L’UPAC présente ses excuses à Guy Ouellette pour son arrestation en 2017

Le commissaire à la lutte contre la corruption, Frédérick Gaudreau
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Le commissaire à la lutte contre la corruption, Frédérick Gaudreau

Le commissaire à la lutte contre la corruption, Frédérick Gaudreau, a présenté ses excuses jeudi au député Guy Ouellette près de quatre ans après son arrestation. Il n’a jamais été accusé.

« Depuis les événements, les faits ont démontré que l’arrestation de M. Ouellette par l’UPAC résulte d’une enquête fautive à certains égards et que cette arrestation était injustifiée », a reconnu M. Gaudreau lors d’un court point de presse dans le foyer de l’Assemblée nationale en compagnie de M. Ouellette.

« L’UPAC s’excuse des conséquences dévastatrices que cette arrestation et cette enquête intrusive ont pu avoir sur la vie professionnelle et personnelle du député de Chomedey, celle de sa famille et de ses proches ainsi que celle de ses collègues parlementaires, a-t-il ajouté. Nous sommes conscients que ces événements ont atteint l’intégrité du député de Chomedey et lui ont causé un tort irréparable et nous nous en excusons sincèrement. »

La déclaration du commissaire de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) a mis fin à la poursuite judiciaire de 550 000 $ intentée par le député en pour atteinte à sa réputation. « Aujourd’hui, c’est une importante étape, a réagi M. Ouellette. Vous connaissez mon histoire. Ça fait quatre ans que ça dure. Ce matin, j’encaisse le coup. Je vous demanderais de respecter ma décision de ne pas commenter la déclaration de l’UPAC de ce matin. »

L’arrestation de Guy Ouellette le 25 octobre 2017 par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) avait provoqué une onde de choc. Sa résidence avait également été perquisitionnée. Les policiers le soupçonnaient d’être à l’origine de fuites dans les médias sur l’enquête Mâchurer portant sur le financement du Parti libéral du Québec (PLQ) et sur l’ex-premier ministre Jean Charest. Guy Ouellette a représenté le PLQ jusqu’en 2018. Il avait été exclu du caucus libéral quelques jours après sa réélection.

La conduite de cette enquête sur les fuites d’informations confidentielles de l’UPAC dans les médias fait désormais l’objet d’une investigation par le Bureau des enquêtes indépendantes.

Reconnaître ses erreurs

Les détails de l’entente intervenue entre l’UPAC ET Guy Ouellette étant confidentiels, le commissaire à la lutte contre la corruption n’a pas été en mesure de donner davantage de détails. Les excuses publiques en font partie tout comme un dédommagement dont la somme n’a pas été révélée.

« Quand on commet une erreur, il faut la reconnaître, il faut l’admettre et il faut démontrer qu’on ne la répétera pas cette erreur-là, a affirmé le commissaire Gaudreau. Puis, moi c’est l’engagement que je prends. » Il estime que cet acte de contrition permettra à l’UPAC « de regagner la confiance de la population ».

Le Parti québécois a tout de même invité à l’UPAC à s’expliquer. « On ne peut pas tolérer de pareils gestes d’intimidation envers les parlementaires, a affirmé le député, Martin Ouellet. Des fautes graves ont été commises dans ce cas-ci qui doivent être punies pour rétablir la crédibilité et démontrer l’exemplarité de ce corps de police. »

Le premier ministre François Legault a rappelé que l’arrestation de Guy Ouellette est survenue « sous l’ancien régime de l’UPAC ». Son gouvernement a changé le mode de nomination du commissaire de l’UPAC dès son arrivée au pouvoir pour qu’il soit confirmé par un vote des deux tiers des élus. « On a déposé un projet de loi et le chef actuel de l’UPAC a été nommé par un vote unanime des quatre partis qui sont représentés à l’Assemblée nationale », a-t-il rappelé.

« L’histoire de Guy Ouellette avec l’UPAC est une triste histoire, qui n’aurait jamais dû arriver, a réagi le porte-parole libéral en matière de Sécurité publique, Jean Rousselle. C’est une bonne nouvelle pour lui que ce soit finalement terminé et que l’UPAC ait présenté publiquement ses excuses. »

« Il est rare qu’un corps de police présente des excuses pour une erreur commise à l’encontre d’un citoyen, a constaté le député de Québec solidaire, Alexandre Leduc. Espérons que cela inspirera d’autres corps policiers à l’avenir. »

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