Usurpation de code QR vaccinaux: Québec se montre rassurant… et avertit la police

Les codes QR contenant les informations vaccinales des Québécois sont sécuritaires, insiste le ministère de la Santé.
Ryan Remiorz Archives La Presse canadienne Les codes QR contenant les informations vaccinales des Québécois sont sécuritaires, insiste le ministère de la Santé.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a assuré vendredi que les codes QR contenant les informations vaccinales des Québécois sont sécuritaires. Son ministère a toutefois annoncé avoir déposé des plaintes formelles à la police à la suite de l’usurpation de certains d’entre eux.

Jeudi soir, le groupe Crypto.Québec avait annoncé sur sa page Facebook que les codes QR de « plusieurs élus [avaient] été compromis ». Des informations sur divers politiciens et journalistes ont alors circulé sur les réseaux sociaux : on pouvait y voir notamment leur nom, leur date de naissance, leur numéro d’assurance maladie et des informations sur les vaccins anti-COVID-19 qu’ils ont reçus. Crypto.Québec a depuis supprimé sa publication.

Il faut souligner que cette fuite provient du site Web mis sur pied par Québec pour l’obtention de la preuve vaccinale — et non pas du code QR en soi.

Vendredi matin, Radio-Canada révélait une autre faille, cette fois dans les applications VaxiCode et VaxiCode Vérif, qui permettent respectivement de stocker le code QR des preuves vaccinales et de valider ces derniers. Cette faille rendrait possible l’utilisation de fausses preuves de vaccination, sans toutefois exposer les données personnelles des utilisateurs, selon l’analyse de Radio-Canada.

En réaction, le ministère de la Santé a réitéré en matinée que « le code QR est sécuritaire ». Les seuls renseignements qu’il contient sont « le nom, la date de naissance et la liste des vaccins reçus », a-t-il insisté. « Aucune autre information personnelle (données biométriques, données financières, etc.) n’y apparaît. »

Dans une publication sur les réseaux sociaux, le ministre Dubé a écrit que « le code QR et les renseignements personnels qu’il contient ne peuvent être utilisés sans le consentement des personnes ». « Les contrevenants s’exposent à des poursuites », a-t-il ajouté. Le ministère de la Santé a confirmé avoir déposé des plaintes à la police, disant s’attendre à ce que « les autorités compétentes [ouvrent une] enquête et [déterminent] si des accusations criminelles doivent être déposées ».

L’opposition « troublée »

Les partis d’opposition ont tôt fait de s’emparer de l’affaire. « Envisage ? !! » a écrit sur Twitter la critique libérale en matière de santé, Marie Montpetit, en référence à un article notant que Québec « envisageait de complexifier l’obtention d’un code QR ». Le péquiste Joël Arseneau a parlé d’une « troublante révélation ». « Les failles doivent être immédiatement colmatées, nos données personnelles protégées et les citoyens rassurés », a-t-il demandé sur le réseau social.

Gabriel Nadeau-Dubois, de Québec solidaire, a dénoncé un « amateurisme gênant et inquiétant ». Dans une lettre qu’il a envoyée au premier ministre, il qualifie « ce cafouillage » d’« inadmissible », d’autant qu’il survient dans un contexte de crise sanitaire où « la confiance dans les mesures de santé publique imposées par votre gouvernement est cruciale ».

Québec solidaire et le Parti québécois réclament depuis des mois un débat public sur l’utilisation du passeport vaccinal. Le premier ministre François Legault a refusé cette proposition.

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