Horacio Arruda défend le plan de déconfinement de Québec

Le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, a défendu mardi le plan de déconfinement du gouvernement, alors qu’une quatrième vague de COVID-19 pointe à l’horizon et que des voix s’élèvent en faveur d’une plus grande prudence.

« Je pense que, s’il y a un moment pour déconfiner et pour donner de l’oxygène aux Québécois, c’est maintenant », a-t-il affirmé en conférence de presse.

Quelques heures plus tard, le ministre de la Santé, Christian Dubé, annonçait sur Twitter que les festivals et autres événements pourraient accueillir jusqu’à 3500 personnes à l’intérieur ou à l’extérieur. « La situation épidémiologique le permet, a-t-il écrit. C’est une bonne nouvelle pour le milieu culturel et pour les fans du CH. »

Le premier ministre François Legault avait récemment incité la Santé publique à permettre un plus grand nombre de spectateurs pour les matchs à domicile du Canadien dans le cadre de la série contre les Golden Knights de Las Vegas. « Est-ce qu’on peut augmenter les 2500 au Centre Bell pour ne pas être désavantagé par rapport à Vegas qui a le droit à 18 000 ? » avait-il demandé dimanche.

« On peut prendre acte que ça va très bien et que les Québécois ont mérité des assouplissements », a affirmé M. Dubé mardi. « Je fais une grande différence entre ce qu’on peut faire présentement et comment il faut être prêts à l’automne », a-t-il ajouté.

Les répercussions d’une quatrième vague, qui pourrait être causée par le variant Delta, dépendront du nombre de Québécois qui obtiendront leur deuxième dose de vaccin durant l’été. Ce nouveau variant, qui a d’abord émergé en Inde, a récemment forcé le Royaume-Uni à reporter son plan de déconfinement d’un mois. Il causerait au moins un tiers d’hospitalisations supplémentaires, a avancé le Dr Arruda. La Santé publique en dénombrait 35 cas au Québec mardi.

« C’est sûr qu’on pourrait entrer dans une situation où, parce que la couverture vaccinale à deux doses n’est pas assez élevée, on pourrait avoir une vague, a-t-il reconnu. Je pense que d’empêcher le variant d’entrer complètement, c’est peut-être utopique. Il y en a en Ontario à côté. »

L’objectif du gouvernement Legault est d’atteindre 75 % de couverture vaccinale complète d’ici le 31 août. À ce jour, 79,1 % des Québécois en âge d’être vaccinés ont reçu une première injection et 14 % ont obtenu leur deuxième dose. Quelque 170 000 personnes de 18 à 39 ans n’ont toujours pas reçu leur première dose de vaccin pour obtenir une couverture vaccinale de 75 % dans ces catégories d’âge.

« Ça, c’est un geste qui va nous permettre de garder les libertés qu’on s’est données cet été et de ne pas revenir à un confinement total, a dit le Dr Arruda. De toute façon, si on faisait un confinement total encore ou qu’on demandait aux Québécois de ne pas profiter de l’été, personne ne nous suivrait. Les gens font déjà probablement plus que ce qu’on recommande. »

Il a évoqué des modifications à venir aux paliers d’alerte avec l’ajout d’une zone bleue « où ça va être beaucoup plus souple » à l’automne si suffisamment de Québécois ont leurs deux doses de vaccin.

Le collectif COVID-STOP, composé de spécialistes en santé publique, de médecins, et autres scientifiques, a demandé au gouvernement dans une lettre ouverte mardi de mieux se préparer pour cette quatrième vague. La veille, le directeur médical du Laboratoire de santé publique du Québec, Michel Roger, estimait dans les pages du Devoir que le gouvernement devrait jouer de prudence. « À l’Institut national de santé publique, on voudrait que le déconfinement aille un petit peu moins vite, avait-il reconnu en entrevue. C’est une question de prudence, mais on n’a pas de boule de cristal. »

Moderna et AstraZeneca

Il est désormais possible de devancer la deuxième dose des vaccins de Moderna et d’AstraZeneca sur Clic Santé. Le Québec dispose désormais de quantités suffisantes pour aller de l’avant.

« Ce qu’on attendait, c’était d’avoir plus de vaccins ; bonne nouvelle, ils sont rentrés », s’est réjoui le ministre de la Santé, Christian Dubé, mardi en conférence de presse. « On parle de 500 000 doses de plus que prévu qui nous sont arrivées de Moderna qui nous donnent énormément de flexibilité », a-t-il ajouté.

L’intervalle minimum recommandé entre les deux doses de vaccin par le Comité sur l’immunisation du Québec est de huit semaines. Les Québécois qui ont déjà reçu une première injection pouvaient déjà devancer leur rendez-vous depuis la semaine dernière. Or, contrairement à ce qui avait été annoncé, seuls les gens qui avaient reçu une première dose du vaccin de Pfizer-BioNTech étaient en mesure de le faire, créant du mécontentement au sein de la population.

 

Par ailleurs, les Québécois qui ont reçu une première dose du vaccin d’AstraZeneca pourront spécifier en ligne s’ils souhaitent remplacer la deuxième dose par un vaccin à ARN messager comme celui de Moderna ou de Pfizer-BioNTech.

Le vaccin d’AstraZeneca peut causer de rares cas de thrombose. Les gens qui choisissent de changer doivent s’attendre à subir davantage d’effets secondaires comparables à une grippe.



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