Québec obtiendra une compensation de 6 milliards pour financer les services de garde

Le gouvernement québécois obtiendrait une «compensation» de quelque 6 milliards de dollars sur cinq ans de la part du gouvernement fédéral, notamment pour en finir avec les listes d’attente dans les centres de la petite enfance.
Photo: iStock Le gouvernement québécois obtiendrait une «compensation» de quelque 6 milliards de dollars sur cinq ans de la part du gouvernement fédéral, notamment pour en finir avec les listes d’attente dans les centres de la petite enfance.

Le gouvernement québécois obtiendra une « compensation » de quelque 6 milliards de dollars sur 5 ans de la part d’Ottawa, notamment pour en finir avec la liste d’attente pour obtenir une place dans un centre de la petite enfance (CPE) sur laquelle plus de 50 000 noms d’enfants figuraient au printemps, selon les informations amassées par Le Devoir.

Le premier ministre fédéral Justin Trudeau et son homologue provincial François Legault interrompront leurs vacances estivales, jeudi, pour en faire l’annonce dans l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal.

D’une part, M. Trudeau s’enorgueillira d’être en bonne posture pour honorer sa promesse de créer un réseau national de « services de garde abordables, inclusifs et de qualité », tout en renforçant le « modèle québécois » de services de garde éducatifs à l’enfance mis sur pied il y a près de 25 ans. Son gouvernement s’était engagé, dans son dernier budget, à investir, d’un océan à l’autre, 30 milliards de dollars sur cinq ans, et au moins 9,2 milliards de dollars annuellement par la suite dans l’offre de « places dans des garderies réglementées abordables et de qualité […] à toutes les familles qui en ont besoin ». « Le Québec a déjà fait preuve de leadership en instaurant son propre réseau de garderies abordables, mais la province recevra tout de même sa part du financement pour qu’elle puisse améliorer son réseau », avait alors précisé Ottawa.

D’autre part, M. Legault se vantera de pouvoir dépenser la « compensation » de quelque 6 milliards d’Ottawa sans condition. Son gouvernement ne voit aucun problème à s’engager une énième fois à « finir le réseau » de places à 8,50 $ dans les CPE, mais également dans les garderies privées subventionnées ainsi que dans les services de garde en milieu familial. Il est déjà attelé à la tâche, insiste-t-on à Québec.

« On va s’assurer que chaque enfant puisse avoir une place. On va [ajouter] 22 000 places supplémentaires [dans les CPE] aux 15 000 qui sont déjà en réalisation. Ça va faire 37 000 places. Donc, ça, c’est majeur. Il n’y a pas un gouvernement qui a fait ça dernièrement », a déclaré le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, le 10 juin dernier.

L’élu caquiste disait comprendre « le désespoir et l’impatience » des parents dans l’attente d’un coup de fil des mois et des mois après avoir inscrit leur enfant sur des listes d’attente de CPE.

Campagne électorale

Aux yeux des observateurs politiques, la conclusion d’une entente Ottawa-Québec sur les services de garde, qui plus est dans la circonscription d’Hochelaga, est un nouveau signe de l’imminence du coup d’envoi de la campagne électorale fédérale.

En 2019, le Parti libéral du Canada était parvenu à déloger le Nouveau Parti démocratique de la circonscription de l’est de la ville de Montréal, et ce, avec à peine 328 voix de plus que le Bloc québécois. Il s’agissait de la majorité la plus mince obtenue par l’équipe de Justin Trudeau au Québec.

Les électeurs d’Hochelaga auront reçu deux chefs fédéraux en deux jours : le chef bloquiste Yves-François Blanchet, mercredi, et le chef libéral Justin Trudeau, jeudi. Par ailleurs, la députée libérale — et candidate à sa propre succession —, Soraya Martinez, sera présente aux côtés de M. Trudeau et M. Legault pour célébrer l’accord sur les services de garde.

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