Un premier appel d’intérêt pour le REM de l’Est est lancé

L’avis au marché confirme notamment l’intention de la Caisse d’ériger une structure aérienne de 24 kilomètres dans l’est de l’île.
Photo: CDPQ Infra L’avis au marché confirme notamment l’intention de la Caisse d’ériger une structure aérienne de 24 kilomètres dans l’est de l’île.

Le projet du Réseau express métropolitain (REM) de l’Est poursuit son chemin vers un aboutissement complet en 2029 : le maître d’œuvre du projet a lancé mardi un premier appel d’intérêt ouvert aux entreprises étrangères.

L’avis au marché lancé par CDPQ Infra, la filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec consacrée aux projets d’infrastructures, contient quatre contrats distincts : un pour la construction d’un tunnel, un pour la structure aérienne, un pour l’approvisionnement en matériel roulant et un pour l’exploitation du réseau. 

Il s’agit de la première étape d’un processus qui devrait s’échelonner sur environ deux ans. « Aujourd’hui, c’est pour formaliser l’intérêt des soumissionnaires, mais ils devront ensuite se qualifier », explique Harout Chitilian, vice-président des affaires corporatives, développement et stratégie à CDPQ Infra. Les dates limites pour les soumissions s’étirent du printemps 2022 à l’été 2023, moment vers lequel devraient commencer les travaux de construction.

Critiquée pour avoir accepté plusieurs offres étrangères lors de l’élaboration de la première branche du REM, CDPQ Infra ne ferme pas la porte à travailler avec des entreprises de l’extérieur de la province pour son appel d’offres. L’avis publié mardi s’adresse justement aux « entreprises québécoises et étrangères ».

« Notre objectif est clair et précis : le maximum [de contrats québécois], tout en respectant les traités internationaux », souligne M. Chitilian. Les paramètres pour atteindre cet objectif seront connus ultérieurement dans le processus d’approvisionnement, « au moment de l’expression d’intérêt formel », précise-t-il. La stratégie de maximisation du contenu québécois pourrait potentiellement s’appliquer à des contrats en particulier plutôt que pour l’ensemble des quatre.

Concernant l’enveloppe financière du projet, CDPQ Infra avait évoqué l’an dernier des coûts anticipés de 10 milliards de dollars pour le projet de transport collectif. Pour le moment, la facture ne s’alourdit pas. Mais une première mise à jour des coûts estimés devrait avoir lieu au printemps prochain, fait savoir M. Chitilian. « En ce moment, c’est une juste appréciation de l’ampleur du projet dans la phase où nous sommes », souligne-t-il, ajoutant qu’il reste encore « des évolutions quand même importantes avant d’établir une appréciation finale du projet ».

Une structure aérienne controversée

 

Le document présenté mardi confirme par ailleurs l’intention de la Caisse de dépôt d’ériger une structure aérienne de 24 kilomètres dans l’est de l’île, ainsi qu’une section souterraine vers le nord-est et au centre-ville. Le tracé demeure pour le moment inchangé : il reliera le quartier de Pointe-aux-Trembles à l’arrondissement Ville-Marie, en plus de desservir le cégep Marie-Victorin.

CDPQ Infra fait face à une pluie de critiques depuis l’an dernier en raison de son souhait de faire passer le REM en hauteur sur la majorité du tracé. Le gestionnaire du projet soutient qu’il est impossible de procéder autrement, mais plusieurs groupes de citoyens craignent que l’apparition de structures aériennes ne défigure l’Est montréalais. Le Collectif en environnement Mercier-Est (CEM-E) a d’ailleurs lancé début octobre une pétition sur le site de l’Assemblée nationale réclamant l’arrêt du projet. Le document, qui avait recueilli plus de 500 signatures mardi, demande notamment de suspendre « immédiatement » les travaux et de mandater l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) pour réaliser une analyse des besoins en transport collectif de l’est de Montréal.

Le printemps dernier, le gouvernement du Québec — qui est partenaire du projet — a de son côté mandaté un comité d’experts pour juger de l’intégration architecturale du projet dans le paysage urbain ; leur rapport est attendu d’ici la fin de l’année.

« On reconnaît l’importance des échanges qu’on a eus avec la société civile, le public et les autorités compétentes, insiste M. Chitilian. Dans cet exercice-là, plusieurs nous ont signalé des défis. Ce qu’on demande à nos interlocuteurs, c’est le temps nécessaire pour en arriver avec une proposition détaillée qui présente des réponses à ces questions-là. » Cette proposition détaillée est envisagée vers la fin de cette année ou au début de l’année prochaine, précise-t-il.

Après cela, le projet pourrait encore être modifié selon les recommandations du Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE), dont la tenue de consultations est attendue au printemps 2022.

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