Les partis d’opposition s’impatientent face à la pénurie d’infirmières

Québec estime avoir besoin de 4000 professionnelles supplémentaires pour permettre au réseau public de la santé de fonctionner normalement.
Photo: Valérian Mazataud Archives Le Devoir Québec estime avoir besoin de 4000 professionnelles supplémentaires pour permettre au réseau public de la santé de fonctionner normalement.

Le gouvernement Legault dit avoir été pris de court par la quantité d’infirmières qui ont quitté le réseau ces derniers mois. Une surprise qui étonne les oppositions à l’Assemblée nationale, qui s’impatientent.

« Le ministre aurait dû prévenir [le coup]. Pourquoi se rentre-t-il la tête dans le sable en espérant que ça finisse par passer ? » a lancé le député solidaire Vincent Marissal lors de la période de questions.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, aurait dû agir « depuis le début de l’été » pour améliorer les conditions de travail des infirmières et mettre en avant les « projets ratio », qui visent à augmenter le nombre d’infirmières par patient, a quant à elle fait valoir la cheffe libérale Dominique Anglade.

Le ministre Dubé a révélé mardi que la pénurie d’infirmières allait forcer la fermeture temporaire d’une urgence en Abitibi-Témiscamingue. Là comme ailleurs, le réseau manque de troupes et le recrutement est au ralenti. Mercredi matin, le premier ministre François Legault a reconnu avoir été dépassé par le nombre de départs. « On s’est rendu compte, au cours des derniers mois, que beaucoup de personnel était fatigué, puis, pour toutes sortes de raisons, a quitté le réseau. »

Or, les oppositions s’expliquent mal qu’on puisse être étonné par l’ampleur du problème. « Le seul qui semble surpris, c’est le gouvernement », a déclaré à ce sujet le leader parlementaire du Parti québécois, Joël Arseneau.

Un plan dans « les prochains jours »

La semaine dernière, le ministre Dubé avait promis de bientôt présenter un plan « robuste » pour recruter les 4000 professionnelles dont il estime avoir besoin pour permettre au réseau public de fonctionner normalement.

Or, ce plan n’est pas encore prêt, a reconnu le premier ministre Legault mercredi. « On travaille jour et nuit depuis des semaines pour mettre en place toutes sortes d’incitatifs qu’on va annoncer au cours des prochains jours pour convaincre les infirmières de revenir au travail, a-t-il déclaré. C’est difficile de trouver des solutions au manque d’infirmières. Donc, on est vraiment, actuellement, en train de tout regarder. On n’exclut absolument rien. »

Le gouvernement envisage notamment d’offrir des primes à l’entrée et la possibilité pour des infirmières retraitées de recevoir à la fois leur pension et un salaire.

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