Le Québec et l'État de New York partageront des informations sur la sécurité

Le port de Montréal est l’un des endroits où les autorités souhaitent accroître la surveillance.
Photo: Jacques Grenier Le port de Montréal est l’un des endroits où les autorités souhaitent accroître la surveillance.

Québec — Pour se prémunir contre toute possibilité d'attentat terroriste, le Québec entend hausser les mesures de contrôle, notamment au port de Montréal, mieux équiper la Sûreté du Québec et maximiser l'échange de renseignements avec les autorités canadiennes et américaines.

Le ministre québécois de la Sécurité publique, Jacques Chagnon, et le directeur adjoint du Bureau de la sécurité publique de l'État de New York, Mark Cohen, vont d'ailleurs signer, aujourd'hui, un accord formel afin d'augmenter l'échange d'information entre eux sur les questions de sécurité, de criminalité et de terrorisme.

L'accord sera signé dans le cadre de la rencontre des directeurs de la sécurité intérieure du nord-est de l'Amérique du Nord, qui se tient présentement à Québec et qui regroupe les responsables de la sécurité de six provinces canadiennes (Québec, Ontario, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve), 10 États américains ainsi que les gouvernements du Canada et des États-Unis.

Pas invulnérables

«Nous ne sommes plus invulnérables. Qu'on soit à New York, à Montréal ou à Québec, on est susceptibles d'être la victime d'un attentat terroriste. Bali est un îlot paradisiaque, il n'y a pas de raison pour qu'on place une bombe dans une discothèque à cet endroit, et pourtant cela a été fait», rappelait hier le ministre Chagnon, lors d'un entretien avec la Presse canadienne.

«Il faut resserrer entre nous l'échange d'information et l'échange de notre capacité de force de frappe», dit-il. Selon lui, augmenter la coordination entre les différents corps policiers et services de renseignement du continent constitue le meilleur moyen d'éviter les attentats.

«Cela devient éminemment payant», dit-il, en rappelant qu'avant les attentats de septembre 2001, aux États-Unis, «le FBI ne savait pas ce que faisait la CIA et la CIA ne savait pas ce que le FBI faisait».

Dans les prochaines années, on prévoit qu'une des cibles privilégiées par les terroristes sera le transport par bateau de conteneurs. Les responsables de la sécurité présents à Québec ont donc décidé de s'attaquer à ce problème et annonceront aujourd'hui la création d'un programme de recherche mené conjointement par les divers gouvernements impliqués en vue d'accroître la sécurité des conteneurs.

«Il faut sécuriser les conteneurs à partir de leur endroit de départ jusqu'à leur entrée dans un des ports en Amérique du Nord», soutient le ministre.

Chaque année, pas moins d'un million de conteneurs transitent par le port de Montréal. La plupart prennent la route du Midwest américain.

Menaces

Quel type exact de menaces cherche-t-on ainsi à éviter? «On pense au pire. Le pire qui pourrait arriver, c'est un conteneur qui transporte une bombe nucléaire», dit M. Chagnon.

La sécurité accrue reposera sur la technologie et non sur une augmentation des ressources. On veut équiper les conteneurs de GPS, pour pouvoir les repérer en tout temps, et mettre en place un système de sécurité visant à éviter toute introduction par effraction durant le déplacement d'un point à un autre. «C'est l'approche que nous allons prendre: investir en technologie», a-t-il ajouté.

Acquisition d'équipement

S'il n'en tient qu'à lui, la Sûreté du Québec ne sera pas en reste. Des investissements de plusieurs dizaines de millions de dollars seront nécessaires pour acquérir des équipements informatiques à la fine pointe de la technologie et équiper les véhicules des patrouilleurs de la SQ d'outils perfectionnés. «Il faut repenser tout le système de communication de la Sûreté du Québec», a-t-il ajouté.

D'ici trois ou quatre ans, il croit être en mesure de fournir à chaque véhicule un écran tactile qui permettrait d'accéder à toutes les informations fournies par le Centre de renseignements policiers du Québec.

Cet écran donnerait aussi de l'information sur «la géomatique de toutes les régions du Québec, ce qui permettrait sur le plan de la sécurité d'avoir accès à une masse d'informations rapidement.»

Le ministre est en discussion avec le Conseil du trésor pour obtenir les sommes nécessaires à la réalisation de son projet.

«Il n'y a plus de limite dans la capacité d'utilisation de bombes ou d'explosifs, d'approches terroristes de quelque nature que ce soit pour des groupes extrémistes», ajoute le ministre pour justifier une intervention plus musclée des gouvernements.