Une recrue, mais pas encore de positions claires pour les conservateurs

Claire Samson confirme qu’elle se joint au Parti conservateur du Québec dans un point de presse avec Éric Duhaime.
Photo: Jacques Boissinot La Presse Canadienne Claire Samson confirme qu’elle se joint au Parti conservateur du Québec dans un point de presse avec Éric Duhaime.

La députée indépendante Claire Samson a officialisé vendredi son adhésion à l’équipe d’Éric Duhaime et au Parti conservateur du Québec (PCQ), avec qui elle partageait peu d’idées jusqu’ici, mais une volonté de donner « le plus de choix [politiques] possible » aux Québécois.

« Aujourd’hui, je me sens délivrée, je retrouve ma marge de manœuvre, ma parole et ma liberté », a-t-elle lancé en confirmant la nouvelle qui avait filtré dans Le Devoir.

« Le chiffre magique, c’était 1 », a aussi souligné M. Duhaime aux médias rassemblés à l’Assemblée nationale, en évoquant « un grand jour dans l’histoire » du PCQ. Le passage de Mme Samson dans ses rangs lui donne désormais une voix au Salon bleu, un accès aux points de presse dans l’enceinte du parlement et, possiblement, une place au débat des chefs.

Comme elle l’avait fait au cours des derniers jours, Mme Samson a assuré que son passage au PCQ n’avait rien à voir avec un désir de « vengeance » ou un sentiment « d’amertume ». Quelques minutes plus tard, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a déclaré que Mme Samson lui avait demandé, « il y a quelques semaines », pourquoi « elle n’avait pas été choisie comme ministre » en 2018. « Je lui souhaite bonne chance et je souhaite bonne chance à M. Duhaime », s’est-il ensuite contenté de dire.

Mme Samson, qui a été exclue du caucus de la CAQ mardi en raison d’un don qu’elle a fait au PCQ, n’a jamais caché sa déception de ne pas avoir « obtenu de portefeuille », au point où elle a dit avoir songé à démissionner.

Des positions à clarifier

Interrogés sur les idées du PCQ, Mme Samson et M. Duhaime ont invité les médias à patienter, le temps que le congrès des membres du mois de novembre permette au parti de développer « des politiques plus claires ». Mme Samson a admis en savoir bien peu sur les idées de son nouveau parti. « Je ne les connais pas toutes, on n’a pas pu discuter de toutes les positions », a-t-elle affirmé. « Je les connais sommairement », a-t-elle aussi déclaré.

Le chef conservateur a ensuite offert des opinions contradictoires sur la marche à suivre pour lever les mesures sanitaires. « Présentement, oui », a-t-il répondu lorsqu’un journaliste lui a demandé s’il fallait « déconfiner complètement et enlever toutes les mesures sanitaires » en place.

Un peu plus tard, M. Duhaime a plutôt insisté sur l’importance de présenter un « calendrier où on met fin, où on a une lumière au bout du tunnel, [où] on dit : “O.K., telle date, on lève telle mesure.” » C’est ce que le gouvernement du Québec a fait le 18 mai.

Éric Duhaime a par ailleurs reproché aux partis d’opposition de ne pas avoir été « très bruyants » pour dénoncer les conséquences de l’état d’urgence sanitaire et les pouvoirs qu’il confère au gouvernement. « Ça fait des mois que l’opposition au gouvernement et aux mesures sanitaires, puis à la gestion de la crise, elle s’exprime dans la rue », a-t-il lancé.« Moi, quand je vais être élu puis que je vais rentrer à l’Assemblée nationale, le premier projet de loi que je vais déposer, je vais modifier la “Loi sur l’état d’urgence sanitaire” », a-t-il aussi déclaré, en faisant vraisemblablement référence à la Loi sur la santé publique.

Dans les faits, les partis d’opposition critiquent le renouvellement de l’état d’urgence sanitaire depuis un an. À l’instar de M. Duhaime, certains élus ont aussi participé à une manifestation réclamant la fin de la suspension des programmes de sports-études.

Un chef « plus démocratique »

En tant que chef, Éric Duhaime a dit souhaiter être « plus démocratique », sans renier pour autant l’ensemble des positions qu’il a défendues par le passé. « Ce n’est pas parce qu’on est dans un parti qu’on est obligés d’être 100 % d’accord avec tout », a-t-il dit, en ajoutant que « l’opinion, ce n’est pas le programme du parti ».

Le chef conservateur n’a pas voulu dire si l’activité humaine avait un rôle à jouer dans les changements climatiques, préférant attendre que son parti se réunisse pour en discuter. « C’est sûr que les changements climatiques ont toujours existé, et là on parle d’une accélération. On va en débattre », a-t-il déclaré. À ses côtés, sa nouvelle collègue a dit penser « que les humains ont quelque chose à voir là-dedans ».

Ni Mme Samson ni M. Duhaime n’ont donné leur opinion sur la stratégie à adopter pour lutter contre les féminicides. « Vous ne pouvez pas me demander ça à moi personnellement », a répondu la première. Le second a éludé la question en qualifiant le confinement d’« extrême ». « On a souvent enfermé, malheureusement, les victimes avec leurs bourreaux pendant plusieurs mois », a-t-il affirmé.

Éric Duhaime a par ailleurs confirmé que Claire Samson avait sollicité le président de l’Assemblée nationale, François Paradis, pour qu’il l’autorise à être identifiée au PCQ, comme le permet le règlement.

Avec Jessica Nadeau

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