Québec s’oppose à la perte d’un siège aux Communes

Sonia LeBel a invoqué la « spécificité québécoise » et a rappelé que le Québec est la seule province francophone au Canada.
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Sonia LeBel a invoqué la « spécificité québécoise » et a rappelé que le Québec est la seule province francophone au Canada.

Une bonne partie de la classe politique québécoise s’est insurgée contre l’idée de retirer une circonscription fédérale au Québec, comme l’envisage le redécoupage de la carte électorale proposé par Élections Canada vendredi. À commencer par la ministre Sonia LeBel, selon qui le gouvernement Legault a la ferme intention de se faire entendre pour éviter une perte d’influence.

« Nous avons une nation à défendre », a affirmé la ministre responsable des Affaires intergouvernementales en mêlée de presse mardi. Mme LeBel a invoqué la « spécificité québécoise » et a rappelé que le Québec est la seule province francophone au Canada. « Pour nous, ce n’est pas une simple formule mathématique. Il est très important de tenir compte du poids réel, du poids de la représentativité du Québec au sein de la Chambre des communes. »

La carte électorale fédérale est redécoupée tous les dix ans selon une formule qui s’appuie sur le poids démographique de chaque province en vertu des données du recensement. Élections Canada propose d’ajouter quatre sièges à la Chambre des communes, faisant ainsi passer leur nombre total de 338 à 342. L’Alberta, la Colombie-Britannique et l’Ontario verraient leur nombre de sièges augmenter. Le Québec serait la seule province à en perdre, avec 77 députés au lieu de 78.

Des commissions indépendantes et non partisanes recueilleront les commentaires et feront l’analyse de ces changements dans chacune des dix provinces à compter de février 2022. Une fois approuvée, la nouvelle carte électorale entrerait en vigueur au plus tôt en 2024.

Trudeau interpellé

La cheffe de l’opposition officielle, Dominique Anglade, s’est elle aussi inquiétée d’une baisse de la représentation du Québec à Ottawa. Dans une lettre datée de mardi et adressée au premier ministre du Canada, Justin Trudeau, Mme Anglade lui demande de « tout mettre en œuvre pour protéger la représentation du Québec à la Chambre des communes ».

Étant donné « le statut minoritaire de la nation québécoise », la cheffe du Parti libéral du Québec ajoute que la « juste représentation » du Québec est essentielle pour défendre adéquatement « nos prérogatives, notre langue, notre culture et nos intérêts au sein de la Confédération ». Elle rappelle que Justin Trudeau s’était opposé, en 2011, à l’adoption de la loi fédérale qui permet un tel redécoupage.

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, avait également dénoncé la décision d’Élections Canada par le biais de sa page Twitter, vendredi, arguant que « cette décision diminuera encore davantage le pouvoir politique, déjà à son plus bas, du Québec dans la fédération ».

À Ottawa, le Bloc québécois promet de faire de cette question son cheval de bataille. « On ne laissera pas passer ça, c’est sûr », a déclaré le leader parlementaire bloquiste, Alain Therrien. Le fait que le Québec soit reconnu comme une nation par le Parlement fédéral devrait justifier le maintien de sa représentation actuelle, croit-il. « On doit protéger le pouvoir d’une nation, et pas la traiter tout simplement comme une province comme les autres. »

Le seul député néodémocrate du Québec, Alexandre Boulerice, promet pour sa part de se battre « bec et ongles » aux côtés de son chef, Jagmeet Singh, pour faire valoir les préoccupations du Québec.

Le bureau du premier ministre fédéral, Justin Trudeau, et celui du chef de l’opposition, Erin O’Toole, ne s’étaient pas encore prononcés sur la question au moment où ces lignes étaient écrites.

Avec La Presse canadienne

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