Gaétan Barrette aimerait redevenir ministre de la Santé

À un an des élections, Gaétan Barrette a dit ne pas avoir « pris de décision » sur son avenir politique.
 
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne

À un an des élections, Gaétan Barrette a dit ne pas avoir « pris de décision » sur son avenir politique.

 

Bien qu’il soit en réflexion sur son avenir politique, le député libéral Gaétan Barrette admet qu’il aimerait plus que tout redevenir ministre de la Santé.

« Je vais vous le dire très, très formellement : la réponse est oui. C’est mon souhait le plus profond… qui va peut-être rester un souhait », a-t-il lancé mercredi à son arrivée au caucus libéral, qui se tient à Orford.

À un an des élections, il a par ailleurs dit ne pas avoir « pris de décision » quant à son avenir politique. Bien qu’il ait lancé que « ça [lui] tente tout le temps » de faire de la politique, l’élu libéral a déclaré que « l’opposition, ce n’est pas comme être au pouvoir ». « Le pouvoir, ça a un sens. Le mot “pouvoir” signifie qu’on peut poser des gestes qui ont un effet direct », a-t-il affirmé.

Il a par la suite décliné une série d’enjeux — l’accès aux médecins de famille et la numérisation du système de santé, par exemple — auxquels il avait commencé à s’attaquer. Mais « ça prenait deux mandats pour faire ce que je voulais faire », a-t-il insisté.

Interrogée sur les ambitions du député Barrette, la cheffe du Parti libéral, Dominique Anglade, s’est contentée de répondre qu’elle avait choisi « une excellente porte-parole en santé » en Marie Montpetit. « Mes choix de porte-parole ont été faits, ils ont été clairs. Comme je dis, c’est Marie Montpetit qui fait un excellent travail », a-t-elle indiqué.

Le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a ensuite invité Mme Anglade à couper court aux ambitions de son député. « Si Dominique Anglade est le moindrement sérieuse quand elle dit que son parti a changé, elle doit dire que Gaétan Barrette ne redeviendra jamais ministre de la Santé, mais encore mieux, elle doit annoncer que Gaétan Barrette ne se représentera pas parce qu’elle ne veut pas des gens qui détruisent les services publics dans son équipe », a-t-il lancé.

À Québec, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a dit — non sans ironie — qu’il souhaitait « bonne chance » à son prédécesseur.

Barrette se défend d’être responsable de la crise des CHSLD

M. Barrette n’a pas voulu accepter de blâme dans la crise des CHSLD. « Ça va prendre combien d’années pour que le gouvernement de la CAQ soit responsable de ses propres décisions ? » a-t-il demandé. « Que vous disiez que les CHSLD ont été le parent pauvre du système de santé, je suis d’accord. Que vous souleviez la possibilité qu’on n’ait pas agi, ça, je ne suis pas d’accord », a-t-il ajouté.

La semaine dernière, un rapport préliminaire de la commissaire à la santé et au bien-être, Joanne Castonguay, dénonçait plusieurs failles dans la gestion du réseau de la santé. Mme Castonguay soulignait entre autres que « la création des CISSS et des CIUSSS [sous l’impulsion de M. Barrette, alors ministre de la Santé], a semblé entraîner une perte sur le plan des données disponibles », tandis que « la disparition des agences a créé une perte d’expertise pour certaines banques de données ».

M. Barrette a plutôt dit avoir « agi » sur « chacun des éléments » mis en évidence par la commissaire. « La vraie crise, le vrai drame, il a été causé par une pandémie devant laquelle il n’y a pas un système qui résiste. […] De faire un lien entre ma réforme et ce qui s’est passé, c’est un lien que vous ne pouvez pas faire », a-t-il dit.

L’ex-titulaire de la Santé s’est aussi dit très inquiet de constater que la Coalition avenir Québec s’apprête à terminer un premier mandat sans avoir « réglé le problème des médecins de famille ». « C’est un scandale — scandale — qu’avec tous les leviers qu’on avait, que j’avais mis en place, que la question des médecins de première ligne ne soit pas réglée. Il n’y a aucune raison », a-t-il lancé. « Dans les deux cas, le gouvernement a des raisons légales d’aller à l’application de l’entente », a-t-il ajouté, en plaidant pour l’application de sa « loi 20 », qui prévoyait des pénalités dans la rémunération des médecins. En juin, le premier ministre François Legault avait évoqué la possibilité d’avoir recours à cette loi.

Des députés « en réflexion »… ou pas

À un peu moins d’une semaine de la rentrée parlementaire, divers élus libéraux ont contourné les questions sur leur avenir politique. Tour à tour, les députés Pierre Arcand, Kathleen Weil, Nicole Ménard, Hélène David, Carlos Leitão et Christine St-Pierre ont évité de clarifier leurs intentions pour l’élection d’octobre 2022.

« Normalement, on prend ces décisions-là en janvier, février », a notamment affirmé M. Arcand. « Avant de faire ce genre de réflexion là, on discute avec la famille, ce que je n’ai pas fait encore, parce qu’on est à un an de l’élection », a-t-il ajouté. « Il faut y réfléchir. Je suis en réflexion », a aussi déclaré Mme Weil. « Ce sont des réflexions qu’il faut faire avant chaque campagne », a lancé Mme St-Pierre.

Peu après, leur cheffe est venue contredire leurs déclarations au sujet de leurs réflexions. « J’ai eu des conversations avec l’ensemble de mes députés, je sais où chacun de mes députés loge », a-t-elle affirmé. « Dans la grande majorité des cas, je sais ce qu’ils ont l’intention de faire. Et quand nous aurons des choses à annoncer, nous les annoncerons. » Mme Anglade a par ailleurs dit ne pas avoir l’intention d’imposer ses choix à ses députés.

Pour l’instant, seule la députée d’Anjou–Louis-Riel, Lise Thériault, a annoncé son intention de quitter la politique au terme de son présent mandat.

Avec Isabelle Porter



À voir en vidéo