Québec investira 750 millions sur 5 ans pour améliorer l’offre de soins à domicile

Québec veut intensifier et étendre les services de soins à domicile, d’abord pour les aînés, mais aussi pour les familles qui prennent soin d’un proche ou d’un enfant à la maison.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, et sa collègue responsable des aînés, Marguerite Blais, ont annoncé lundi un ajout de 750 millions de dollars sur cinq ans pour rehausser l’offre et l’intensité des services rendus à domicile.

Cet investissement répond au besoin souvent exprimé par les aînés de demeurer chez eux le plus longtemps possible, un souhait qui devient difficile à réaliser lorsque les besoins en soins augmentent et que les services à domicile ne sont pas au rendez-vous.

« On doit garder en tête — et ça, c’est un chiffre qui n’est pas connu — que 96 % de nos aînés sont soit à domicile, soit dans des résidences pour personnes âgées. C’est pour cela qu’il faut augmenter les dollars qui sont mis en soins à domicile », a fait valoir le ministre Dubé.

« Ce que nous souhaitons, c’est ce que les aînés souhaitent, c’est-à-dire que nous allions les servir à domicile », a-t-il ajouté.

Les deux ministres ont longuement insisté sur les efforts faits jusqu’ici par leur gouvernement, mais la pandémie de COVID-19 a forcé le constat qu’il fallait en faire beaucoup plus. Ainsi, de nombreux aînés ont décidé de ne pas quitter leur maison pour aller en résidence, craignant de se retrouver dans un milieu en éclosion. Bien que les services et les soins à domicile soient aussi offerts en résidence privée pour aînés, ils ne sont pas faciles à obtenir en raison d’une offre qui ne suffit pas à répondre à la demande.

« Nous parlons d’intensification des services, mais cela signifie également de l’accessibilité aux services », a indiqué Marguerite Blais.

La ministre a notamment mis en exergue le fait que, « depuis 2018-2019, le soutien à domicile présente une hausse de près de 40 000 personnes », précisant que plus de 16 % de la population de 65 ans et plus a reçu au moins un service de soutien à domicile.

Une demande croissante

« Tout le monde le mentionne : il faut rester à domicile le plus longtemps possible, mais encore faut-il que les sommes d’argent soient au rendez-vous », a-t-elle reconnu.

Mais aussi et surtout, la réalité démographique est incontournable : la population âgée de 65 ans et plus doit augmenter de 578 000 personnes d’ici 2028, et cet arrivage dans la strate des aînés nécessitera une croissance importante de l’offre de soins à domicile. En l’absence de tels soins, les personnes âgées aux prises avec des problèmes de santé ponctuels n’ont parfois d’autre choix que de se rendre à l’urgence et d’ensuite occuper des lits de soins de longue durée, ce qui engorge l’ensemble du réseau hospitalier. Dans ce contexte, l’augmentation de l’offre de service devient non seulement utile, mais bien incontournable.

Une partie des sommes annoncées lundi doit également être consacrée à une offre de soins palliatifs et de soins de fin de vie à domicile.

Pour « sortir la tête hors de l’eau »

La députée et adjointe parlementaire du ministre Dubé, Marilyne Picard, qui participait à la conférence de presse, est elle-même proche aidante, sa fille étant lourdement handicapée. Son témoignage laisse peu de doute sur les besoins de ces familles.

« Ces services peuvent faire toute la différence dans la vie quotidienne d’une famille. Ça nous permet de pouvoir travailler, d’avoir un pouvoir d’achat. Ça permet aussi à la fratrie d’avoir toute l’attention qu’elle mérite. Ça nous permet aussi comme personne proche aidante de sortir la tête hors de l’eau », a-t-elle dit.

Selon les données de la ministre Blais, quelque 400 000 Québécois reçoivent des soins à domicile, alors que 12 000 personnes sont en attente d’un premier service et 40 000 autres en attente d’un deuxième ou d’un troisième service.

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