Trois élections partielles sont à prévoir cet automne - Un premier test électoral pour le gouvernement Charest

Le gouvernement Charest se prépare pour son premier test électoral: les citoyens de trois circonscriptions devraient se rendre aux urnes cet automne pour remplacer des députés libéraux qui ont quitté leurs fonctions. Si Nelligan et Laurier-Dorion constituent des châteaux forts libéraux sur l'île de Montréal, une réelle course à trois s'engage dans la circonscription de Vanier, à Québec.

Le premier ministre dispose d'un maximum de six mois à partir du moment où une circonscription se libère pour déclencher une partielle. Le député de Nelligan, William Russels, ayant quitté ses fonctions le 9 mars pour aller travailler dans le domaine pharmaceutique, Jean Charest doit déclencher l'élection dans cette circonscription au plus tard le 9 septembre. Pour ce qui est de Vanier et de Laurier-Dorion, il peut attendre respectivement jusqu'à la fin d'octobre et à la mi-décembre.

«La tradition veut qu'on tienne les partielles toutes en même temps. M. Charest nous a demandé d'être prêts pour les trois, nous le sommes», affirme le responsable des communications du Parti libéral du Québec, Bruno-Serge Bouchard.

Selon des observateurs, un déclenchement le 18 août semble très plausible, les élections auraient ainsi lieu après la fête du Travail et avant la rentrée parlementaire. On pourra alors voir si la grogne envers le Parti libéral s'est estompée ou est encore bien vive.

Au Parti québécois, les assemblées d'investiture débouleront dans les trois circonscriptions au cours des trois prochaines semaines. Le Parti libéral en est à sélectionner les candidats dans Laurier-Dorion et Vanier (une jeune candidate, Yolande James, a déjà été choisie dans Nelligan) en espérant qu'une candidature fera consensus de manière à éviter une course à l'investiture. Le plus grand secret entoure les candidatures adéquistes, mais on prévoit lever le voile sur le représentant dans Vanier la semaine prochaine.

Débat sur CHOI dans Vanier

C'est dans la circonscription de Vanier, auparavant représentée par l'ex-ministre de la Justice Marc Bellemare, que la course s'annonce la plus serrée. Remportée en 1994 et en 1998 par le Parti québécois, la circonscription est virée au rouge l'an dernier, mais l'Action démocratique était arrivée au deuxième rang. Un sondage interne du PQ au printemps laissait présager une course à trois. Celui de l'ADQ donnerait les troupes de Mario Dumont et Bernard Landry au coude à coude.

La lutte s'annonçant très chaude, on ne s'étonne pas de voir Jean Charest se prononcer contre la décision du CRTC dans le dossier de CHOI. Bruno-Serge Béchard assure cependant que la prise de position de son chef et du ministre Sam Hamad en faveur de CHOI n'a rien à voir avec l'échéance électorale. «Si les gens en parlent, on va en parler, mais ce n'est pas de compétence provinciale», soutient-il. Le porte-parole libéral ne peut cependant pas s'empêcher de souligner que la députée péquiste Agnès Maltais s'est prononcée en faveur de la décision controversée du CRTC.

Visiblement dans l'embarras, au PQ on souligne que le chef revient de vacances au début de la semaine prochaine et s'empressera de faire une déclaration publique sur le sujet. «Ce sera un enjeu de la campagne, c'est sûr», convient le directeur des communications du PQ, Joël Simard-Ménard.

Les candidats à l'investiture dans Vanier entonnent en choeur le même message. «Je suis un homme de parti. J'aimerais entendre ce qu'il [Bernard Landry] va nous dire», mentionne un des trois candidats, Jean Roy, retraité de l'éducation et ancien président d'une commission scolaire.

Mais tous ont aussi leur opinion personnelle sur le sujet. «Le fédéral vient encore dire au Québec quoi faire. C'est spécial de voir qu'on est obligé de se soumettre à la décision de fonctionnaires fédéraux», allègue le jeune Sylvain Lévesque, agent de développement dans un Carrefour jeunesse emploi et directeur de campagne du candidat bloquiste dans la circonscription voisine aux dernières élections. Il pense que sa jeunesse — il a la mi-vingtaine — lui confère un avantage pour contrer l'ADQ.

Ancien chef de cabinet

Le troisième en lice est Claude Beauchamp, un ancien chef de cabinet du ministre responsable de la capitale, qui a auparavant travaillé dans le milieu de la radio. «Après avoir oeuvré tant d'années comme conseiller politique, je suis prêt à sauter dans la patinoire», fait valoir M. Beauchamp.

Sur le délicat sujet de CHOI, l'ancien gestionnaire de radio pense lui aussi que la décision est un peu sévère. «Si CHOI obtient la permission d'en appeler de la décision en cour, elle aurait entre-temps une belle occasion de démontrer qu'elle est capable de faire de la radio mordante, spectaculaire, tout en étant respectueuse», croit M. Beauchamp.

Les trois protagonistes triment dur ces temps-ci pour rallier les 580 membres actifs de la circonscription. Ils ne peuvent vendre de cartes de membre pour remporter l'investiture, les membres doivent avoir adhéré au parti depuis plus de trois mois pour avoir leur mot à dire sur le choix du candidat.

Recherche de consensus

Le processus semble bien différent chez les libéraux et les adéquistes, où on ne prévoit pas pour l'instant tenir une assemblée d'investiture. Au Parti libéral, la permanence et l'association de comté se concertent pour trouver un candidat qui fait consensus. Toutes les personnes dont les noms ont circulé publiquement jusqu'à maintenant ont décliné l'invitation.

«Cela devrait se régler au milieu de la semaine prochaine. Il faut toujours faire quelques vérifications sur les candidats. Dans les deux dernières semaines de juillet, ce n'est pas évident de rejoindre les gens. Cela retarde un peu les choses», explique M. Bouchard, précisant qu'à part la sélection du candidat, la préparation électorale est très avancée. L'association libérale locale précise que l'étape de la recherche de candidats est terminée.

Pas d'investiture en vue non plus à l'ADQ. En fait, le choix est déjà arrêté, mais il ne sera connu que le 5 août. «C'est quelqu'un de Vanier, implanté dans le comté. Un parachuté ferait moins bien. C'est quelqu'un qui est capable d'être un bon cinquième député», déclare l'attaché de presse de l'ADQ, Jean-Nicolas Gagné. Il ne faut donc pas s'attendre à voir une vedette se pointer dans cette circonscription, au demeurant prenable pour la petite formation.

L'ADQ fonde beaucoup d'espoir sur ce possible cinquième député: «Cela amènerait de l'eau au moulin dans les négociations, qui se poursuivent toujours, sur le temps de parole à l'Assemblée nationale», fait valoir M. Gagné.

LE COURRIER DE LA COLLINE

Nouvelle infolettre

Chaque jeudi, l'équipe du Devoir à Québec résume l'essentiel de la semaine parlementaire. Retrouvez aussi la note de Michel David, notre chroniqueur politique. Inscrivez-vous, c'est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.