Les 12 à 17 ans vaccinés contre la COVID-19 d’ici la fin juin

Un demi-million d’adolescents de 12 à 17 ans pourront recevoir une première dose de vaccin contre la COVID-19 avant la fin du mois juin. La deuxième dose serait administrée pour la rentrée scolaire en septembre.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, en a fait l’annonce en conférence de presse jeudi, entouré du directeur national de santé publique, Horacio Arruda, et du directeur de la campagne de vaccination, Daniel Paré. « C’est sûr que c’est l’objectif d’en vacciner le plus possible à l’école, a-t-il dit. […] Il faut faire attention à la période des examens. On veut juste être certains qu’on le fait correctement. »

M. Paré entend finaliser cette nouvelle étape dans la campagne de vaccination contre la COVID-19 au cours des prochains jours pour pouvoir donner les détails et répondre aux questions des parents avec le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

M. Dubé attend l’avis écrit du Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ) la semaine prochaine, mais il a obtenu entre-temps un avis verbal de la Santé publique pour pouvoir aller de l’avant avec la planification. « Quand on aura reçu l’avis formel du CIQ, on viendra faire une présentation parce que les parents vont se poser toutes sortes de questions : les écoles, les écoles privées, les enfants qui ont un certain handicap, comment on va les déplacer, il y a tout ça », a-t-il précisé.

Il est toutefois trop tôt pour dire si la vaccination des adolescents en cinquième secondaire pourra faire en sorte que ces derniers aient un bal des finissants cette année. Cela ne signifie pas non plus que le port du masque sera éliminé pour autant.

Tout dépendra de l’épidémiologie, a précisé le Dr Arruda. Reste que l’annonce de leur vaccination est une « bonne nouvelle », selon lui.

« C’est un groupe d’âge où le virus circule, donc on va aussi atténuer l’impact du virus même sur les autres populations, en plus de nous permettre probablement d’offrir à nos élèves une année scolaire l’an prochain qui va ressembler beaucoup plus à une année scolaire normale », a-t-il affirmé.

Santé Canada a autorisé mercredi l’utilisation du vaccin de Pfizer-BioNTech pour les jeunes de 12 à 15 ans. Le Dr Arruda s’attend à ce que celui de Moderna soit également approuvé sous peu pour cette même tranche d’âge. En ce qui a trait aux moins de 12 ans, il faudra attendre encore plusieurs mois. Santé Canada ne s’attend pas à voir le résultat des essais cliniques de Pfizer avant le mois de septembre, et encore plusieurs mois après pour Moderna.

Au Québec, la vaccination des adolescents ne devrait pas retarder l’administration de la deuxième dose pour les personnes âgées. Le gouvernement compte administrer un demi-million de doses d’ici le 24 juin aux travailleurs de la santé et dans les centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) et les résidences privées pour aînés. « On a eu de bonnes nouvelles par rapport à la livraison de doses de Moderna qui nous amènent vraiment au-delà de nos espérances pour nos objectifs et on a confiance d’avoir le bon nombre de doses », a expliqué M. Paré.

Jusqu’à maintenant, 40 % de la population québécoise a reçu une première dose d’un des vaccins contre la COVID-19. Depuis une semaine, 1,2 million de personnes ont pris rendez-vous pour se faire vacciner. Dès vendredi, les 35 à 39 ans pourront faire de même. La vaccination sera ensuite ouverte graduellement aux 30 à 34 ans, aux 25 à 29 ans et aux 18 à 24 ans la semaine prochaine.

Passeport vaccinal

La preuve numérique sur laquelle planchaient les équipes du ministre Dubé sera disponible à compter du 13 mai. Les Québécois qui le désirent pourront recevoir un code QR par courriel qui contiendra des informations sur la date d’inoculation de leur première dose de vaccin contre la COVID-19. Elles seront mises à jour après la deuxième dose.

Il s’agit toutefois d’une preuve de vaccination à l’image du carnet santé, et non d’un passeport qui donnerait accès à certains lieux publics. Le ministre Dubé a demandé à la Santé publique d’examiner comment cette preuve de vaccination pourrait être utilisée. « On va être clairs sur les bons usages tout comme sur les situations où ce sont de mauvais usages », a expliqué le Dr Arruda.

La preuve de vaccination servirait surtout pour les voyages à l’étranger. Les gens qui ont déjà reçu leur première dose de vaccin devraient recevoir un courriel avec leur code QR progressivement après le 13 mai. Le gouvernement du Québec travaille de concert avec Ottawa pour constituer un document « standardisé ».

 

Deuxième dose pour les personnes immunosupprimées

Des personnes dont le système immunitaire est gravement affaibli ont commencé à obtenir des rendez-vous pour recevoir leur deuxième dose au cours des prochains jours. Le Dr Arruda a envoyé sa directive aux établissements de santé jeudi. Seules les personnes nécessitant des dialyses pour insuffisance rénale ou qui sont sévèrement immunosupprimées pourront obtenir leur deuxième dose de vaccin contre la COVID-19 dans un délai de quatre semaines au lieu de seize. Cela comprend les personnes qui subissent des traitements contre le cancer, les greffés, celles qui prennent un traitement immunosuppresseur, qui présentent une immunodéficience ou qui sont atteintes d’un VIH non contrôlé.

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2 commentaires
  • Benoit Samson - Abonné 7 mai 2021 05 h 29

    Des lunettes roses qui risquent de s’embuer rapidement

    On peut comprendre les sourires ébahis de messieurs Legault et Dubé après leur traversée du désert des derniers mois. Ils peuvent difficilement cacher leur euphorie après avoir conduit le Québec de la dernière à la première place des provinces canadiennes dans la lutte contre le virus.
    L’euphorie qui les anime pourrait cependant leur jouer de mauvais tours. Ils se réjouissent à juste titre de pouvoir atteindre leur objectif de ‘’vacciner 75% ou mieux de la population’’ avant le 24 juin. Le Dr. Arruda semble plus circonspect et capable de résister aux pressions du PM qui l’accuse sourire en coin à la TV d’être celui qui s’oppose à sa volonté de remplir le centre Bell pour applaudir les Canadiens.
    Le PM et monsieur Dubé font miroiter la levée des consignes avant la fête du Canada car, ils semblent croire comme les Québécois auxquels ils le répètent constamment que 75% seront alors ‘’vaccinés’’. Le Dr Arruda devrait les corriger car la différence entre avoir donné une dose du vaccin à 75% de la population et en avoir ‘’vacciné’’ 75% est plus que sémantique. Certains experts nous disent que pour lever les barrières sanitaires un pourcentage élevé d’individus devraient avoir reçu les deux doses des vaccins; Est-ce vrai? Présentement, au Canada seulement 3.4% ont reçu deux doses, comparativement à 53.5% en Israël, 48% aux États Unis, et 27% en Angleterre.
    Les lunettes roses des politiciens et de ceux qui auront cru être ‘’vaccinés’’ après une dose s’embueront subitement quand on devra corriger le tir et interdire les BBQs à la plage et obliger le port du masque dans les piscines de la province si on réalise en juillet que 85% à 95% des Québécois ne sont pas encore compétemment vaccinés. Sans l’observation des barrières sanitaires même par ceux ayant reçu une dose, une autre vague aux variants avant la rentrée pourrait retarder le retour à la normalité surtout si le variant dont l’éclosion aurait été favorisée par une impatience imprudente était résistant aux vaccins.

  • Benoit Samson - Abonné 7 mai 2021 06 h 22

    Un passeport vaccinal québécois à deux tranchants

    Le besoin d’un passeport vaccinal pour voyager à l’étranger est un incontournable bienvenu qui sera exigé par les États responsables et qui se matérialisera à courte échéance.
    La variante du passeport suggérée par le ministre Dubé selon laquelle les Québécois auraient sa version d’un passeport vaccinal après avoir reçu une seule dose des vaccins est cependant une arme à deux tranchants dangereuse.
    En donnant un passeport avant que les deux doses aient été reçues, le ministre de la santé contribue à véhiculer la fausse impression que ces personnes sont adéquatement vaccinées et libres de faire la fête alors qu’elles ne le seront qu’après avoir reçu les deux doses des vaccins. Elle encouragera ces individus à laisser tomber les barrières sanitaires avant que ce soit sécuritaire de le faire. Cette confusion dangereuse déjà présente dans la population est rapporté par Isabelle Paré et Alexis Riopel aujourd’hui dans Le Devoir :
    ‘’ Pour les 50 ans, c’est clair que le sommet nous a frappés avant que l’immunité soit acquise. On a même vu des gens faire des “partys de vaccination”, en pensant qu’en recevant leurs doses, ils étaient immunisés », observe le Dr Mathieu Simon, chef des soins intensifs à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ). ‘’
    En plus de semer la confusion, les frustrations et conflits aux douanes qui refuseront le passeport québécois, en l’accordant à ceux qui ne sont pas effectivement vaccinés, le ministre de la santé contribuera indirectement à la propagation du virus et l’apparition de variants si les experts qui nous disent que les demi-vaccinés peuvent devenir incubateurs et propagateurs du virus et ses variants ont raison.