L’aide du privé en santé mentale tarde à prendre forme, admet la CAQ

Le ministre Carmant avait annoncé en novembre un investissement de 100 millions de dollars pour améliorer l’offre de services en santé mentale. De cette somme, 25 millions étaient destinés à réduire les listes d’attente grâce à des contrats avec des psychologues du privé.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Le ministre Carmant avait annoncé en novembre un investissement de 100 millions de dollars pour améliorer l’offre de services en santé mentale. De cette somme, 25 millions étaient destinés à réduire les listes d’attente grâce à des contrats avec des psychologues du privé.

Dans la foulée des révélations sur les milliers de Québécois toujours en attente pour consulter un psychologue, malgré les millions annoncés par Québec pour s’attaquer au problème, les partis d’opposition pressent le gouvernement de passer à la vitesse supérieure.

Une enquête du Devoir a révélé que seulement 542 Québécois sur les 19 819 en attente de services ont été pris en charge pour obtenir de l’aide en santé mentale, près de sept mois après une annonce de la Coalition avenir Québec pour réduire les listes d’attente.

« On s’attendait à une réponse plus rapide et plus diffuse », a reconnu mercredi en chambre le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, pressé de questions à ce sujet.

Le ministre Carmant avait annoncé en novembre un investissement de 100 millions de dollars pour améliorer l’offre de services en santé mentale. De cette somme, 25 millions étaient destinés à réduire les listes d’attente grâce à des contrats avec des psychologues du privé.

Le député libéral responsable du dossier, David Birnbaum, a insisté pour obtenir des précisions. « À peine 6,25 millions de dollars ont été dépensés des 25 millions que le ministre délégué lui-même a désignés afin que les personnes qui souffrent aient accès à la psychothérapie au privé », a-t-il relaté. « Comment le ministre délégué peut-il expliquer que son programme ne fonctionne pas ? »

Le programme « commence à rouler, et il reste encore jusqu’au mois de mars 2022, donc il nous reste du temps » a relativisé le ministre. […] « La bonne nouvelle, c’est que dans les deux dernières semaines, on a vu une augmentation, avec 100 patients référés au cours de chacune des deux dernières semaines, et on pense que ça va s’améliorer avec le triage qui va être mis en place par le Programme québécois pour les troubles mentaux. »

25 millions
C’est la part des 100 millions de dollars investis par Québec pour améliorer l’offre de services en santé mentale allouée à des contrats avec le privé.

« Plus d’action »

« Il faut des embauches massives, il faut des embauches historiques », a réclamé en mêlée de presse le porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois. « Il faut de meilleures conditions de travail dans le public, pour nos psychologues, nos travailleurs sociaux, tous les professionnels de la santé mentale. »

« On aurait préféré moins de millions et plus d’action », a déclaré pour sa part Joël Arseneau, porte-parole du Parti québécois en matière de santé mentale, en entrevue au Devoir. « Le gouvernement a fait des annonces à coups de millions de dollars et les résultats sur le terrain sont nuls ou à peu près nuls. »

Le ministre est « de bonne foi », ajoute-t-il, mais devrait revoir « soit sa relation avec le ministre en titre, soit sa relation avec l’appareil gouvernemental » pour que se « matérialisent » des résultats.

À cela, Lionel Carmant a répondu en chambre : « Je fais le tour des p.-d.g. des CISSS et des CIUSSS pour comprendre avec eux la réorganisation et pour accélérer l’implantation du Programme québécois pour les troubles mentaux. »

Entre le 17 juillet 2020 et le 11 mai dernier, les demandes d’aide en santé mentale ont bondi de 21 % au Québec, selon les données fournies par le gouvernement.

 

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