Les omnipraticiens de Montréal ne prennent pas assez de patients en charge, dit le ministre Dubé

«On a pris des décisions qui étaient difficiles, qui auraient dû être prises depuis longtemps», a plaidé le ministre Christian Dubé.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «On a pris des décisions qui étaient difficiles, qui auraient dû être prises depuis longtemps», a plaidé le ministre Christian Dubé.

Les médecins de famille de Montréal doivent prendre davantage de patients en charge, affirme le ministre de la Santé, Christian Dubé, pour justifier sa décision de retirer 30 postes de médecins destinés à la métropole en 2022 pour les attribuer plutôt à ses banlieues.

« La prise en charge des médecins de Montréal n’est pas suffisante », a déclaré le ministre lors de la période de questions. « On a pris des décisions qui étaient difficiles, qui auraient dû être prises depuis longtemps. »

M. Dubé s’est retrouvé sur la défensive jeudi matin à la suite des révélations du Devoir sur sa décision de transférer le tiers des nouveaux médecins octroyés à Montréal vers la Montérégie, entre autres.

« C’est de l’ingérence politique éhontée », a lancé la porte-parole libérale en matière de santé, Marie Montpetit, après lui avoir demandé de revenir sur sa décision. Plus tôt, en mêlée de presse, la chef libérale Dominique Anglade avait soutenu que la présence d’une forte députation caquiste en Montérégie avait « pu jouer » dans cette décision prise en vertu du pouvoir discrétionnaire du ministre.

Le ministre s’en est à nouveau défendu jeudi. Mais il a aussi laissé entendre que les libéraux avaient eux-mêmes négligé la Montérégie alors qu’ils étaient au pouvoir. « Il n’y en a pas de médecins à Laval, en Montérégie. Je m’excuse, les libéraux sont à Montréal, mais ça, c’était les décisions des dernières années. »

En après-midi, l’attachée de presse du ministre Dubé, Marjaurie Côté-Boileau, a répliqué à Mme Montpetit sur Twitter en diffusant des données sur le nombre d’omnipraticiens par 100 000 habitants, qui est légèrement plus élevé à Montréal (111,5) que dans les régions dans sa périphérie (entre 90,6 et 97).

 

La métropole est d’ailleurs relativement proche de ses banlieues sur ce plan : le nombre de médecins de famille par 100 000 habitants est beaucoup plus élevé au Bas-Saint-Laurent (144) et en Gaspésie (235,6), notamment.

À voir en vidéo