Jean Charest rencontre le gouverneur du Vermont - Le Québec et le Vermont veulent accélérer la dépollution du lac Champlain

Burlington — Le Québec et le Vermont se sont entendus hier pour intensifier leurs efforts de lutte contre la pollution dans la baie Missisquoi du lac Champlain, interdite aux baigneurs depuis quelques années en raison de la présence d'algues bleues.

Ces bactéries potentiellement nocives pour l'être humain prospèrent dans les milieux riches en phosphore. Elles constituent un problème dans plusieurs régions du Québec et des États-Unis.

«Il y a une industrie du tourisme jadis florissante qui est menacée par la pollution», a souligné le premier ministre Jean Charest, à l'issue d'une rencontre avec le gouverneur du Vermont, Jim Douglas, à Burlington.

Plan d'action

Un plan d'action adopté l'an dernier promettait de réduire de manière significative la quantité de phosphore dans l'eau du lac d'ici 2016. Devant l'ampleur du problème, les gouvernements concernés ont cependant décidé d'accélérer sa mise en oeuvre.

Si tout se déroule comme prévu, les objectifs environnementaux devraient être atteints à temps pour le 400e anniversaire de la découverte du lac par Samuel de Champlain en 2009, ont assuré MM. Charest et Douglas lors d'un point de presse sur les rives du plan d'eau.

«C'est ambitieux [...] il est important de faire preuve de dynamisme. Nous devons démontrer aux gens du Vermont, du Québec et de l'État de New York que nous abordons ce dossier avec sérieux. Nous raccourcissons les délais et cela veut dire, entre autres, un engagement financier plus important», a expliqué le gouverneur.

Jusqu'à maintenant, le Québec a dépensé un million de dollars pour la baie de Missisquoi. Cette somme a notamment financé le travail d'experts chargés de faire le bilan environnemental de 450 des 600 fermes de la région et d'informer les agriculteurs de leurs obligations.

Quelque 250 établissements américains ont aussi fait l'objet de telles visites. L'État prévoit contrôler la qualité de l'environnement et les méthodes de traitement des déchets d'environ un millier d'autres exploitations agricoles.

Le gouverneur du Vermont dit avoir mis de côté huit millions de dollars américains pour la mise en place du plan de dépollution.

Il reconnaît que les premiers efforts n'ont pas encore eu de résultats concrets. «Nous n'avons pas créé cette situation en un jour et nous ne la réglerons pas du jour au lendemain», a-t-il fait valoir.

Quant à Jean Charest, il espère que les mesures envisagées permettront de redonner au lac sa pureté des premiers jours.

Autoroute 35

Comme il l'a fait avec le gouverneur de la Floride Jeb Bush la semaine dernière, le premier ministre du Québec a discuté hier de sécurité aux frontières et de commerce transfrontalier. Les échanges Québec-Vermont totaliseraient environ quatre milliards de dollars par année. Jean Charest s'est dit favorable à la reprise des travaux sur l'autoroute 35, qui relie Saint-Jean-sur-Richelieu à la frontière où elle devient la 89.

Il ne manque que 33 kilomètres à cette route inaugurée dans les années 1960. Le gouvernement est déjà propriétaire des terrains situés sur le tracé projeté. Le coût des travaux est estimé à 250 millions.

Hier, le premier ministre a assuré que ce projet faisait partie de ses priorités et qu'il était en discussion avec le gouvernement fédéral à ce sujet. Québec souhaite qu'Ottawa paie la moitié de la facture.

Dépotoir de Coventry

Jean Charest a en outre assuré qu'il partageait les inquiétudes des citoyens des régions de Sherbrooke et de Magog qui s'opposent à l'agrandissement du dépotoir de Coventry, situé non loin du bassin versant du lac Memphrémagog en territoire américain.

Les autorités du Vermont souhaiteraient agrandir ce site d'enfouissement. Le projet fait actuellement l'objet d'audiences publiques visant à évaluer son impact environnemental.

Les municipalités québécoises ont obtenu le statut de partie intéressée pour ce processus et embauché un procureur. Le ministre de l'Environnement, Thomas Mulcair, a dit surveiller la situation de près.