La CAQ, un rempart pour la cohésion sociale, dit Legault

«Ce n’est pas le temps au Québec de se diviser. C’est le temps de défendre notre cohésion sociale», a dit le premier ministre durant son allocution,
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «Ce n’est pas le temps au Québec de se diviser. C’est le temps de défendre notre cohésion sociale», a dit le premier ministre durant son allocution,

Le premier ministre François Legault voit son gouvernement comme un rempart contre les éléments radicaux de la société, dont tous ceux qui s’opposent aux mesures sanitaires et à la vaccination contre la COVID-19.

Dans un discours à forte teneur nationaliste prononcé dimanche matin devant l’aile jeunesse de son parti, réunie en congrès à Québec tout le week-end, M. Legault a rappelé l’importance, en période de pandémie, d’éviter les divisions et de faire preuve de cohésion sociale.

Après son discours, au cours duquel il n’a pas fait allusion à la crise qui secoue présentement plusieurs urgences des hôpitaux, obligées de fermer leurs portes faute de personnel, il a répondu aux questions de quelques jeunes caquistes, mais il a refusé, tant avant qu’après l’événement, de s’adresser aux représentants des médias qui couvraient le congrès.

La veille, présent lui aussi au congrès des jeunes caquistes pour y prononcer un discours, le ministre de la Santé, Christian Dubé, avait fait de même, évitant toute question des journalistes présents.

« Ce n’est pas le temps au Québec de se diviser. C’est le temps de défendre notre cohésion sociale », a dit le premier ministre durant son allocution, après avoir pris place dans la nef de l’ancienne église de la basse-ville de Québec, où les jeunes militants étaient venus l’entendre.

« On est, à la CAQ, des gens qui sont comme un rempart contre les radicaux. On est un rempart pour notre cohésion nationale », a dit le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), devant la relève du parti.

Comme il a fait à maintes reprises au cours des dernières semaines, notamment lors du dernier caucus de son parti, puis en Chambre à l’occasion de la rentrée parlementaire, il a souligné aux jeunes membres du parti que, si la population avait voté pour la CAQ en 2018, c’était pour appuyer « un parti nationaliste », c’était « pour défendre notre langue, nos valeurs, nos pouvoirs ».

Il n’a pas fait mystère du fait que la CAQ se positionnerait comme « le » parti nationaliste, au cours de la prochaine campagne électorale en 2022, soit « le parti au Québec qui se tient debout pour notre nation ».

À la veille des élections fédérales, le premier ministre a réaffirmé que des partis politiques « se sont vantés d’intervenir dans un champ de compétence vraiment important, la santé, qui est pourtant une responsabilité du Québec ».

En faisant allusion à ses demandes répétées d’une hausse substantielle des transferts fédéraux en santé à verser aux provinces, il a dénoncé une fois de plus la volonté « de certains partis » de vouloir donner au Québec « un peu d’argent, à la miette » et d’imposer leurs conditions. Le Québec réclame, jusqu’à maintenant sans succès, que la part du financement fédéral en santé passe de 22 % à 35 % de la facture.

Le fédéral doit apporter sa contribution en santé, a réaffirmé M. Legault, qui réclame 6 milliards de dollars annuellement de plus en provenance d’Ottawa pour répondre aux besoins. Car ce dont le Québec a besoin, « ce n’est pas à Ottawa plus de fonctionnaires, mais à Québec plus d’infirmières », a-t-il souligné.

On estime qu’il manque actuellement plus de 4300 infirmières pour faire fonctionner le réseau normalement. Le gouvernement doit d’ailleurs déposer dans les prochains jours un plan visant à rappeler dans le réseau public les infirmières parties à la retraite et celles passées au secteur privé.

En réponse à une question d’un jeune caquiste, M. Legault a dit qu’il n’avait pas l’intention de dire aux gens pour qui voter lundi. Mais, comme il l’a fait à quelques reprises au cours des dernières semaines, il a demandé aux jeunes caquistes de « tenir compte » du fait que trois partis « veulent s’ingérer dans nos compétences », limiter les pouvoirs du Québec en immigration et ne pas exclure l’idée de contester la loi 21 sur la laïcité de l’État. Ces trois partis sont le Parti libéral du Canada, le NPD et le Parti vert.

Les jeunes caquistes avaient organisé leur congrès autour du thème de la fierté d’être Québécois. Les résolutions étudiées au cours du week-end ont toutes été adoptées sans grands débats.

Ils se sont positionnés notamment en faveur de la création d’un musée d’histoire nationale du Québec et de la valorisation des édifices patrimoniaux, pour l’élaboration d’un cursus commun d’œuvres littéraires québécoises à étudier à l’école, pour davantage de services en santé mentale pour les jeunes, de même que pour assurer un meilleur traitement des eaux usées des municipalités.

Sans prendre d’engagement ferme quant au contenu de la prochaine plateforme électorale de la CAQ, le premier ministre s’est montré favorable aux suggestions de son aile jeunesse.

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