Tout le Québec passera en zone verte «bonifiée» le 28 juin

Tout le Québec basculera dans une zone verte « bonifiée » à partir de lundi prochain. « On peut passer des petits partys aux moyens partys », a déclaré mardi le premier ministre du Québec, François Legault, en conférence de presse.

Tous les voyants s’allument en vert sur le tableau de bord du gouvernement. Après deux jours sous la barre des 100 nouveaux cas quotidiens de COVID-19, la courbe des hospitalisations ne cesse de s’aplanir, les décès frôlent le zéro et la capacité hospitalière « va très bien », selon le ministre de la Santé. Les trois quarts des Québécois ont été vaccinés une fois et 20 % le sont complètement.

Porté par ces bonnes nouvelles, Québec relâche les mesures sanitaires partout sur le territoire. « On est exactement là où on voulait être, et ça nous permet d’aller de l’avant », s’est félicité le premier ministre.

Jusqu’à 10 personnes (ou tous les occupants de trois résidences, peu importe leur nombre) pourront se réunir dans les chaumières. La même consigne s’appliquera dans les bars et les restaurants ; les établissements devront toutefois fermer à 2 h du matin.

La « bonification » des allégements en zone verte, selon l’expression de François Legault, vise surtout les rassemblements à l’extérieur. Jusqu’à 20 personnes seront désormais autorisées à se rassembler dans les cours arrière et sur les terrasses pour faire de « moyens partys ».

Les lieux de culte accueilleront jusqu’à 250 fidèles à la fois, même si les réceptions de mariage ne pourront compter, par exemple, que 25 invités à l’intérieur ou 50 personnes à l’extérieur. « C’est très propice à de superéclosions, quand on a des partys comme les mariages », a mis en garde le premier ministre.

Ces mêmes chiffres sont de mise lors des joutes sportives. Un maximum de 50 joueurs pourront compétitionner ensemble à l’extérieur, en présence de 50 spectateurs.

La limite est fixée à 25 athlètes pour les sports intérieurs, avec 25 personnes dans les gradins.

Ce changement de couleur concerne les régions de Montréal, de Laval et de la Capitale-Nationale, la Montérégie, l’Outaouais, l’Estrie, Lanaudière, les Laurentides et Chaudière-Appalaches.

Le trio de la santé n’a pas précisé les critères pour atteindre le palier suivant, la « zone bleue ». D’ici là, les commerces doivent continuer de limiter le nombre de clients à l’intérieur et le masque reste obligatoire dans les magasins et en entreprise.

Le gouvernement ne peut « pas exclure » qu’une quatrième vague puisse frapper le Québec à l’automne, a dit François Legault, bien qu’un retour à la « vie normale » soit prévu pour la fin du mois d’août, lorsque 75 % des Québécois auront reçu leurs deux doses de vaccin.

Moderna pour remplacer Pfizer

De l’aveu même du ministre de la Santé, Christian Dubé, la campagne de vaccination a connu « pas mal de changements pendant les dernières semaines ». Les livraisons du vaccin de Pfizer prennent du retard — fait rare depuis le début de l’année —, alors que celles du vaccin de Moderna bondissent. Cette compagnie fournira au Québec 2,6 millions de doses au cours des deux prochaines semaines.

Or, plus de la moitié des premières doses administrées au Québec proviennent de la pharmaceutique Pfizer.

Devant cette dichotomie, et pour ne pas gaspiller de doses, le ministère de la Santé a autorisé mardi « l’interchangeabilité » des vaccins. Le gouvernement va « donner du Moderna en deuxième dose à tous ceux qui en veulent », a promis Christian Dubé en précisant que, lundi prochain, la prise de rendez-vous sur Clic Santé sera modifiée en conséquence.

Pour les plus pressés, les cliniques sans rendez-vous offriront dès le mercredi 23 juin le vaccin Moderna, peu importe le vaccin reçu lors de la première dose.

« II est recommandé d’utiliser le même vaccin pour la seconde dose s’il est facilement disponible à la clinique de vaccination », reconnaît le Comité sur l’immunisation du Québec. En revanche, les vaccins de Pfizer et de Moderna « ont un fonctionnement et une composition semblables […] et il est très probable que l’effet de protection à long terme soit aussi bon dans un calendrier mixte, c’est-à-dire dans un scénario qui emploierait une dose de chacun des vaccins ».

François Legault avait soutenu lundi que, selon les experts, il existerait même une « petite protection additionnelle » associée à l’interchangeabilité des vaccins. « Par contre, il y a une très petite augmentation des risques qu’il y ait des conséquences », comme des effets secondaires additionnels.

L’Ontario, l’Alberta et le Manitoba proposent déjà des vaccins différents pour la deuxième dose.

Tout au long de la conférence de presse du jour, qui pourrait d’ailleurs être l’une des dernières du genre avant longtemps, le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, a répété un nouveau slogan : « Plus de vaccinés, plus de liberté. »



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