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Louise Beaudoin deviendra commandeur de la Légion d'honneur

Paris — L'ex-ministre Louise Beaudoin sera élevée l'automne prochain au rang de commandeur de l'Ordre de la Légion d'honneur, a-t-on appris en fin de semaine à Paris.

Le président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, lui remettra les prestigieux insignes le 23 septembre, à l'occasion d'une cérémonie à l'Hôtel de Lassay, sa résidence officielle.

En 1986, après la première défaite électorale du Parti québécois survenue l'année précédente, Louise Beaudoin avait été faite «officier» de la Légion d'honneur par le premier ministre socialiste, Laurent Fabius. Aujourd'hui, elle doit apparemment sa promotion à son vieux complice Pierre-André Wiltzer, qui était jusqu'au printemps dernier ministre délégué à la Coopération et à la Francophonie dans le gouvernement de droite de Jean-Pierre Raffarin.

L'ex-ministre voit, dans cet hommage des autorités françaises, le «couronnement» des efforts qu'elle a déployés depuis 30 ans pour «rapprocher la France et le Québec».

«C'est un grand honneur, parce que j'aime la France et les Français et que j'ai consacré une large partie de mes énergies à cette relation-là, a-t-elle expliqué dans un entretien téléphonique. À 58 ans, quand je me retourne pour voir ce que j'ai fait de bien dans ma vie, je me dis que j'ai influencé le cours des choses, qu'elles auraient été différentes si je n'avais pas été là.»

Même si elle a quitté la scène politique depuis la défaite du Parti québécois, Louise Beaudoin n'a pas été oubliée par ses amis français. Il est vrai que personne chez les libéraux de Jean Charest (à commencer par sa remplaçante, Monique Gagnon-Tremblay) ne possède en France un aussi vaste réseau que le sien.

Envoyée spéciale

Il est vrai également que l'ex-ministre ne se laisse pas oublier facilement. Après son retrait de la vie politique, on l'a ainsi retrouvée à l'Université de Lyon en tant que professeure invitée (elle y a donné des cours sur la diversité culturelle et la francophonie), puis à Paris en militante altermondialiste ou à la faveur d'un dîner chez le maire Bertrand Delanoë.

Surmontant «l'espèce de découragement» que lui inspirait naguère la Francophonie, elle a par ailleurs accepté au printemps d'être «l'envoyée spéciale» du secrétaire général, Abdou Diouf, en matière de diversité culturelle. Cette mission, qui se poursuivra jusqu'à la fin de l'année, l'a déjà conduite à New York, Séoul, Sao Paulo et Buenos Aires.

Le grade de commandeur est le plus élevé de l'Ordre national de la Légion d'honneur, devant ceux de chevalier et d'officier. La liste des Québécois ayant eu droit à cette distinction n'est pas très longue: on y retrouve notamment les noms de l'ancien premier ministre Lucien Bouchard, de l'astrophysicien Hubert Reeves, de l'ex-délégué général Jean Chapdelaine et de l'ancien maire de Montréal Jean Drapeau.

L'ordre comprend aussi deux «dignités» (grand officier et grand-croix), plus prestigieuses encore. Les Canadiens ayant reçu le titre de grand officier se comptent sur les doigts d'une seule main. Parmi eux figurent René Lévesque, Robert Bourassa (à titre posthume) et l'ancien gouverneur général Roméo LeBlanc.

Les «simples» chevaliers sont en revanche plus nombreux. L'ancien délégué général Michel Lucier a eu droit à ce témoignage de reconnaissance de la France, ainsi que de très nombreux intellectuels et artistes, comme Gilles Carle, GiIles Vigneault, Luc Plamondon, Claude Léveillée et Lise Bissonnette.