Fonction publique - Après la médiation, les moyens de pression

Les 40 000 fonctionnaires membres du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) pourraient obtenir le droit légal de grève dès le début de l'automne.

La médiation, demandée par le syndicat en avril, s'est soldée mardi par un échec. Le Conseil du Trésor n'a pu donner suite à la demande du syndicat qui exigeait le dépôt d'offres quant à la sécurité d'emploi, la sous-traitance, les prêts de service et le recours aux employés occasionnels et saisonniers.

En vertu de la loi, les membres du SFPQ peuvent ainsi obtenir le droit légal de grève dans le mois qui suit le rapport du médiateur. «Nous avons déjà un mandat à plus de 80 % en faveur de grèves sectorielles rotatives. On ne visera pas la population, c'est clair que c'est l'appareil qui est visé», fait valoir le président du SFPQ, Michel Sawyer, qui compte peaufiner sa stratégie avec ses instances à la fin août.

Services essentiels

Avant de recourir à la grève, le syndicat doit s'entendre avec les ministères sur une liste de services essentiels à maintenir, à défaut de quoi, la Commission des services essentiels peut décréter le niveau de service souhaitable.

Le syndicat s'inquiète des répercussions de la réingénierie et d'une éventuelle vague de privatisations sur l'emploi dans la fonction publique. Dans les cas de sous-traitance, précise-t-il, la convention tient lieu de rempart contre les pertes d'emploi et la détérioration des conditions de travail depuis les modifications apportées à l'article 45 l'an dernier. M. Sawyer craint que le gouvernement ne veuille assouplir ces clauses.

M. Sawyer déplore également l'entreprise de réduction de la taille de l'État. «Le premier ministre juge bon d'intervenir dans le débat de CHOI en déplorant la perte de 40 emplois dans la région de Québec. Pourtant le mois passé, le gouvernement a annoncé son intention d'abolir 16 000 emplois dans la fonction publique en 10 ans, dont la plupart sont dans la région de Québec. Cela prend du culot», s'insurge M. Sawyer.

Au cabinet de la présidente du Conseil du Trésor, on assure que la sécurité d'emploi n'est pas remise en question, contrairement à ce que prétend le syndicat. «Nous sommes prêts à continuer la négociation après l'été. Nous pourrons discuter de toutes ces questions», assure l'attachée de presse de la ministre Monique Jérôme-Forget, Isabelle Taschereau.

«S'ils nous déposent n'importe quoi, les mandats ne seront pas longs à appliquer», prévient M. Sawyer qui enjoint le Trésor à déposer dès maintenant ses offres sur les sujets en litige. Le contrat de travail des fonctionnaires est échu depuis juin 2003.

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