L’APNQL contredit Québec solidaire concernant une annonce à Wendake

Le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard. Québec solidaire s’est présenté sans avertissement à Wendake, vendredi, pour faire des propositions dans un dossier qui concerne la culture autochtone.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard. Québec solidaire s’est présenté sans avertissement à Wendake, vendredi, pour faire des propositions dans un dossier qui concerne la culture autochtone.

L’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) contredit Québec solidaire (QS) concernant une annonce sur les langues autochtones qui lui a valu les foudres de la nation huronne-wendate la semaine dernière.

L’APNQL a révélé n’avoir jamais été prévenue par QS que ses représentants, Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois, iraient présenter leurs propositions à Wendake vendredi dernier.

Le conseiller aux communications, Alain Garon, a expliqué au Devoir que l’APNQL ignorait que cette annonce était prévue avant la publication d’un avis aux médias la semaine dernière.

QS avait pourtant assuré vendredi que le chef de l’APNQL, Ghislain Picard, était au courant de l’annonce et qu’il avait été prévenu du moment et de l’endroit où elle serait dévoilée.

Cette information a ensuite été contredite par l’APNQL qui, tout comme le grand chef de la nation huronne-wendate, Rémy Vincent, a découvert jeudi que cette annonce était prévue en prenant connaissance d’un avis aux médias.

Selon M. Garon, M. Picard a alors appris que la communauté de Wendake n’avait pas été prévenue non plus.

« Le chef Picard a eu l’info de QS [jeudi] aussi et il s’est informé auprès du bureau du grand chef Vincent pour vérifier si celui-ci avait été informé, a répondu M. Garon. Ça ne semblait pas être le cas. Notre bureau a partagé cette info à QS, c’est-à-dire que, minimalement, le bureau politique de la nation huronne-wendate devrait être informé. »

« Mal exprimé »

Une attachée de presse de QS, Simone Lirette, a expliqué mardi qu’elle avait « mal interprété » les demandes de précisions du Devoir à ce sujet, la semaine dernière. « Je me suis mal exprimée », a-t-elle également ajouté.

Vendredi, le grand chef Vincent a accusé QS d’avoir manqué de respect envers sa communauté en se présentant sans avertissement à Wendake, près de Québec, pour faire des propositions dans un dossier qui concerne la culture autochtone.

M. Vincent dénonçait non seulement la présence chez lui de Mme Massé et de M. Nadeau-Dubois, mais il leur reprochait aussi de ne pas avoir consulté les nations autochtones concernant les mesures de protection de leurs langues.

Mme Massé a déclaré la semaine dernière que la question des langues autochtones avait déjà été abordée avec M. Picard, sans plus de précisions.

« Depuis ce printemps, j’ai eu des discussions avec des acteurs autochtones, dont le chef de l’APNQL, Ghislain Picard, des institutions d’éducation et notre commission nationale autochtone, qui nous ont rappelé que l’enjeu des langues autochtones relève des nations autochtones », a-t-elle écrit vendredi sur son fil Twitter, après avoir présenté ses excuses à M. Vincent.

Il n’a pas été possible de connaître la composition de la commission nationale autochtone, une instance de QS qui compte une vingtaine de membres actifs, selon la porte-parole Camila Rodriguez-Cea.

« Ce ne sont pas des postes qui sont publics et qu’on partage avec les médias », a-t-elle précisé.

La réaction à l’annonce de vendredi a fait quelques vagues dans les rangs de QS la semaine dernière. Sibel Ataogul, membre du controversé Collectif antiraciste et décolonial de la formation politique, s’est montré critique.

« Ce n’est pas le Québec solidaire que nous avons fondé. Les dangers du parlementarisme et oui, du colonialisme », a-t-elle écrit vendredi sur son fil Twitter, où elle a publié un article exposant la controverse.

Au printemps, des délégués de QS avaient adopté une motion de blâme à l’encontre du collectif, en raison de ses prises de position.

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