Le passeport vaccinal est imposé à l’Assemblée, en dépit de la Santé publique

Les représentants des quatre partis se réuniront jeudi soir pour trancher, mais comme les caquistes et les libéraux sont majoritaires, ils pourront imposer le passeport vaccinal pour quiconque met les pieds au parlement.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Les représentants des quatre partis se réuniront jeudi soir pour trancher, mais comme les caquistes et les libéraux sont majoritaires, ils pourront imposer le passeport vaccinal pour quiconque met les pieds au parlement.

La Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti libéral (PLQ) ont finalement imposé leurs vues: le passeport vaccinal sera obligatoire à l’Assemblée nationale.

Le Parti québécois et Québec solidaire s’y opposaient parce que la Santé publique ne le recommandait pas.

Jeudi en fin de journée, le Bureau de l’Assemblée nationale a tranché.

Dans cette instance qui gère le parlement, les représentants de la CAQ et du PLQ, majoritaires, ont voté en faveur de l’imposition de cette mesure, à 9 contre 2 représentants des autres oppositions.

La règle entrerait en vigueur 21 jours après sa publication, qui devrait être vendredi, selon les indications d’une source proche du dossier.

«C’est important que le parlement donne l’exemple, a exprimé le whip en chef du gouvernement, Éric Lefebvre. On est déçu de la position de Québec solidaire et du Parti québécois et nous les laisserons expliquer pourquoi ils sont à ce point réfractaires envers une telle mesure.»

«Sur la base épidémiologique, je n’ai pas d’indices» qui permettent de recommander l’imposition du passeport vaccinal à l’Assemblée, avait pourtant dit le Directeur national de la santé publique, Horacio Arruda, plus tôt en après-midi.

En conférence de presse au côté du ministre de la Santé, Christian Dubé, M. Arruda a dit qu’il n’a pas été consulté sur cet enjeu, mais il a ajouté qu’on peut l’imposer «pour des raisons d’exemplarité», selon lui.

«Je ne suis pas en train de dire que c’est inadéquat», a-t-il commenté.

M. Dubé, lui, a attaqué les partis qui sont réticents à l’imposition du passeport vaccinal dans l’enceinte de l’Assemblée.

«Je ne comprends pas que les parlementaires ne veulent pas donner l’exemple aux Québécois, je pense que c’est beaucoup plus une décision politique qu’une décision de santé publique.»

Rappelons que depuis le début de la pandémie, il n’y a eu aucune éclosion au parlement, en raison des mesures strictes imposées par les autorités.

En conférence de presse jeudi matin, le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon a soutenu pour sa part qu’il faut s’en tenir aux avis de la Santé publique et ne pas politiser cet enjeu.

Selon lui, imposer un passeport vaccinal à l’Assemblée contribue à nourrir la suspicion de beaucoup de citoyens qui sont déjà en colère contre les élus.

Il a rappelé que le passeport vaccinal est exigé pour des activités non essentielles, tandis que la démocratie parlementaire, selon lui, est essentielle.

 

Quant au chef parlementaire de QS, Gabriel Nadeau-Dubois, il a soutenu que l’Assemblée nationale a un devoir d’exemplarité et cette exemplarité consiste d’abord à se conformer aux avis de la Santé publique.

Comme la Santé publique ne recommande pas le passeport à l’Assemblée, il faut se plier à cette recommandation, a-t-il argué.

«Nous, on est du côté de la science, depuis le début de cette pandémie», a-t-il commenté en entrevue téléphonique.

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