Joëlle Boutin et Geneviève Guilbault ne se sentent pas menacées par Éric Duhaime à Québec

«Je n’ai pas apprécié du tout qu’un politicien […] capitalise […] sur une certaine grogne. […] On est ici aujourd’hui avec zéro cas dans la Capitale-Nationale grâce aux mesures, à la vaccination, et parce qu’on a écouté la Santé publique», a lancé la députée caquiste Joëlle Boutin.
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne «Je n’ai pas apprécié du tout qu’un politicien […] capitalise […] sur une certaine grogne. […] On est ici aujourd’hui avec zéro cas dans la Capitale-Nationale grâce aux mesures, à la vaccination, et parce qu’on a écouté la Santé publique», a lancé la députée caquiste Joëlle Boutin.

Pendant que le polémiste Éric Duhaime « capitalisait » sur la « grogne » de certains Québécois durant la crise sanitaire, la Coalition avenir Québec (CAQ) s’affairait à « sauver [leur] santé ». C’est dans ces termes que deux députées caquistes de la région de Québec se sont récemment positionnées par rapport au Parti conservateur du Québec (PCQ) nouvellement dirigé par M. Duhaime.

Les conservateurs menacent de faire une percée à Québec en 2022. Ils obtiennent aujourd’hui 14 % des appuis, ce qui les place au deuxième rang dans la Grande région de la capitale nationale, derrière la CAQ, qui obtient 52 %, suggère un récent sondage de la firme Léger.

« Il y a une élection dans un peu plus d’un an, on laissera le soin aux citoyens de se prononcer », a déclaré mardi la députée caquiste dans Jean-Talon, Joëlle Boutin, en marge d’une conférence de presse.

Avec sa collègue, la vice-première ministre et députée de Louis-Hébert, Geneviève Guilbault, elle a dépeint M. Duhaime comme un homme qui a refusé de participer à l’effort de guerre.

« Par rapport aux commentaires qui ont été faits concernant les mesures, pour moi, je trouvais ça inquiétant, surtout qu’on a demandé aux Québécois au complet, à toute la société, de se mobiliser ensemble pour combattre la COVID-19. »

« Je n’ai pas apprécié du tout qu’un politicien […] capitalise […] sur une certaine grogne. […] On est ici aujourd’hui avec zéro cas dans la Capitale-Nationale grâce aux mesures, à la vaccination, et parce qu’on a écouté la Santé publique », a déclaré Mme Boutin.

Des propos « inappropriés »

Lors de son premier point de presse à l’Assemblée nationale, vendredi dernier, M. Duhaime a fait valoir que le Québec avait imposé le plan de confinement le plus sévère au pays, ce qui ne l’avait pas empêché d’afficher le plus haut taux de décès de tout le Canada.

Un véritable débat sur la crise sanitaire devrait avoir lieu, selon le chef conservateur, qui dénonce le manque de diversité dans les positions des quatre autres partis représentés au parlement.

Geneviève Guilbault voit la situation autrement. « Il a tenu des propos quant à moi tout à fait inappropriés pendant une pandémie mondiale. Alors qu’on voulait sauver la santé des Québécois, lui s’opposait aux mesures, incitait à ne pas respecter certaines règles pendant des manifestations », a-t-elle réagi, mardi.

« Comme députée, je trouve ça inapproprié. Pour le reste, il participe à la vie politique comme plusieurs citoyens le font. S’il y a lieu, un jour, on sera peut-être amenés à avoir des interactions, mais outre ça, ça me laisse relativement indifférente », a-t-elle ajouté.

Le PCQ prétend compter depuis peu quelque 15 000 membres, ce qui pourrait démontrer un certain intérêt de la part des électeurs.

Éric Duhaime veut se porter candidat à Québec, dans une des circonscriptions où il croit avoir des chances de gagner, soit Chutes-de-la-Chaudière ou Chauveau, représentées actuellement par des députés de la CAQ.

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