Une année municipale marquée par la crise

Catherine Couturier
Collaboration spéciale
L’été dernier, afin de favoriser la distanciation physique, l’avenue du Mont-Royal, à Montréal, a été rendue entièrement piétonne.
Marie-France Coallier Archives Le Devoir L’été dernier, afin de favoriser la distanciation physique, l’avenue du Mont-Royal, à Montréal, a été rendue entièrement piétonne.

Ce texte fait partie du cahier spécial Municipalités

« Ce fut un mandat tout à fait particulier », confie la mairesse de Sainte-Julie. Suzanne Roy avait en effet déjà été présidente de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) de 2014 à 2016, avant d’en devenir présidente par intérim en 2019, quand le maire de Drummondville, Alexandre Cusson, président de 2017 à 2019, s’est lancé en politique provinciale. Mme Roy a ensuite été officiellement élue pour occuper le poste de présidente en 2020-2021.

Réorganisation et soutien

Cette année particulière a été marquée par une grande réorganisation et une collaboration étroite entre les villes et la Santé publique. « En début de pandémie, on devait tenir un conseil d’administration de l’UMQ chaque semaine. Les choses allaient extrêmement vite », raconte Mme Roy. Les villes devaient s’adapter aux décrets, autant pour les services aux citoyens que pour leurs propres employés. « On se réinventait au fur et à mesure. Ça a demandé une très grande agilité, et on a découvert qu’on l’avait », ajoute-t-elle.

Dès le premier jour de la crise sanitaire, les municipalités ont dû mettre en place un filet pour les plus démunis, par exemple en appelant les aînés, qui devaient s’isoler. Le soutien aux organismes communautaires et aux banques alimentaires était primordial. Les villes devaient en même temps s’assurer de la sécurité de leurs propres employés et se réorganiser pour permettre le télétravail.

L’UMQ assure la coordination entre ses 390 municipalités membres et soutient celles-ci. L’organisme assure la cohésion et la collaboration intermunicipale, un rôle particulièrement important lors de cette pandémie. « Chacun arrivait avec des questions sur les façons de faire lors des CA », relate Mme Roy. L’UMQ a par exemple soutenu ses membres dans leurs démarches auprès des gouvernements pour implanter des initiatives pour les citoyens ou pour s’assurer que leurs employés puissent faire leur travail. L’UMQ a aussi suggéré à ses membres d’accorder un report de paiement des taxes municipales, pour donner une pause aux citoyens.

Aux premières loges

Les villes se sont retrouvées aux premières loges de la pandémie, alors que tout le monde était coincé chez soi. « On parle beaucoup de gouvernement de proximité. C’est là qu’on a pu constater à quel point les villes étaient sur tous les fronts. »

Avec les restrictions imposées par la pandémie, les gens ont réinvesti leur quartier, prenant d’assaut les parcs, redécouvrant la marche et le vélo. « On a observé une recrudescence dans toutes les infrastructures de loisir », souligne Mme Roy.

Les villes devaient continuer à offrir ces services tout en s’assurant de ne pas favoriser la propagation de la maladie. À l’approche de l’été, elles ont adapté et réadapté les camps de jour au fur et à mesure des nouvelles consignes, afin de permettre aux parents d’aller travailler, continue-t-elle.

Parallèlement à la gestion de la crise sanitaire, d’autres dossiers devaient continuer à être menés de front : patrimoine bâti, transport aérien, inondations, projet de loi lié à la réalité policière, logement abordable et social, etc. « Tout ça en préparant l’année électorale. J’ai eu un mandat extrêmement bien garni », précise la présidente sortante.

L’année 2021-2022 donnera lieu à de nombreux chantiers, même si la pandémie tiendra encore une place importante. « Nous avons suivi les impacts financiers de la COVID sur les villes et obtenu une compensation de Québec et d’Ottawa, mais il faudra aussi réfléchir à comment relancer l’économie des régions », dit Mme Roy. Si beaucoup de Québécois sont partis à la découverte des régions et que plusieurs ont même décidé de s’y établir, toutes les régions n’ont en effet pas vécu la crise de la même façon. « On doit travailler pour avoir de l’agilité, pour que la relance économique profite à toutes les régions », note-t-elle.

Le dossier des garderies sera également d’actualité, étant donné que de nouveaux résidents se sont établis un peu partout au Québec. « On veut occuper le territoire, mais il faudra des services pour que les gens y restent », fait remarquer Suzanne Roy. L’automne 2021 sera en outre marqué par des élections municipales, où l’on espère attirer plus de candidates et de jeunes.

À quelques jours de la fin de son mandat, Mme Roy salue le monde municipal qui a su se réorganiser rapidement devant la crise. « Les municipalités ont vraiment relevé leurs manches pour être des partenaires crédibles et affronter cette pandémie », conclut-elle.