​Duhaime mord la poussière avec sa pétition contre le passeport vaccinal

Le Parti conservateur du Québec (PCQ) a été incapable de convaincre l’Assemblée nationale de débattre des questions soulevées par une pétition de plus de 100 000 signataires opposés au passeport vaccinal, mercredi, mais son chef Éric Duhaime s’est consolé en mettant de l’avant ses coffres bien garnis et un nombre d’adhérents à la hausse.

M. Duhaime déplore que ses adversaires aient rejeté une proposition à ce sujet portée dans l’arène parlementaire par la seule députée du PCQ, Claire Samson.

« C’est sûr que, pour nous, c’est très décevant de voir qu’il y a 118 000 pétitionnaires qui ont été accueillis de cette façon-là, a-t-il déclaré lors d’un point de presse. [...] C’est une des cinq plus importantes de l’histoire du site de l’Assemblée nationale. »

Un extrait de la pétition indiquait que 118 624 personnes l’avaient signée. Quatre autres pétitions inscrites sur le site web de l’Assemblée nationale ont recueilli plus de signatures, dont une qui, en 2011, réclamait la démission du premier ministre Jean Charest.

Selon M. Duhaime, le gouvernement ne peut pas faire l’économie d’un débat sur le passeport vaccinal.

« C’est en fait la mesure la plus liberticide de notre vivant qu’on a vécue, et tout ça s’est passé sans aucune forme de démocratie, a-t-il dit. Qu’on soit pour ou contre le passeport vaccinal, je pense que tous les démocrates québécois doivent s’objecter à ce que le gouvernement de la CAQ est en train d’imposer. »

Des membres et des revenus

Malgré cette rebuffade, M. Duhaime souligne que la voix de son parti ne pourra pas toujours être ignorée. Selon le chef conservateur, le nombre de ses adhérents a bondi.

« On est passé de 500 à 37 000 membres, donc il y a beaucoup de gens qui veulent avoir leur mot à dire », a-t-il soutenu, en précisant que ces listes sont confidentielles.

Selon le chef du PCQ, cet afflux de nouveaux membres a généré une importante cagnotte dans les coffres de la formation politique, qu’il dirige depuis avril.

« On parle de 1,4 million à peu près », a-t-il avancé, en ajoutant que la parti dispose de deux employés à temps partiel.

L’ex-animateur de radio devenu politicien affirme qu’il ne touche aucun salaire de du PCQ.

«Je vis sur l’argent que j’ai économisé dans mes jours passés», a-t-il expliqué.

Objection de la CAQ

Majoritaires au sein de la commission des institutions, les députés caquistes ont refusé d’examiner la pétition des signataires opposés au passeport vaccinal, a de son côté raconté Mme Samson.

« Les quatre députés de la CAQ, lorsque le président a demandé si la motion était acceptée, se sont précipités pour dire “non”», a-t-elle expliqué en entrevue.

Selon la députée, la Coalition avenir Québec, dont elle a elle-même été expulsée en juin, subira les conséquences de cette décision.

« Les gens vont être fâchés, j’imagine, a-t-elle dit. Ce n’est pas des farces, aller dire à 118 000 personnes : “allez vous faire voir, on ne veut pas vous entendre, votre opinion ne nous intéresse pas.”»

Le député de QS Vincent Marissal, présent à la réunion de mercredi, a expliqué que la proposition de la députée conservatrice a été rejetée très rapidement, lors d’un échange qui a duré à peine cinq minutes.

« Mme Samson a mal défendu sa proposition, elle n’avait pas d’arguments », a-t-il dit en entrevue téléphonique, en précisant que QS était opposé à la proposition du PCQ.

La députée a également déposé mercredi en Chambre un projet de loi pour que le gouvernement ne puisse plus décider seul de la prolongation de l’état d’urgence sanitaire, qui lui procure diverses prérogatives temporaires, tel que l’octroi de contrats publics sans appels d’offres.

Le texte législatif proposé obligerait le gouvernement à recevoir l’appui des deux-tiers des députés de l’Assemblée nationale pour aller de l’avant.

M. Duhaime ne s’est pas montré découragé par le fait qu’à quelques exceptions près, les projets de loi de l’opposition ne sont jamais adoptés.

« On est dans une période qui n’est pas normale, [...], a-t-il plaidé. Donc je pense qu’il peut y avoir des processus parlementaires qui ne sont pas normaux non plus. »

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