Pas si simple de garantir l’accès aux garderies, dit la CAQ

«Qu’est-ce qu’on fait, demain matin, s’il y a 20 milieux familiaux qui ferment dans une ville? Comment on assure ce droit-là ? Quand les travailleuses autonomes décident d’arrêter de travailler?» a demandé M. Lacombe.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «Qu’est-ce qu’on fait, demain matin, s’il y a 20 milieux familiaux qui ferment dans une ville? Comment on assure ce droit-là ? Quand les travailleuses autonomes décident d’arrêter de travailler?» a demandé M. Lacombe.

Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, doute qu’il soit possible de garantir par une loi l’accès des enfants aux services de garde, comme le propose la cheffe libérale Dominique Anglade.

« Ce n’est pas aussi simple que ça en a l’air. Il y a d’autres stratégies qui peuvent être mises en avant », a déclaré le ministre à l’ouverture du caucus de la Coalition avenir Québec (CAQ) mercredi.

Mardi, Mme Anglade avait proposé d’inscrire dans la loi l’obligation pour l’État de garantir une place en service de garde à tous les petits Québécois.

Or, selon le ministre, un tel droit serait difficile à protéger parce que les services de garde sont des organismes privés qui ne font pas partie du réseau public. Il s’agit en fait d’entreprises ou d’organismes à but non lucratif, dont certains sont subventionnés par le gouvernement.

« Qu’est-ce qu’on fait, demain matin, s’il y a 20 milieux familiaux qui ferment dans une ville ? Comment on assure ce droit-là ? Quand les travailleuses autonomes décident d’arrêter de travailler ? » a demandé M. Lacombe.

À l’heure actuelle, environ 50 000 enfants sont en attente d’une place en service de garde au Québec.

« On peut bien lancer ça dans les airs. Je comprends que c’est séduisant, que c’est simple à expliquer aussi, a ajouté le ministre. Mais la réalité — demandez à des juristes —, c’est que c’est beaucoup, beaucoup plus compliqué que ça. »

Une session chargée pour la CAQ

La nouvelle session parlementaire, qui s’ouvrira le 14 septembre, s’annonce fort chargée pour le gouvernement Legault, car le temps commence à manquer pour donner suite à ses engagements en cette année préélectorale. D’autant plus que les projets, eux, ne manquent pas.

À l’approche du prochain scrutin, M. Legault a dit la semaine dernière qu’il s’attendait à un ton plus partisan de la part des élus de l’opposition. Il devra aussi composer avec deux nouveaux chefs parlementaires : Gabriel Nadeau-Dubois, pour Québec solidaire, et Joël Arseneau, pour le Parti québécois, qui chercheront sûrement à le déstabiliser pour marquer des points.

« Ça va être une session chargée », a dit le chef du gouvernement devant ses députés, mercredi matin, promettant de ne pas laisser la pandémie l’empêcher de « livrer la marchandise ».

Parmi les dossiers chauds de l’automne, notons la consultation à venir sur la réforme de la Charte de la langue française, la question des places en services de garde, les négociations à venir avec les syndicats de la fonction publique, la réforme du droit de la famille et la révision de la rémunération des médecins, notamment.

L’augmentation attendue du nombre d’hospitalisations liées à la pandémie mettra au-devant de la scène le problème du délestage des chirurgies, tout comme le problème récurrent de la pénurie de main-d’œuvre dans le réseau de la santé, particulièrement en ce qui a trait aux infirmières.

Le problème de la pénurie d’employés frappe d’ailleurs de nombreux secteurs d’activité et pourrait plomber la reprise économique orchestrée par le ministre Pierre Fitzgibbon.

Dans le secteur de l’éducation et de l’enseignement supérieur, la qualité de l’air dans les écoles et les balises à donner à la liberté universitaire feront partie des dossiers qui retiendront l’attention.

Les partis d’opposition ont déjà annoncé leur intention d’affronter régulièrement le gouvernement sur les questions environnementales et sur la lutte contre les changements climatiques, un objectif selon eux négligé. Un autre sujet de friction sera assurément la prolongation du décret d’urgence sanitaire, en vigueur depuis mars 2020, qui irrite les partis d’opposition, lesquels estiment que le gouvernement s’arroge ainsi trop de pouvoirs depuis trop longtemps. Le PQ demandait encore mercredi la fin de la gouvernance par décrets.

« On va continuer à écouter la population », a indiqué le premier ministre, en se disant déterminé à mériter la confiance des électeurs.

Des 74 élus caquistes, trois étaient absents au caucus : la ministre Marguerite Blais et le député de Rivière-du-Loup, Denis Tardif, tous deux pour des raisons de santé, de même que le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, qui est aussi leader parlementaire du gouvernement, retenu au chevet de sa conjointe qui vient d’accoucher.

Avec La Presse canadienne

Gaétan Barrette aimerait redevenir ministre de la Santé

Bien qu’il soit en réflexion sur son avenir politique, le député libéral Gaétan Barrette admet qu’il aimerait plus que tout redevenir ministre de la Santé. « Je vais vous le dire très, très formellement : la réponse est oui. C’est mon souhait le plus profond… qui va peut-être rester un souhait », a-t-il lancé mercredi à son arrivée au caucus libéral, qui se tient à Orford. À un an des élections, il a par ailleurs dit ne pas avoir « pris de décision » quant à son avenir politique. Il a par la suite décliné une série de sujets — l’accès aux médecins de famille et la numérisation du système de santé, par exemple — auxquels il avait commencé à s’attaquer.

QS priorisera l’environnement

Pour marquer la dernière année avant l’élection, Québec solidaire entend ramener la question environnementale à l’avant-plan, sans toutefois avoir recours à de l’obstruction parlementaire, comme le parti l’avait évoqué dans le passé. « Il y a des débats de société trop importants pour qu’ils soient mis sur pause d’ici à ce que le virus disparaisse », a fait valoir mercredi le nouveau chef parlementaire de la formation politique, Gabriel Nadeau-Dubois, en marge du caucus de son parti à Sherbrooke. Sa collègue Manon Massé a annoncé son intention de déposer un projet de loi « anti-pipelines ». Le projet de loi viserait à interdire l’exploration, l’exploitation et la construction de « nouvelles infrastructures en matière de gaz et de pétrole », a résumé Mme Massé.

Le PQ ne veut plus de la gouvernance par décrets

Le Parti québécois (PQ) a lancé un nouvel appel au gouvernement Legault lui enjoignant de mettre fin à sa gouvernance par décrets, rendue possible en raison de l’état d’urgence sanitaire. En point de presse, au deuxième jour de sa réunion de caucus présessionnel, le troisième parti d’opposition demande au gouvernement la mise en place d’un plan d’action pour la sortie de l’état d’urgence. Le nouveau chef parlementaire du PQ, Joël Arseneau, estime qu’il n’y a plus de nécessité de prendre des décisions dans l’urgence et qu’il faut donc rétablir les pouvoirs qui appartiennent aux institutions, en commençant par l’Assemblée nationale.

La Presse canadienne



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