Trois millions de rendez-vous pour la 2e dose à devancer

La modification des dates rendez-vous se déroulera tout le mois de juin.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne La modification des dates rendez-vous se déroulera tout le mois de juin.

Le Québec a atteint jeudi son objectif de vacciner 75 % de la population adulte d’une première dose contre la COVID-19, trois semaines avant son échéance du 24 juin. Il passe maintenant à la vitesse supérieure en devançant l’injection des deuxièmes doses.

« Ça semble simple comme ça, mais je peux vous dire qu’il y a à peu près trois millions de rendez-vous à changer », a affirmé le ministre de la Santé, Christian Dubé, en conférence de presse.

Il a dévoilé un calendrier accéléré pour cette deuxième portion de la campagne de vaccination. La modification des dates rendez-vous se déroulera tout le mois de juin. Dès lundi, les personnes âgées de 80 ans et plus pourront devancer leur rendez-vous sur Clic Santé. Le lendemain, ce sera au tour des 75 ans et plus et ainsi de suite tous les jours jusqu’au 23 juin pour les 18 ans et plus.

« Vous noterez que dans le calendrier, on n’a pas les 12-17 ans, a fait remarquer M. Dubé. La raison est très simple, c’est qu’on va commencer par les faire en première dose. C’est ce qu’on est en train de faire d’ici la troisième semaine de juin, puis une fois qu’on aura vu comment s’est placée la deuxième dose pour tout le monde, on vous reviendra. »

L’objectif est toujours de vacciner 75 % de la population pour qui le vaccin est autorisé, soit à partir de l’âge de 12 ans, d’ici le 31 août. « Pour qu’on soit capables de bien déconfiner au Québec au début de septembre, bien c’est sûr qu’on doit être adéquatement vaccinés », a-t-il rappelé. Il a conseillé aux gens de modifier leur rendez-vous avant leurs vacances.

Les gens pourront conserver leur rendez-vous initial s’ils le préfèrent. Une personne qui veut modifier le sien pourra choisir une nouvelle date sur Clic Santé. L’ancien rendez-vous sera annulé automatiquement par le site Web. Dans la plupart des cas, les gens devront se faire vacciner au même endroit où ils ont reçu leur première dose à moins d’aller à une clinique de vaccination sans rendez-vous.

« Le système va vous reconnaître avec votre preuve d’identification comme votre numéro d’assurance maladie, le nom de votre père et de votre mère, a expliqué le directeur de la campagne de vaccination, Daniel Paré. Et, là, vous allez choisir votre rendez-vous. Le système va annuler votre rendez-vous [initial] seulement lorsque vous aurez confirmé votre deuxième rendez-vous. »

L’intervalle recommandé entre les deux doses des vaccins de Pfizer-BioNTech et Moderna a été modifié jeudi par le Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ). Il passe de 16 à 8 semaines pour la plupart des gens, à l’exception des personnes immunosupprimées qui devraient recevoir la deuxième dose dans un intervalle de quatre semaines. L’intervalle avait déjà été abaissé vendredi dernier à huit semaines pour les vaccins AstraZeneca et Covishield.

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Les fabricants recommandaient au départ un délai qui pouvait varier entre trois et quatre semaines selon le vaccin, mais des études cliniques récentes ont démontré une meilleure efficacité avec un intervalle plus long. « On se rend compte que c’est véritablement autour de ces huit semaines où on a des gains importants en termes de protection et d’augmentation de la réponse après la deuxième dose », a expliqué le directeur national de santé publique, Horacio Arruda.

Il a rappelé que le gouvernement avait pris la décision au début de la campagne de vaccination en décembre de reporter l’inoculation de la deuxième dose de vaccin pour pouvoir protéger le plus grand nombre de personnes possibles afin de « sauver des vies ». Les approvisionnements du gouvernement fédéral étaient alors beaucoup moins abondants.

Le Québec reçoit maintenant plus d’un demi-million de doses par semaine. Inutile donc d’attendre 16 semaines pour terminer la vaccination et d’avoir « du vaccin qui dort dans les frigos », selon le Dr Arruda.

Manque à gagner

Même si le Québec a atteint son objectif de 75 % de couverture vaccinale pour la première dose plus tôt que prévu, elle demeure inégale selon les tranches d’âge. En tout, 220 000 personnes parmi les personnes âgées de 18 à 40 ans tardent toujours à prendre leur rendez-vous, selon le ministre Dubé.

« Si on veut que tout le monde puisse être capable d’être adéquatement vacciné pour la fin août, les gens doivent se dépêcher, les a-t-il pressés. Je pense particulièrement ceux du cégep, puis de l’université. »

Le fait que la couverture vaccinale soit moins importante pour certaines tranches d’âges les rend plus vulnérables. « Dès qu’on a une strate [de la population] qui n’est pas protégée, c’est un potentiel d’éclosion, mais la protection que les autres vont amener va être aidante », a expliqué le Dr Arruda.

Il s’attend à avoir plus de travail à faire pour convaincre les gens de l’utilité de la deuxième dose qui fait augmenter l’immunité et la prolonge. « Il y a des gens qui se sentent protégés à une dose, ou qui négligent, puis ça va être l’été aussi. » Le gouvernement continuera d’offrir une variété de plages horaires, des cliniques mobiles et des cliniques sans rendez-vous pour tenter de joindre un plus grand nombre de personnes.

« Le vrai succès, c’est quand on va avoir nos deux doses, puis il faut les avoir le plus rapidement possible si on veut être capables d’avoir un retour à la normale le plus tôt possible », a rappelé le ministre Dubé.

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