Maka Kotto toujours au centre d’apparences de favoritisme, selon l’opposition  

Au printemps dernier, la candidature de Maka Kotto avait été rejetée par les administrateurs du Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Au printemps dernier, la candidature de Maka Kotto avait été rejetée par les administrateurs du Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec.

Les apparences d’ingérence politique en faveur de l’ex-ministre péquiste Maka Kotto se poursuivent à la suite de la mise en place d’un nouveau processus de sélection pour le poste de directeur général du Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec (CMADQ), ont dénoncé lundi les partis de l’opposition.

M. Kotto a confirmé vendredi au Devoir qu’il a soumis une deuxième fois sa candidature, à la suite d’un premier processus avorté où son nom était au centre d’allégations de favoritisme.

La députée libérale Christine Saint-Pierre relève que les critères recherchés dans le nouvel appel de candidatures ont été revus. « On a devant nous toutes les apparences d’une ingérence politique, a-t-elle dit en entrevue lundi. C’est clair qu’il s’est passé quelque chose entre le premier et le deuxième affichage. »

Alors que l’appel de candidatures initial n’en faisait pas mention, le plus récent souligne que le candidat retenu devra « contribuer activement au développement du conservatoire et effectuer toute démarche de nature à accroître sa visibilité et son rayonnement au Québec, au Canada et à l’international ».

Les exigences universitaires ont aussi été revues à la baisse, passant d’un diplôme de deuxième cycle en gestion à un baccalauréat « dans une discipline pertinente ». Au Devoir, M. Kotto a assuré qu’il a « l’équivalent » d’une maîtrise.

Profil « décidé » d’avance

Au printemps dernier, la candidature de M. Kotto avait été rejetée par les administrateurs du CMADQ, en partie parce que sa proposition en faveur du rayonnement international du réseau de neuf établissements d’enseignement avait été jugée non prioritaire. Ils avaient aussi conclu que M. Kotto n’avait pas assez d’expérience pour gérer « une maison d’enseignement ».

Mme Saint-Pierre constate que ces changements surviennent alors que les administrateurs chargés du premier processus ont démissionné, l’été dernier, après s’être plaints d’avoir subi des pressions du cabinet de Mme Roy en faveur de M. Kotto.

« On arrive avec un nouveau processus, avec une nouvelle définition de tâches qui correspond exactement, probablement, au profil que la ministre a décidé », affirme-t-elle.

Mme Saint-Pierre rappelle que M. Kotto n’avait finalement pas été retenu au terme du premier processus. « Il n’avait pas, pour le comité de sélection, les qualités de gestionnaire du conservatoire », souligne-t-elle.

L’été dernier, Mme Roy avait contesté le choix des administrateurs du CMADQ en affirmant qu’ils ne lui avaient pas recommandé le nom de « la bonne personne ».

« Il y a des éléments troublants et une apparence d’ingérence politique et d’arrogance de la part de la ministre », estime Mme Saint-Pierre, porte-parole des dossiers de culture.

Du côté de Québec solidaire, le député Vincent Marissal observe également l’apparence d’un parti pris qui perdure en faveur de M. Kotto.

« Il ne se qualifiait pas avant et on a “gossé” l’appel de candidatures pour qu’il se qualifie, a-t-il expliqué. Clairement, ce n’est pas un hasard, le gouvernement avait un intérêt particulier envers Maka Kotto ».

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