La Santé publique révisera sa décision d’annuler les bals de finissants

Devant la levée de boucliers entourant l’interdiction des bals de finissants, la Santé publique compte réviser son protocole qui encadre la tenue de cérémonies de fin d’année. Le Dr Horacio Arruda, directeur national de santé publique, ouvre la porte à des solutions de rechange en fonction du taux de vaccination des jeunes dans les prochaines semaines.

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a confirmé mercredi matin que la rentrée de l’automne prochain dans les écoles primaires et secondaires sera quasi normale, sans masques ni bulles-classes. L’objectif est que 75 % des élèves de 12 à 17 ans aient reçu leurs deux doses de vaccin, mais la Santé publique compte se montrer flexible sur ce seuil, en fonction notamment de la situation épidémiologique, a précisé le Dr Arruda.

Celui-ci a dit comprendre « la frustration, la colère et la déception » des parents et des jeunes devant l’annulation des bals de finissants pour la deuxième année de suite en raison de la pandémie. Le taux de vaccination des jeunes est toutefois insuffisant pour permettre de « gros partys », compte tenu du variant britannique qui circule, a expliqué le Dr Arruda.

« On n’est pas là pour écœurer la population, a-t-il précisé. Il y a des cérémonies de réussite éducative qui pourront avoir lieu. Spécifiquement pour le bal lui-même, la réception festive qui pourrait voir lieu, je m’engage à refaire une certaine évaluation très rapide avec mes équipes pour voir dans quelles conditions, potentiellement, et quand ça pourrait avoir lieu. »

« Une partie importante de l’équation, ça va être la couverture vaccinale » chez les 12-17 ans. « S’il y a une chose que les parents et les élèves peuvent faire, c’est de se faire vacciner, parce que ça peut changer énormément la donne au cours des prochaines semaines », a ajouté Horacio Arruda.

Environ 45 % des 12 à 17 ans ont reçu leur première dose ou ont pris un rendez-vous pour l’obtenir, a indiqué le ministre Roberge.

L’objectif est que 75 % des 12-17 ans aient reçu deux doses de vaccin à la rentrée scolaire, mais la Santé publique tiendra compte de l’ensemble des données pour faire ses recommandations définitives, a expliqué le Dr Arruda. « Il faut viser 75 % et plus, je pense que c’est clair dans ma tête. Mais [pour] les décisions, on va aussi prendre en considération l’ensemble du portrait quand viendra le temps de revoir le plan au mois d’août. […] Il faut donner un objectif à atteindre, et moi, je pense que cet objectif-là, d’avoir une année scolaire normale, est conditionnel à une bonne couverture vaccinale. »

Qualité de l’air

Les activités parascolaires et les programmes de sports-études et d’arts-études pourront aussi reprendre l’automne prochain, s’est réjouie Isabelle Charest, ministre déléguée à l’Éducation.

Le ministre Roberge a rappelé qu’il compte lancer des appels d’offres pour munir toutes les classes de détecteurs de CO2. Le lavage des mains restera en vigueur malgré la fin des mesures de distanciation dans les classes et dans les aires communes des écoles. Les écoles devront aussi se préparer à basculer en enseignement à distance en cas d’éclosion de COVID-19, comme dans les derniers mois.

Sonia Éthier, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), a accueilli favorablement le retour à une certaine normalité dans les écoles — qui fera le bonheur des élèves et du personnel —, mais avec des réserves.

« Les derniers mois de la pandémie auront mis à rude épreuve la confiance du personnel à l’endroit du gouvernement. Les gens sur le terrain sont échaudés, et il y a lieu de se questionner pour savoir si la Santé publique a approuvé le plan actuel », a-t-elle indiqué.

« Sur la seule question de la ventilation et de la qualité de l’air, la preuve est toujours à faire que les dizaines de milliers d’élèves et de membres du personnel scolaire travaillent dans un environnement respectueux des normes », a ajouté la représentante syndicale.

La pénurie de professionnels voués à aider les élèves en difficulté reste aussi entière. En privé, on indique que ces professionnels (psychologues, orthopédagogues, orthophonistes, etc.) sont choqués par l’absence de progrès à la table de négociation avec Québec, ce qu’ils considèrent comme un manque de respect du gouvernement. Les deux grands syndicats d’enseignants ont, eux, entériné le mois dernier des ententes avec Québec.


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