Montréal restera en zone rouge un peu plus longtemps

Le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, le premier ministre François Legault, et le ministre de la Santé, Christian Dubé
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, le premier ministre François Legault, et le ministre de la Santé, Christian Dubé

Montréal et Laval devront attendre encore deux semaines avant de passer en zone orange. Le Québec mettra le cap sur ce nouveau palier d’alerte à compter de lundi prochain, comme le prévoit le plan de déconfinement du gouvernement, mais la métropole et sa banlieue devront attendre.

« On préfère être prudents », a indiqué le premier ministre François Legault lors de sa conférence de presse hebdomadaire mardi.

Quelques municipalités régionales de comté (MRC) s’attarderont également en zone rouge dans Chaudière-Appalaches, en Estrie et dans la portion ouest du Bas-Saint-Laurent. « Même dans les cinq régions ou sous-régions où on reste en rouge, la situation s’améliore, on est optimistes, a-t-il ajouté. Et l’objectif, c’est que lundi suivant, donc lundi le 7 juin, tout le Québec soit en orange. »

M. Legault s’est réjoui de voir le nombre de nouveaux cas de COVID-19 diminuer. La Santé publique en rapportait 346 mardi. Elle comptait également 9 hospitalisations dues à la maladie de moins que la veille, pour un total de 415. « La tendance est bonne, a constaté le premier ministre. Le taux de tests positifs est rendu à 2,3 %. Juste pour vous donner un comparatif, en Ontario, [lundi], il était à 6,2 %, donc plus que le double. »

Le gouvernement peut donc commencer à mettre en œuvre son plan de déconfinement. Le couvre-feu sera levé et les restaurants pourront accueillir des clients sur leurs terrasses partout au Québec dès vendredi. Un maximum de huit personnes pourra également se rassembler à l’extérieur sur un terrain privé. Il n’y aura plus de restrictions pour les déplacements interrégionaux, qui étaient jusqu’ici non recommandés durant la troisième vague, et les stades extérieurs tout comme les grandes salles pourront accueillir un maximum de 2500 personnes avec certaines restrictions pour éviter la propagation du coronavirus.

Trois jours plus tard, la majorité des régions encore en zone rouge — la Capitale-Nationale, la Montérégie, les Laurentides, Lanaudière et l’Outaouais — vont passer au palier d’alerte orange. Les élèves de troisième, quatrième et cinquième secondaire pourront donc assister à leurs cours en personne à temps plein, les gyms pourront rouvrir, tout comme les salles à manger des restaurants. Ces dernières pourront accueillir un maximum de deux personnes par table avec leurs enfants mineurs ou les occupants d’une même résidence privée.

« Il faut faire attention »

M. Legault a invité les Québécois à continuer à faire preuve de prudence et à suivre les mesures sanitaires. « Quand j’ai parlé de petits partys, ça rimait avec été, on n’est pas encore rendu à l’été », a-t-il dit en rappelant que la saison estivale commençait le 21 juin. « Donc, il faut faire attention. Il ne faut pas revoir ce qu’on a vu sur les plages en fin de semaine, il faut continuer d’être prudents si on veut continuer d’être capables de déconfiner comme le plan le prévoit », a-t-il ajouté.

« Des courbes qui se sont remises à remonter après avoir été aplaties, on en a vu », a rappelé le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, qui craint surtout les rassemblements intérieurs.

Au cours de la fin de semaine, des médias ont rapporté que des rassemblements sans distanciation physique ont eu lieu dans des parcs à Montréal, Québec et Trois-Rivières. Bien que le risque d’attraper la COVID à l’extérieur soit plus faible, il est tout de même présent. « On peut très facilement postillonner, proche l’un de l’autre, et donc si on porte le virus, bien l’autre va l’attraper », a expliqué le Dr Arruda.

Le Québec se remet tranquillement de la troisième vague de COVID-19, mais est-il réellement à l’abri d’une quatrième vague ? « Je pense qu’avec les mesures qu’on met en place, avec l’augmentation de la couverture vaccinale, on devrait être en mesure de contrôler la situation, a-t-il indiqué. On pourrait avoir des petites augmentations, là, mais pas nécessairement une “reflambée”. » C’est plutôt l’arrivée d’un nouveau variant résistant aux vaccins qui pourrait lancer une nouvelle augmentation des cas.

Deuxième dose plus rapide

Entre-temps, la campagne de vaccination continue d’aller bon train. Plus de 50 000 personnes ont reçu une première dose lundi pour un total de 5 051 681 depuis décembre. Cela représente 55,7 % de la population québécoise, selon les statistiques colligées par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). De ce nombre, près de 340 000 se sont fait injecter leur deuxième dose, soit 5,5 % de la population. Le gouvernement vise une couverture vaccinale de 75 %.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, compte accélérer l’inoculation de la deuxième dose de vaccin dont le délai de trois à quatre semaines recommandé par les fabricants avait été prolongé à quatre mois pour protéger rapidement le plus grand nombre de personnes possibles.

« Notre objectif est très simple, c’est de ramener toutes les deuxièmes doses du mois de septembre avant le 31 août », a-t-il indiqué. Il s’attend à recevoir suffisamment de fioles au cours des prochaines semaines pour à la fois atteindre cet objectif et injecter une première dose aux 530 000 12-17 ans d’ici la fin de l’année scolaire. Déjà, 100 000 rendez-vous destinés aux jeunes avaient été réservés mardi après-midi.

Le premier ministre Legault ne compte pas lever l’état d’urgence sanitaire, comme le réclament les partis d’opposition, avant que tous les Québécois aient reçu leur deuxième dose. « Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que dans les mesures d’urgence, il y a toutes les consignes : le port du masque, le respect d’un mètre ou deux, la fermeture de parcs quand il y a exagération, a-t-il rappelé. Donc, ce serait comme impossible d’enlever toutes les mesures d’urgence avant la fin août pour être bien réaliste. »

Liste des MRC qui restent en zone rouge

Chaudière-Appalaches

Beauce-Sartigand, L’Islet, Montmagny et Robert-Cliche

Estrie

Granit

Bas-Saint-Laurent

Kamouraska, Rivière-du-Loup, Témiscouata et Les Basques.




 

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