Un Québécois sur deux ne fait pas confiance à Jean-François Roberge pour gérer la crise

Le ministre de l’Éducation a vu sa cote de confiance passer de 61% (octobre) à 51% (juin) durant la dernière année scolaire.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre de l’Éducation a vu sa cote de confiance passer de 61% (octobre) à 51% (juin) durant la dernière année scolaire.

La moitié des Québécois ne font pas confiance au ministre Jean-François Roberge pour gérer les contrecoups de la pandémie sur le réseau d’éducation.

Le ministre de l’Éducation a vu sa cote de confiance — la proportion de la population qui lui fait « assez » ou « très » confiance — passer de 61 % (octobre) à 51 % (juin) durant la dernière année scolaire, selon les sondages tantôt hebdomadaires, tantôt bihebdomadaires commandés par le ministère du Conseil exécutif (MCE) durant la pandémie.

Le MCE a dévoilé sans avertissement, mardi après-midi, les documents maintes fois demandés par les partis d’opposition.

Toutes proportions gardées, les personnes détenant un diplôme universitaire font moins confiance à M. Roberge, fait remarquer la firme SOM dans l’un de ses 62 rapports de sondage rendus publics.

L’ex-enseignant est le membre du gouvernement Legault qui inspire le moins confiance aux Québécois pour faire échec à la COVID-19. Par comparaison, 69 % de la population fait « assez » ou « très » confiance au ministre des Finances et de l’Économie, Eric Girard, pour soutenir l’économie québécoise pendant cette période trouble.

Confiance maintenue

Plus de 16 mois après le début de l’état d’urgence sanitaire, 80 % de la population est « assez » ou « très » satisfaite de la « façon dont le gouvernement gère la situation », indique SOM. L’équipe de François Legault s’est retrouvée avec une cote de confiance en deçà de 70 % une seule fois depuis l’arrivée de la COVID-19 en sol québécois, soit dans la première moitié du mois d’avril 2021 (66 %).

La confusion s’était alors emparée des « messages » des autorités, selon les personnes sondées. Le gouvernement avait discrètement annoncé, puis modifié, l’obligation de porter le masque à l’extérieur pour deux personnes d’adresses différentes. Le Québec était alors au plus fort de la troisième vague.

La proportion de répondants se disant tout à fait ou plutôt d’accord avec les règles encadrant les rassemblements extérieurs dans les lieux publics avait alors plongé de 15 points en deux semaines, de 75 % (30 mars-5 avril) à 60 % (13 au 19 avril).

Si le premier ministre, François Legault, et le ministre de la Santé, Christian Dubé, jouissent actuellement d’une cote de confiance de respectivement 79 % et 78 %, la vice-première ministre, Geneviève Guilbault, obtient une cote de confiance de 75 %. Les hommes accordent moins leur confiance aux femmes, note SOM dans différents rapports de sondage remis au gouvernement au fil de la pandémie.

La cote de confiance du directeur national de santé publique, Horacio Arruda, est, elle aussi, demeurée élevée, dépassant à plusieurs reprises celle de M. Legault. Pas moins de 78 % de la population lui faisait « assez » ou « très » confiance pour gérer la crise, selon la consultation menée du 8 au 14 juin 2021.

Les jeunes se distinguent parmi toutes les personnes sondées. Ils sont davantage insatisfaits de la gestion de la crise et de l’information diffusée par le gouvernement, contrairement à une forte majorité des répondants à l’ultime sondage effectué entre le 8 et le 14 juin 2021.

Les 25 à 34 ans sont également moins convaincus que les vaccins contre la COVID-19 constituent la solution pour mettre un terme à la pandémie. Ils font partie des deux tranches d’âge dont la couverture vaccinale est en deçà de l’objectif de 75 % fixé par le gouvernement. Selon les dernières données publiées par la Santé publique, 74 % des 30 à 39 ans et 69 % des 18 à 29 ans avaient reçu une première dose au 18 juillet.

Les jeunes adultes sont également moins favorables au passeport vaccinal, qui permettrait d’accéder à certains lieux ou à certaines activités, alors que cette mesure récolte l’appui de 70 % des répondants.

« Finalement, ce n’est que le reflet que le gouvernement ne s’adresse pas à cette population-là », a déclaré Roxane Borgès da Silva, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal. Selon elle, les messages du gouvernement sont trop génériques, alors qu’ils devraient plutôt interpeller les jeunes. Elle cite comme exemple l’initiative du président français, Emmanuel Macron, qui avait lancé un défi en février à Mcfly et à Carlito, deux influenceurs sur YouTube, pour promouvoir les gestes barrières auprès des adolescents et des jeunes adultes.



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