Québec anticipe une hausse des cas de COVID-19 et des hospitalisations

Le Québec sera mis à l’épreuve au cours des prochaines semaines : la Santé publique prévoit une hausse des cas de COVID-19, tandis que le gouvernement s’attend à des jours un peu « rock and roll » pour les commerçants qui devront exiger le passeport vaccinal à compter de mercredi.

En point de presse à Montréal mardi, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a déclaré que le mois de septembre serait « vraiment un mois critique, notamment à cause du retour au travail et du retour à l’école ». Il a aussi fait le point sur l’entrée en vigueur du passeport vaccinal, en disant s’attendre à ce que les deux prochaines semaines — de rodage — soient « un peu “rock and roll” ».

M. Dubé a déclaré avoir consulté les prévisions hebdomadaires de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux qui doivent être publiées jeudi. Elles prévoient une hausse des cas de COVID-19 et des hospitalisations dans les prochaines semaines, « particulièrement à Montréal et Laval, si la tendance se maintient ».

Pour une énième fois, le ministre a donc lancé un appel afin que la population québécoise — et surtout les jeunes — se fasse vacciner. « J’essaie d’être le plus direct possible : les jeunes l’attrapent, et ils restent plus longtemps à l’hôpital », a-t-il résumé. « Faites-vous vacciner ! », a aussi lancé le directeur national de santé publique, Horacio Arruda.

À ce jour, 86 % des personnes de 12 ans et plus ont reçu leur première dose et 79 % ont également reçu la deuxième. Parmi les jeunes entre 12 et 17 ans, 80 % de la population a reçu une première dose. Ces taux sont cependant plus bas dans « certains quartiers de Montréal et de Laval », a précisé le ministre. Dans la Capitale-Nationale et au Saguenay, en revanche, le taux de vaccination chez les 12-17 ans est de 87 %.

« Tout est prêt » pour le passeport

Pour contrer les effets de la pandémie, Québec mise sur l’instauration du passeport vaccinal. Ce sera « plus difficile » dans les prochaines semaines, a dit le ministre au sujet de l’entrée en vigueur de cette mesure. Mais « c’est le compromis qu’il fallait trouver », a-t-il fait valoir.

Christian Dubé a tenté de calmer le jeu et les inquiétudes, en annonçant notamment que les personnes de 75 ans et plus qui n’ont pas de carte d’assurance maladie avec photo pourront présenter avec leur code QR une carte montrant leur adresse. Au moment de son point de presse, son cabinet a envoyé un communiqué de presse coiffé du titre « Tout est prêt pour l’entrée en vigueur du passeport vaccinal ».

Selon les chiffres du ministère de la Santé, l’application VaxiCode avait été téléchargée 1,7 million de fois en date de lundi. VaxiCode Verif avait, quant à elle, été téléchargée 185 200 fois. Au total, plus de 5 millions de Québécois ont téléchargé une preuve de vaccination, toujours selon le ministère.

« Pour le moment, on s’en sort beaucoup mieux qu’ailleurs », s’est félicité le ministre Dubé. « On est une des nations les plus vaccinées de la planète. On a été le premier endroit au Canada à mettre en place un passeport vaccinal. On va s’ajuster avant d’envisager de l’élargir », a-t-il ajouté.

Appelé à préciser sa pensée, M. Dubé a déclaré avoir reçu plusieurs demandes, d’employeurs notamment, afin que l’utilisation du passeport vaccinal soit plus répandue. « Mais c’est sûr que nous, on n’a pas d’autres intentions », a-t-il dit. « On a été très clairs, on a dit : allons-y par étapes, commençons avec nos sites non essentiels. »

Interrogé sur le retrait de cette mesure, le Dr Arruda a répondu que cela dépendra notamment de la couverture vaccinale et de la situation épidémiologique. « Les gens aiment beaucoup avoir un chiffre, un objectif. J’aimerais ça vous le dire, mais ce que je vais vous dire, c’est qu’on avait convenu que le passeport vaccinal allait potentiellement être une mesure temporaire », a-t-il affirmé. Il a ajouté qu’il était possible que l’utilisation de cet outil soit élargie « dans certains milieux », afin d’éviter des fermetures. Mais « notre plus grand désir, c’est de revenir le plus vite possible [à] une certaine normalité », a-t-il rappelé.

À la suite du point de presse, Québec solidaire a dénoncé le manque de clarté de Québec. « À la veille de l’entrée en vigueur du passeport vaccinal, on ne sait toujours pas combien de temps il sera en vigueur, si des allègements seront possibles ou si les employeurs seront en droit de l’exiger », a déclaré Vincent Marissal.

Une « décision » à venir

Au sortir d’une commission parlementaire sur la vaccination obligatoire du personnel de la santé, le ministre Dubé a dit être en attente d’une décision de la Santé publique à ce sujet. Depuis que Québec a annoncé ses intentions, divers experts ont critiqué le peu de détails fournis par le gouvernement au sujet de cette mesure.

De l’avis du Dr Arruda, « le diable est dans les détails ; le diable est dans l’application » de la mesure. « Comment on l’applique ? Comment on identifie les personnes qui ont 15 minutes [de contact avec les patients] ? », a-t-il demandé, en reprenant plusieurs questions soulevées en commission parlementaire.

« J’ai écouté la commission, j'ai même réécouté deux fois certaines vidéos [...]. Je suis en train de peaufiner et de clarifier la rationnelle, je dois aussi me dire dans quel contexte je prends la décision aujourd'hui », a-t-il dit. Le ministre Dubé a dit s’attendre à avoir l’avis de l’expert en santé publique « cette semaine ».

Des exceptions au passeport

Juste avant le point de presse, le ministère de la Santé a annoncé que les personnes présentant des contre-indications à la vaccination contre la COVID-19 pourront tout de même obtenir un passeport vaccinal. Une fois « attestée par un professionnel de la santé habilité à poser un diagnostic », cette contre-indication pourra être inscrite dans le Registre de vaccination. L’inscription pourra se faire dans une clinique sans rendez-vous ou sur la plateforme Clic Santé.

« Les personnes qui ont participé à l’étude clinique menée par Medicago inc. pour la recherche et le développement d’un candidat-vaccin contre la COVID-19 pourront également obtenir un passeport vaccinal », a confirmé le ministère. Le communiqué qu’il a publié mardi spécifiait aussi que « les travaux se poursuivent avec les autres provinces et le gouvernement fédéral pour automatiser les dispositifs en permettant la lecture des codes QR étrangers ».



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