Québec solidaire fera de l’environnement sa priorité

Québec solidaire entend ramener la question environnementale à l’avant-plan, sans toutefois avoir recours à de l’obstruction parlementaire.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Québec solidaire entend ramener la question environnementale à l’avant-plan, sans toutefois avoir recours à de l’obstruction parlementaire.

Pour marquer la dernière année avant l’élection, Québec solidaire (QS) entend ramener la question environnementale à l’avant-plan, sans toutefois avoir recours à de l’obstruction parlementaire, comme le parti l’avait évoqué dans le passé.

« Il y a des débats de société trop importants pour qu’ils soient mis sur pause d’ici à ce que le virus disparaisse », a fait valoir mercredi le nouveau chef parlementaire de la formation politique, Gabriel Nadeau-Dubois, en marge du caucus de son parti à Sherbrooke. Il a par ailleurs confirmé que les dix élus solidaires actuels avaient l’intention de se présenter à l’élection de 2022.

Sa collègue Manon Massé a annoncé son intention de déposer un projet de loi « anti-pipelines » dans l’espoir d’obtenir « un engagement ferme » de la part du premier ministre, François Legault, « pour dire que le pétrole et le gaz au Québec, une fois pour toutes, clairement, ça ne passe pas ». Le projet de loi, qui a déjà été déposé à l’Assemblée nationale dans deux versions semblables, viserait à interdire l’exploration, l’exploitation et la construction de « nouvelles infrastructures en matière de gaz et de pétrole », a résumé Mme Massé.

Il y a un an, les délégués de Québec solidaire ont choisi d’abandonner la campagne « Ultimatum 2020 ». Celle-ci donnait jusqu’au 1er octobre 2020 au gouvernement Legault pour présenter un plan costaud de lutte contre les changements climatiques. S’il échouait à la tâche, QS menaçait le gouvernement d’obstruction parlementaire.

Or « cette orientation-là [avait] été prise dans un contexte politique spécifique », a fait valoir Mme Massé. « Entre 2019 et aujourd’hui, on a constamment fait des propositions [selon] cette attitude d’apporter des pistes de solution. Actuellement, en matière de lutte contre les changements climatiques, c’est bien plus la Coalition avenir Québec qui bloque », a-t-elle lancé.

Gabriel Nadeau-Dubois a quant à lui dit croire que « l’été qu’on vient de connaître a changé les perceptions des gens » au sujet de l’environnement. « Pendant des années, la crise climatique, c’était quelque chose de lointain. Là, on a les deux pieds dedans. Les forêts brûlent, il y a du smog, il y a de la chaleur étouffante, les berges s’érodent aux Îles-de-la-Madeleine et sur la Côte-Nord. Pour prendre un anglicisme, la game a changé », a-t-il fait valoir.

À son avis, l’intérêt des autres formations politiques pour les questions environnementales est aussi une preuve du sérieux de Québec solidaire. « Moi, je trouve ça très révélateur qu’à un an des élections, le Parti libéral et le Parti québécois décident de piger dans notre programme de 2018 […] parce que, pendant toutes ces années-là, ces partis-là nous critiquaient, nous disaient qu’on était des fous, des rêveurs, des radicaux », a-t-il affirmé. « Nos propositions, en matière de lutte contre les changements climatiques, de services éducatifs à l’enfance, après avoir été qualifiées de folichonnes pendant des années, sont reprises aujourd’hui par tous les partis », a-t-il ajouté.

Le programme 2018 de QS proposait, entre autres, de créer « toutes les places nécessaires en centre de la petite enfance » et de réduire de 95 %, d’ici 2050, les gaz à effet de serre par rapport au niveau de 1990.



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