Des échanges solidifiés par la pandémie

Leïla Jolin-Dahel
Collaboration spéciale
La ministre Andrée Laforest souhaite voir davantage de femmes s’impliquer en politique municipale.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La ministre Andrée Laforest souhaite voir davantage de femmes s’impliquer en politique municipale.

Ce texte fait partie du cahier spécial Municipalités

La pandémie aura intensifié et renforcé les échanges entre Québec et les municipalités, affirme la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, qui s’exprimera le 13 mai prochain dans le cadre des assises de l’Union des municipalités du Québec (UMQ). « Les relations [avec l’UMQ] étaient bonnes, mais les liens se sont solidifiés parce qu’il fallait toujours être en action. Il fallait être prêts pour les citoyens », résume-t-elle au sujet d’une année qu’elle voit comme pleine de défis pour les villes. Elle cite en exemple notamment les élections partielles dans certaines municipalités et la question des conditions permettant d’ouvrir les camps de jour en temps de pandémie.

Crise sanitaire ou non, Mme Laforest estime qu’une bonne relation avec les municipalités reste une priorité. « Dès le début, on se rencontrait fréquemment, autant les grandes villes que les plus petites municipalités. C’est important de communiquer et de se parler souvent pour considérer les enjeux », dit-elle.

Afin de surmonter les défis de la dernière année, des comités de liaison régionaux ont notamment été créés. « On a fait ça avec les municipalités, avec les MRC, pour que la communication soit parfaite à cause de la pandémie », explique Mme Laforest. Ces cellules sont d’ailleurs toujours en place, et la ministre envisage de les maintenir à l’avenir. « C’est certain qu’il va y avoir des propositions dans ce sens-là. Et on les étudiera à ce moment-là », prévoit-elle.

800 millions
C’est la somme octroyée par Québec aux municipalités afin de pallier les pertes de revenus et les dépenses liées à la crise sanitaire.

La ministre ajoute que la pandémie aura mis en lumière l’importance de considérer les besoins essentiels, mais aussi ceux qui pourraient survenir dans le futur. Elle rappelle qu’à l’automne dernier, Québec a annoncé verser 800 millions de dollars aux municipalités afin de pallier les pertes de revenus et les dépenses liées à la crise sanitaire. En mars, Mme Laforest avait fait savoir qu’une somme supplémentaire de 80 millions serait versée aux MRC, notamment pour améliorer et développer les équipements informatiques. « On le sait, les conseils municipaux se sont tenus par visioconférence, soit par Teams, soit par Zoom, soit par Facebook. Alors nous, on a donné [cet argent] pour avoir de meilleurs outils technologiques », dit-elle.

Deux projets de loi

L’année aura aussi été chargée pour le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH), avec notamment le projet de loi n°67. La loi instaurant un nouveau régime d’aménagement dans les zones inondables des lacs et des cours d’eau a été adoptée en mars dernier. Elle vise entre autres à permettre aux municipalités et aux MRC de participer à la relance économique. Elle a également pour but d’outiller les municipalités dans les situations de crise telles que les inondations et la pandémie. « Avec le projet de loi n°67, on les positionne comme des acteurs clés dans la relance. Étant donné qu’il a été étudié durant la dernière année, on avait énormément d’échanges avec les municipalités encore une fois », indique la ministre.

Mme Laforest travaille également sur le projet de loi n°49, qui forcera entre autres les municipalités à réviser leurs codes d’éthique et de déontologie. Le rapport de commission a d’ailleurs été déposé le 27 avril dernier.

La stratégie nationale sur l’urbanisme et l’aménagement du territoire amènera aussi la ministre Laforest à travailler en collaboration avec les municipalités au cours des prochains mois. Ce vaste chantier vise à modifier la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme, qui n’a pas fait l’objet de refonte en profondeur depuis 1979.

Mme Laforest précise que les travaux se poursuivront encore au moins un an. « Et pour ça, on a besoin des municipalités, parce que leurs recommandations sont essentielles, pour voir comment considérer les besoins et travailler dans la meilleure relation possible avec elles », souhaite-t-elle.

Des élections municipales cet automne

Alors que les élections municipales auront lieu à travers la province en novembre prochain, Mme Laforest s’active avec l’UMQ en vue de recruter des candidats. La campagne « Je me présente » vise notamment à convaincre des femmes et des citoyens plus jeunes de faire le saut en politique municipale. « Parce que c’est important d’avoir des jeunes et des femmes », croit la ministre, qui ajoute que 750 participants se sont déjà inscrits.

Selon le MAMH, les femmes ne représentaient d’ailleurs que 18,9 % des élus à la mairie et comptaient pour un peu plus du tiers des conseillers municipaux aux dernières élections municipales de 2017. « On a besoin de bons élus au Québec. C’est important de travailler ensemble pour une meilleure société », conclut Mme Laforest.