Le PQ veut un «automne climatique» au Québec

À la fin de la dernière session, en juin, Paul St-Pierre Plamondon a prévu «un choc des titans, un choc de vision du Québec» au parlement cet automne.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir À la fin de la dernière session, en juin, Paul St-Pierre Plamondon a prévu «un choc des titans, un choc de vision du Québec» au parlement cet automne.

Malgré la pandémie de COVID-19 qui se poursuit pour une quatrième vague, le Parti québécois (PQ) se prépare à une rentrée parlementaire sur le thème de l’environnement. Le chef, Paul St-Pierre Plamondon, veut un « automne climatique » au Québec, insistant sur le fait qu’on ne peut pas être environnementaliste sans être indépendantiste.

« En 2021, on ne peut pas être environnementaliste sans être fondamentalement indépendantiste. C’est une vraie honte que d’envoyer une partie substantielle de nos impôts québécois à faire des cadeaux à l’une des industries les plus polluantes au monde, celle du pétrole albertain », a-t-il déclaré mardi, en conférence de presse en marge de la réunion du caucus du PQ au Manoir Richelieu de La Malbaie.

« Vos argents, nos argents servent à détériorer le climat de manière éhontée et ça, c’est une conséquence directe de notre appartenance au Canada, a-t-il ensuite dit. Un Québec indépendant, le jour 1, va prendre ces mêmes sommes-là et tout investir dans la transition verte et juste que l’on réclame. »

À ses côtés, le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, a expliqué en partie la stratégie que veut déployer le PQ pour lutter contre les changements climatiques. Il a annoncé qu’une motion serait déposée à l’Assemblée nationale pour prendre acte du plus récent rapport alarmant du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Deux projets de loi devraient aussi être soumis aux parlementaires, l’un sur la création d’un « fonds de transition verte et juste » et l’autre sur l’interdiction de l’exploration et de l’exploitation des hydrocarbures au Québec avec un effet rétroactif sur les projets déjà actifs.

L’ex-ministre sous Pauline Marois a également défendu le bilan du parti en matière d’environnement en rappelant que l’éphémère gouvernement péquiste avait eu le temps de s’entendre avec la Californie pour mettre en œuvre la Bourse du carbone et lancer le grand chantier d’électrification des transports.

Sylvain Gaudreault veut également concentrer ses efforts pour faire pression sur le gouvernement caquiste et le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques d’ici la prochaine conférence des Nations unies sur le climat en novembre.

Le député a d’ailleurs surnommé l’« automne climatique » de son chef « Cap sur la COP ». M. Gaudreault veut forcer le gouvernement à arriver à la conférence avec un plan plus ambitieux, notamment en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il soutient que la cible pour 2030 d’une réduction de 37,5 % des GES par rapport à l’année de référence 1990 doit être rehaussée, sans donner de chiffre précis pour le moment.

Moment extrêmement important

Plus tôt, mardi, le chef péquiste avait déclaré que la prochaine rentrée parlementaire marquerait « un moment extrêmement important » pour le parti. À un an des prochaines élections provinciales, c’est la dernière occasion de démontrer à la population sa pertinence par rapport aux enjeux actuels.

Paul St-Pierre Plamondon explique que cette importance est surtout liée au fait que le moment est crucial pour le Québec.

« On voit que le modus operandi du début de crise ne fonctionne pas à moyen et long terme. On voit aussi plusieurs enjeux sociaux, de vrais enjeux, pour lesquels le gouvernement n’a pas de temps ou pas d’intérêt », dit-il en énumérant la crise du logement, le manque de places en garderie et « l’inflation galopante ».

À cela s’ajoute le plus grave problème de tous, l’environnement, pour lequel la CAQ n’a qu’« un demi-plan très peu convaincant ».

En ce qui concerne la gestion de la pandémie, le chef péquiste réclame la fin immédiate de l’état d’urgence sanitaire pour permettre aux députés de faire leur travail.

Par ailleurs, on sait déjà que le PQ aura un nouveau chef parlementaire en Joël Arseneau, qui aura la tâche d’organiser les travaux du caucus et de questionner le premier ministre au Salon bleu en attendant l’entrée à l’Assemblée nationale de Paul St-Pierre Plamondon. Le député des Îles-de-la-Madeleine prend la relève de son collègue de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, qui tenait le fort depuis le départ de Jean-François Lisée en octobre 2018.

À titre de chef parlementaire, M. Arseneau aura le mandat de mener la charge dans l’analyse de la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement de la Coalition avenir Québec. Il sera d’ailleurs en bonne position pour le faire puisqu’il occupait déjà le rôle de porte-parole du PQ en matière de santé.

Pour appuyer le chef parlementaire, le PQ compte sur son leader en Chambre, Martin Ouellet, ainsi que sur sa whip et présidente du caucus, Véronique Hivon.

Les autres membres du caucus sont Méganne Perry Mélançon et Lorraine Richard, qui est absente de la réunion à La Malbaie.

Depuis les dernières élections provinciales, en 2018, le PQ a perdu trois de ses dix élus. Avant Sylvain Roy, le parti a vu la députée Catherine Fournier lui tourner le dos en mars 2019. Celle-ci jugeait que la souveraineté du Québec n’était pas suffisamment mise en avant dans les priorités de la formation politique.

Puis, en décembre 2020, le PQ a dû se délester du député Harold Lebel en raison d’une accusation d’agression sexuelle déposée contre lui.

Paul St-Pierre Plamondon a répété qu’il n’avait pas encore abordé l’épineuse question de savoir lesquels de ses députés voudront briguer un nouveau mandat.

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