Sylvain Roy quitte le Parti québécois

Le député de Bonaventure, Sylvain Roy
Photo: Francis Vachon Archives Le Devoir Le député de Bonaventure, Sylvain Roy

Le Parti québécois (PQ) vient de perdre un troisième député. Sylvain Roy, de la circonscription de Bonaventure, en Gaspésie, a claqué la porte vendredi.

Son annonce sur Twitter a causé la surprise. « Récemment, il est arrivé un événement qui a brisé le lien de confiance qui existait entre moi et le chef du Parti québécois, a-t-il écrit. Pour cette raison, j’annonce que je suis dans l’obligation de quitter le caucus du Parti québécois. »

 

Il siégera donc comme député indépendant. Certaines rumeurs envoient le député à la Coalition avenir Québec (CAQ) pour les prochaines élections. « Je demeure un militant de notre liberté, de notre émancipation et de l’obligation de nous faire respecter, que ce soit comme nation ou comme individu », a ajouté l’élu souverainiste.

M. Roy n’a pas donné davantage de détails vendredi sur l’événement qui l’aurait poussé à partir. Il a indiqué au Devoir qu’il le ferait lundi. Son départ n’a pas étonné le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon.

« Il y avait dans plusieurs dossiers des désaccords, des difficultés de fonctionner au quotidien, également pour l’équipe, a reconnu M. St-Pierre Plamondon en mêlée de presse. Puis, dans le processus de renouvellement du Parti québécois, c’est normal que des gens quittent, puis que ça amène d’autres personnes également. Donc, c’est un processus normal. »

Sylvain Roy avait été le seul député du caucus à voter contre la nouvelle position du PQ pour l’imposition de la loi 101 aux cégeps lors du Conseil national du parti en avril. Le vote était libre, mais l’élu n’avait pas pris soin d’aviser ses collègues au préalable, selon M. St-Pierre Plamondon. La proposition de l’aile jeunesse avait été adoptée à 94 % et sans débat.

Soulagement

Certains de ses collègues se sont dits soulagés de voir cette situation difficile se terminer. C’est le cas du député Sylvain Gaudreault. « Moi, j’ai un soulagement, a-t-il commenté. Parce que notre chef vient d’exprimer qu’il y avait plusieurs mésententes ou des difficultés d’arrimage sur un certain nombre de dossiers. Bien, ça devenait difficile. »

S’agit-il d’un signe de la difficulté du chef à rassembler l’ensemble de ses députés ? « On va pouvoir juger mon côté rassembleur à la qualité des candidatures qu’on aura lors du prochain scrutin », a affirmé M. St-Pierre Plamondon.

Le départ de Sylvain Roy porte le nombre d’élus péquistes à sept après celui de Catherine Fournier et l’exclusion d’Harold LeBel, accusé d’agression sexuelle.

Après l’élection de 2018, le Parti québécois comptait dix députés. Le départ de Catherine Fournier en 2019 l’avait fait passer de deuxième au troisième groupe de l’opposition. Celui de Sylvain Roy n’aura aucun impact sur les ressources financières allouées par l’Assemblée nationale.

Élu à la direction du PQ en octobre dernier, le chef Paul St-Pierre Plamondon n’a quant à lui pas de siège à l’Assemblée nationale.

Professeur de sociologie au cégep, Sylvain Roy a été élu pour la première fois lors de l’élection générale de 2012 dans Bonaventure, délogeant ainsi les libéraux qui détenaient la circonscription depuis 14 ans. Au scrutin de 2018, il les avait devancés avec une majorité de 2830 voix.

À voir en vidéo