Le frère du président Bush en mission économique - Jeb Bush offre au Québec la Floride comme rampe de lancement

Au cours de leur rencontre, Jeb Bush et Jean Charest ont discuté des façons d’accroître les échanges entre la Floride et le Québec.
Photo: Jacques Nadeau Au cours de leur rencontre, Jeb Bush et Jean Charest ont discuté des façons d’accroître les échanges entre la Floride et le Québec.

Alors qu'un dixième de la population québécoise visite chaque année la «capitale d'été» qu'est la Floride et que 150 000 Québécois y possèdent une résidence, le gouverneur John Ellis «Jeb» Bush veut maintenant aller plus loin et inciter les entrepreneurs québécois à se servir de son État comme rampe de lancement vers l'Amérique latine.

Au cours d'une mission de deux jours dans la Belle Province en compagnie de 120 représentants de la communauté d'affaires floridienne — qui n'est pas sans rappeler les missions économiques de Lucien Bouchard —, le frère du président américain a signé hier une entente de coopération économique, scientifique et technologique avec le premier ministre québécois Jean Charest. Un accord de coopération a aussi été conclu entre l'Université McGill et l'Université de Miami.

Porte d'entrée

En plus de représenter un marché important — avec ses 17 millions d'habitants, la Floride se classe au quatrième rang des États américains les plus populeux — le Sunshine State constitue «la porte d'entrée d'un marché de 500 millions», a insisté le Gouverneur Bush, en mentionnant les importantes infrastructures de transport qui relient son État aux pays d'Amérique latine.

Les Québécois investissent déjà 1,68 milliard par année dans l'économie floridienne, a fait valoir le gouverneur républicain lors d'une allocution prononcée devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Au cours de leur rencontre, Jeb Bush et Jean Charest ont notamment discuté des façons d'accroître ces échanges, abordant au passage le problème de circulation aux frontières induits par les mesures de sécurité instaurées dans la foulée du 11 septembre. «Il y a un grand niveau de collaboration de la part du gouvernement de la province et du gouvernement national pour s'assurer que l'accroissement de la sécurité ne se fasse pas au détriment du commerce», a fait valoir M. Bush.

Les deux hommes politiques ont aussi échangé sur l'importance de la route 95, qu'empruntent les routiers qui voyagent entre la Floride et le Québec. C'est que dans plusieurs États (comme New York), la route est mal entretenue, puisqu'elle s'avère secondaire pour l'économie locale.

Le système de santé avantage le Québec

Le premier ministre Charest, qui semble entretenir de bons liens avec la famille Bush — Georges Bush père lui a d'ailleurs transmis hier par l'entremise de son fils des mouches pour taquiner le poisson — a eu quelques bons mots pour la péninsule américaine auprès des entrepreneurs québécois. «Si nous sommes intéressés à l'Amérique latine, la rampe de lancement, c'est Miami», a déclaré M. Charest en rappelant que le commerce extérieur constitue 60 % du PIB québécois.

L'entente conclue hier vise aussi à promouvoir le Québec comme point d'entrée pour les entreprises floridiennes qui souhaitent brasser des affaires au Canada. Il n'est cependant pas question de leur consentir des avantages particuliers. «On ne se sent pas obligés d'offrir des incitatifs particuliers, en soi le Québec présente une terre fertile pour ceux qui cherchent des occasions d'investissements, entre autres, en raison de la main-d'oeuvre qualifiée», a soutenu M. Charest, vantant le bilinguisme et même le trilinguisme de la population.

«Les coûts d'opération des entreprises au Québec sont très bas, entre autres, à cause du système de santé. Les coûts de l'énergie sont aussi parmi les plus bas en Amérique du Nord», a poursuivi le premier ministre québécois, notant que le Québec devance des pays comme la Grande-Bretagne, l'Allemagne ou même la Chine en investissements américains.

La coopération entre les deux États pourrait aussi se prolonger dans le domaine de l'aide humanitaire. Comptant sur une communauté haïtienne importante, la Floride a l'intention de créer une commission pour venir en aide à l'île des Caraïbes. «Nous partageons ce trait commun puisqu'il y a ici une communauté haïtienne très importante. Il y aura peut-être pour nous une occasion de travailler ensemble pour un pays envers qui nous avons en commun une très grande affection», a ajouté M. Charest.