Anglade dénonce l’approche «paternaliste» de Legault sur les élections fédérales

Le sondage note notamment qu’en fonction des divers enjeux, le PLQ de Dominique Anglade récolte davantage d’appuis que celui de son prédécesseur, Philippe Couillard.
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Le sondage note notamment qu’en fonction des divers enjeux, le PLQ de Dominique Anglade récolte davantage d’appuis que celui de son prédécesseur, Philippe Couillard.

La cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, a reproché jeudi au premier ministre d’adopter une approche « paternaliste » et d’abdiquer devant le Parti conservateur du Canada (PCC) en lui affichant sa préférence.

« Moi, je ne pense pas que les Québécois ont besoin de se faire dire pour qui voter », a-t-elle déclaré à la sortie du caucus de sa formation politique, à Orford. « C’est une approche qui est assez paternaliste », a-t-elle ajouté.

Un peu plus tôt, François Legault a invité les « nationalistes québécois » à se « méfier » du Parti libéral du Canada, tout en soulignant que l’approche du PCC d’Erin O’Toole est « bonne pour la nation québécoise ». Le premier ministre a ensuite demandé au chef conservateur de « s’expliquer » sur sa volonté d’abolir l’entente de 6 milliards de dollars sur les garderies dévoilée avant la campagne électorale par les libéraux de Justin Trudeau.

« En faisant ça, il est en train de cautionner […] qu’on n’aurait pas 6 milliards de transferts et ça, je pense que c’est grave, parce que c’est laisser tomber les familles du Québec, a déclaré Mme Anglade. Quand M. Legault décide de poser ce geste-là avant même le jour des élections, il abdique, il déclare forfait déjà en partant. »

À son avis, le premier ministre aurait dû profiter de la période électorale pour « avoir des positions fortes et demander l’engagement des partis fédéraux ».

Une réplique par sondage

À son caucus, Mme Anglade a présenté un sondage qui visait à mesurer ses appuis. Le coup de sonde a été mené par Data Sciences Inc. auprès de 1200 Québécois, du 19 mai au 1er juin.

Il révèle notamment que les citoyens qui ne votent pas pour le PLQ « seraient plus susceptibles de reconsidérer leur appui » au Parti libéral « si celui-ci opérait un changement de position en matière de santé (17 %), d’environnement (15 %) ou d’économie et de finances publiques (14 %) ». « Un repositionnement en matière de langue française (13 %) ou d’éducation (13 %) serait également susceptible d’aller rejoindre de nouveaux partisans », y est-il aussi écrit.

La veille, Mme Anglade a accueilli froidement les déclarations de son député Gaétan Barrette, qui a dit souhaiter redevenir ministre de la Santé. « Je pense que j’ai dit ce que j’avais à dire », a-t-elle déclaré jeudi, en ne revenant pas sur ses propos de la veille. Aux journalistes, elle a assuré qu’il ne fallait pas décoder des messages à son équipe dans les thèmes du sondage.

« L’objectif, dans ce qui a été présenté, c’est de dire où sont les priorités des Québécois », a-t-elle mentionné en nommant la santé et l’environnement. « Il n’y a aucun message là-dedans », a-t-elle ajouté.

Le coup de sonde des libéraux permet de noter aussi qu’en fonction des divers enjeux, le PLQ de Dominique Anglade récolte davantage d’appuis que celui de son prédécesseur, Philippe Couillard. En culture, notamment, 43 % des répondants ont dit juger que le PLQ de 2021 les représentait mieux que celui de 2018. Ces pourcentages sont de 41 % pour la langue française, de 39 % pour l’éducation ainsi que pour l’éthique et l’intégrité et de 38 % pour l’environnement, la laïcité et l’immigration. Une forte proportion des répondants a aussi dit manquer d’informations pour répondre aux questions, principalement sur les enjeux d’éducation (36 %) et d’économie et finances publiques (34 %).

Mercredi, la CAQ a fait circuler les résultats de panels en ligne qui lui accordent 49 % des intentions de vote, contre 16 % pour le PLQ, après répartition. La situation est particulièrement difficile pour les libéraux chez les francophones, qui leur accordent autant d’appuis (9 %) qu’au Parti conservateur du Québec.

Le sondage caquiste a été mené par Synopsis Recherche auprès de 1500 répondants, du 27 août au 30 août. Il mesure l’appui à Québec solidaire à hauteur de 14 % et celui au Parti québécois à 9 %.

Les élus libéraux ont refusé jeudi de se montrer abattus par les résultats, qui confirment certaines tendances à long terme pour leur formation.

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