Pas de lecteurs de CO₂ à la rentrée

Ce sont 40 millions de dollars qui ont été octroyés durant l’été au système scolaire public. 
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Ce sont 40 millions de dollars qui ont été octroyés durant l’été au système scolaire public. 

Toutes les classes du Québec seront équipées de lecteurs de CO2 « d’ici la fin de décembre 2021 », a annoncé mercredi le sous-ministre au ministère de l’Éducation, Marc Sirois, en conférence de presse.

Le « Plan pour la rentrée 2021 », publié sur la page Facebook du premier ministre François Legault le 2 juin dernier, promettait pourtant des « détecteurs de CO2 dans toutes les classes ». Mardi, le gouvernement a plutôt dit que ce serait fait « au cours de l’automne ».

Récemment, le ministère de l’Éducation a été critiqué par les partis d’opposition pour avoir tardé à lancer un appel d’offres pour l’achat de lecteurs de CO2. Annoncé pour la mi-juin, il a finalement été lancé le 16 juillet et se terminera le 16 août, soit deux semaines avant la rentrée.

« On est allé à la vitesse la plus grande qu’on pouvait pour assurer un processus de qualité », s’est défendu M. Sirois, rappelant que la province est « la première juridiction au Canada » à se doter d’un tel système.

Le spécialiste en ventilation industrielle et en qualité de l’air intérieur de l’institut de recherche Robert-Sauvé, Ali Bahloul, aussi présent à la conférence, a affirmé que le gouvernement avait effectué ses démarches « dans un temps record » compte tenu de « la réalité sur le terrain ».

M. Sirois a mentionné que toutes les salles de classe avaient été testées, et que « 90 % » d’entre elles disposaient déjà d’un système de ventilation adéquat, alors que les 10 % restantes avaient « un taux légèrement supérieur aux standards voulus ».

Il a aussi rappelé que 40 millions de dollars avaient été octroyés durant l’été au système scolaire public pour, entre autres, faire l’entretien des systèmes de ventilation, et que plusieurs écoles avaient participé à un projet-pilote pour tester les détecteurs.

Détecter la COVID-19

Le gaz carbonique, qui est une composante normale de l’atmosphère, « n’a pas forcément d’impact direct sur la santé », a précisé M. Bahloul. Plutôt, « il est un excellent indicateur de la qualité de l’air ». Comme il est expiré durant la respiration, un haut taux de CO2 voudrait donc dire que l’air du local est stagnant.

Bien que « les lecteurs de CO2 ne vont pas réduire la transmission de la COVID-19 », ils permettront de se faire une idée des risques d’infection par aérosols, a ajouté M. Bahloul. Ils permettront aussi aux enseignants de « mieux gérer la ventilation », notamment en ouvrant portes ou fenêtres selon les besoins exacts, et d’identifier les locaux qui sont les plus déficients.

Pour réduire la quantité d’aérosols, le chercheur recommande un « hybride » entre la ventilation naturelle (portes et fenêtres) et mécanique (système de ventilation doté de filtres). Il ne recommande pas l’utilisation de purificateurs d’air, qui ont besoin d’« être proches de la personne infectée » pour avoir un effet, et qui risquent plutôt de « remuer l’air » à l’intérieur de la pièce, « ce qui peut faire augmenter la transmission » de la COVID-19.

Il a aussi soutenu que « la ventilation elle-même ne pourra pas couper la transmission à elle seule » et que les autres mesures sanitaires restent importantes, même avec une bonne aération.

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