Tous les partis espèrent mettre la pandémie derrière eux

François Legault s’est félicité pour la gestion de la troisième vague de COVID-19 et de la campagne de vaccination.
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne François Legault s’est félicité pour la gestion de la troisième vague de COVID-19 et de la campagne de vaccination.

Plus effacés durant la pandémie, les partis d’opposition à Québec s’attendent à un choc des visions l’automne prochain lorsque s’amorcera une année préélectorale. Toutes les formations politiques représentées à l’Assemblée nationale, y compris la Coalition avenir Québec (CAQ) qui forme le gouvernement, espèrent un retour à la normale.

« Je pense que pour la première fois, on peut vraiment dire qu’on voit la lumière au bout du tunnel et qu’on est en train de tourner la page, a constaté le premier ministre François Legault. On peut penser qu’à la prochaine session, ça ne sera pas le seul sujet et, on espère, pas non plus le sujet qui va être le plus traité. »

C’était l’heure des bilans vendredi à l’Assemblée nationale, alors que s’achevaient les travaux parlementaires avant la relâche estivale. M. Legault s’est félicité pour la gestion de la troisième vague de COVID-19 et de la campagne de vaccination. « On s’en est mieux sorti qu’ailleurs durant la gestion de la troisième vague, a-t-il fait remarquer. Il y a eu aussi toute l’organisation de la vaccination, encore là, je pense qu’on a réussi. On est un des endroits dans le monde qui a vacciné le plus sa population pour la première dose. » Il a également remercié les Québécois « d’avoir été solidaires ».

Or, les bons coups du gouvernement durant cette troisième vague n’ont pas effacé le triste bilan des deux premières. « On s’est buté au mur de l’arrogance caquiste, a dénoncé la cheffe de l’opposition officielle, Dominique Anglade. Il refuse de tenir une commission d’enquête sur la gestion de la pandémie malgré les 11 166 Québécois qui sont décédés. Ce refus-là est une preuve évidente du manque de leadership du premier ministre. »

« Par contre, s’il y a eu des manquements qui ont causé des décès, puis s’il y a des erreurs qu’on pourrait ne pas refaire advenant une situation similaire à l’avenir, ça, on a juste le devoir, envers les familles qui ont perdu un être cher, de faire ces devoirs-là. »

« Il viendra un moment des bilans, un moment pour un examen, une enquête publique et indépendante sur des questions aussi simples et fondamentales comme : pourquoi est-ce qu’il y a 43 % des décès qui ont eu lieu au Canada qui proviennent du Québec, alors qu’on est seulement 23 % de la population dans le Canada ? » a demandé le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon.

Pour Québec solidaire, la pandémie a été le révélateur qui a permis de démontrer la nécessité d’un réinvestissement dans les services publics. « Quand on regarde les services publics, les services de santé dans la dernière année, c’était tellement pétant comment les gouvernements antérieurs ont tellement appauvri nos services publics qu’on a failli, a souligné sa co-porte-parole, Manon Massé. On a failli à plusieurs fois. Il y a des bris de services partout à travers le Québec, ça ne va pas bien au niveau de la santé. »

Le parti, qui compte seulement dix députés, savourait encore sa grande victoire : le départ de Pierre Fitzgibbon, qui a quitté le Conseil des ministres le temps de régler ses problèmes d’éthique. « Si Québec solidaire n’avait pas été là, si Vincent Marissal n’avait pas été là, bien, M. Fitzgibbon serait encore ministre de l’Économie », a-t-elle rappelé.

Les trois partis d’opposition ont accusé le gouvernement Legault de faire passer ses intérêts partisans avant ceux des Québécois avec son projet de tunnel entre Québec et Lévis, dont le prix s’élèverait à 10 milliards de dollars. Un « Taj Mahal électoral » qui illustre « l’arrogance du gouvernement », selon Mme Anglade.

« Ils prennent les décisions en fonction de leurs intérêts électoraux dans la région de Québec », a accusé M. St-Pierre Plamondon.

Un projet « rétrograde » et « antiscientifique » qui éloigne le Québec de la lutte contre les changements climatiques, pour le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois.

Il prévoit un affrontement entre la vision caquiste et la vision solidaire pour le Québec l’automne prochain. Le Parti québécois s’attend à un « choc des titans » avec la CAQ. La cheffe libérale a demandé à ses députés d’être présents « sur le terrain » et entend se présenter comme « la seule alternative crédible » au gouvernement caquiste en 2022.

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