Pierre Fitzgibbon à nouveau ministre, et bientôt candidat

Pierre Fitzgibbon, qui est député de Terrebonne, a aussi annoncé aussi qu’il va se présenter à nouveau en 2022. Une «excellente nouvelle», selon François Legault (à gauche).
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Pierre Fitzgibbon, qui est député de Terrebonne, a aussi annoncé aussi qu’il va se présenter à nouveau en 2022. Une «excellente nouvelle», selon François Legault (à gauche).

François Legault a officialisé mercredi le retour de Pierre Fitzgibbon à la tête du ministère de l’Économie, de l’Innovation et du Développement économique régional. Il pourra ainsi à nouveau former « une équipe de rêve » avec son collègue des Finances, Eric Girard, s’est félicité le premier ministre.

En ce début d’année préélectorale, M. Fitzgibbon a aussi confirmé qu’il souhaite de nouveau être candidat à l’élection de 2022. « Si les Québécois lui font confiance, il va être là pour les cinq prochaines années », a déclaré M. Legault.

Devant les journalistes, M. Fitzgibbon a admis que ses ennuis éthiques lui avaient — « absolument » — fait songer à quitter la politique. « Si j’avais senti que le travail était accompli, que j’étais rendu au bout de mes capacités, j’aurais probablement démissionné, mais ce n’est pas le cas, a-t-il déclaré. Je suis fier de travailler au gouvernement. »

L’élu de la circonscription de Terrebonne s’était retiré du Conseil des ministres le 2 juin, quelques heures après le dépôt d’un quatrième rapport accablant de la commissaire à l’éthique à son endroit. Ses actions dans Immervision et White Star Capital le plaçaient en contravention du code d’éthique des élus depuis des mois. À l’époque, son chef et lui faisaient valoir qu’il n’y avait « pas d’acheteur disponible » pour racheter ses actions.

Pas la « meilleure transaction »

Pendant ses trois mois à l’écart du Conseil des ministres, Pierre Fitzgibbon est parvenu à se départir de ses actifs. Sa situation est désormais « régularisé[e] », a d’ailleurs confirmé la commissaire à l’éthique sur les réseaux sociaux. Aucun tiers parti n’a été impliqué dans les transactions, a assuré le ministre. Ses actions ont été rachetées par la société dans un cas et par la direction de la société dans l’autre, a-t-il précisé.

M. Fitzgibbon estime donc ne pas être redevable à qui que ce soit. À ses côtés, M. Legault a néanmoins précisé que tout échange avec ces deux sociétés, si cela s’avérait nécessaire, serait mené par le ministre Girard.

Les actifs de Pierre Fitzgibbon dans Immervision comptaient pour 15 % de sa fortune. En juin, M. Legault avait déclaré que la vente de ceux-ci pourrait entraîner « une perte potentielle de plus d’un million de dollars » pour son ministre. Mercredi, M. Fitzgibbon n’a pas voulu évaluer le montant qu’il a finalement perdu. Mais « ce n’était pas ma meilleure transaction financière », a-t-il reconnu.

Selon François Legault, le cas du ministre de l’Économie a mis en évidence la rigidité du code d’éthique des élus. « Il me semble qu’on est capables de s’assurer qu’il n’y ait pas de conflits d’intérêts sans forcer des personnes à perdre de l’argent en vendant leurs actions », a-t-il déclaré. Bien qu’il juge « important à l’avenir d’être capable de moderniser ce code d’éthique », le premier ministre a renoncé pour le moment à se lancer dans une telle réforme, qui demanderait la collaboration des partis d’opposition. « Ce n’est pas sur mon tableau de bord d’ici la fin du mandat », a-t-il affirmé, en soulignant le caractère partisan de l’année précédant les élections.

Le ministre Girard, qui avait assuré l’intérim pendant le départ de M. Fitzgibbon, a dit avoir eu « l’honneur » de remplacer son collègue. « On a chacun notre style », a-t-il déclaré. Appelé à préciser sa pensée, il a ajouté : « On est complémentaires, on vient de deux secteurs différents. Mon approche à moi, c’est toujours la rigueur, la transparence et j’écoute beaucoup. J’essaie d’écouter et de parler peu. »

M. Girard, ex-trésorier de la Banque Nationale, a lui aussi dû se départir d’actions pour aller en politique. Mais cette transaction a été « plus facile » puisqu’elle s’est faite dans le domaine public, a-t-il déclaré.

À voir en vidéo