour les cégeps et les universités, à la suite d’une vague de dénonciations. Québec solidaire veut maintenant étendre cet outil à l’ensemble des établissements, y compris le niveau préscolaire ainsi que la formation professionnelle et la formation générale aux adultes.

Québec solidaire (QS) souhaite que les écoles primaires et secondaires adoptent une politique pour prévenir et combattre les violences à caractère sexuel.

La formation a déposé jeudi un projet de loi-cadre en ce sens à l’Assemblée nationale, a indiqué la porte-parole de QS en matière d’éducation, Christine Labrie.

« Plus de la moitié des victimes d’infractions sexuelles enregistrées par la police sont mineures », a souligné d’entrée de jeu Mme Labrie, en conférence de presse dimanche, à Montréal.

L’obligation d’instaurer une politique pour contrer les violences sexuelles existe depuis 2017 pour les cégeps et les universités, à la suite d’une vague de dénonciations. QS veut maintenant étendre cet outil à l’ensemble des établissements, y compris le niveau préscolaire ainsi que la formation professionnelle et la formation générale aux adultes.

« Les violences sexuelles concernent aussi les jeunes et même les très jeunes. Les formes de violence sexuelle que peuvent vivre les jeunes sont nombreuses : abus sexuel, photos intimes partagées par des collègues de classe, violences liées à l’identité de genre et à l’orientation sexuelle », a énuméré la députée de Sherbrooke.

« Parfois, ça se passe à l’école, parfois non, mais une chose qui est certaine est que la quasi-totalité des victimes mineures fréquente l’école. C’est pour ça qu’il faut absolument que toutes nos écoles soient plus sécuritaires, qu’elles deviennent des lieux où les élèves peuvent se confier et obtenir de l’aide rapidement », a-t-elle ajouté.

QS propose, entre autres, la tenue d’activités de sensibilisation, la formation de tout le personnel scolaire pour intervenir et accompagner les élèves qui vivent une situation de violence ainsi que l’instauration d’un processus clair pour porter plainte. Ce type de mesures fonctionnent au niveau postsecondaire, a noté Mme Labrie.

[…] il faut absolument que toutes nos écoles soient plus sécuritaires, qu’elles deviennent des lieux où les élèves peuvent se confier et obtenir de l’aide rapidement.

 

Elle était accompagnée de deux jeunes femmes du collectif « La voix des jeunes compte », qui se mobilise depuis quelques années pour lutter contre les violences sexuelles à l’école. Selon Theryanne-Marie Félix et Kenza Chahidi, une bonne partie de la population ignore ce qui se passe réellement dans les établissements scolaires en matière de violence à caractère sexuel.

Manque de soutien

Theryanne-Marie Félix déplore notamment le manque de soutien pour les victimes et les témoins.

« J’ai une de mes amies qui a vécu une forme de violence sexuelle. J’ai été témoin et j’ai dû l’accompagner. Elle était sur une liste d’attente [pour voir une ressource] et il n’y a eu aucun suivi. On est censées être orientées vers les bonnes personnes, mais on ne reçoit pas ce dont nous avons besoin », a témoigné l’élève, qui en est à sa dernière année du secondaire.

Pour Kenza Chahidi, l’éducation et la sensibilisation commencent au primaire et au secondaire, et non à partir du cégep. « Ce n’est pas par magie que tout ça va changer. C’est par la mise en place d’un protocole encadré par une loi spécifique », a-t-elle soutenu.

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