Legault «ne regrette pas» ses récents propos sur l’immigration

Dans le cadre d’une rencontre virtuelle de 45 minutes avec des gens d’affaires vendredi dernier, François Legault a affirmé qu’«à chaque fois que je rentre un immigrant qui gagne moins de 56 000$, j’empire mon problème».
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Dans le cadre d’une rencontre virtuelle de 45 minutes avec des gens d’affaires vendredi dernier, François Legault a affirmé qu’«à chaque fois que je rentre un immigrant qui gagne moins de 56 000$, j’empire mon problème».

François Legault a essuyé une pluie de critiques mardi à l’Assemblée nationale pour des propos jugés maladroits tenus devant le Conseil du patronat (CPQ).

Malgré tout, « je ne regrette pas ce que j’ai dit », a déclaré le premier ministre à la période des questions.

L’opposition a passé la majeure partie de la journée à dénoncer la déclaration de M. Legault que, « chaque fois que je rentre un immigrant qui gagne moins de 56 000 $, j’empire mon problème ». À l’inverse, avec « un immigrant qui gagne plus de 56 000 $, j’améliore ma situation », a-t-il ajouté. « On a un sérieux problème de salaire moyen au Québec. On ne va pas faire exprès pour l’empirer. »

Ces phrases ont été prononcées dans le cadre de l’assemblée générale virtuelle du CPQ vendredi dernier. Le contenu de la conversation a été dévoilé lundi par Radio-Canada.

La députée Ruba Ghazal, de Québec solidaire (QS), a demandé à M. Legault s’il entendait par là qu’il y avait de « bons » et de « mauvais » immigrants. Elle a affirmé se lever en Chambre « à titre d’immigrante ».

« J’ai été profondément blessée par les propos tenus par le premier ministre du Québec sur les immigrants, a-t-elle dit. J’ai travaillé longtemps dans des usines, et ce que j’ai entendu de sa part, ça m’a rappelé la manière dont on parle des produits sur des chaînes de montage. Les immigrants ne sont pas des objets, encore moins des numéros. Ce sont des êtres humains. »

La députée de Mercier a raconté que ses parents sont arrivés au Québec sans « belles jobs à 56 000 $», mais qu’aujourd’hui leur fille est une fière députée de l’Assemblée nationale. Visiblement, à l’époque, la famille Ghazal aurait été considérée comme un « problème » par le premier ministre, a lancé l’élue.

Mais François Legault persiste et signe : « Je ne regrette pas ce que j’ai dit. Au Québec, on veut plus d’immigration économique, puis on veut d’abord créer des postes qui sont mieux payés. Je n’ai aucun problème à ce que ça soit répété. »

Vision à court terme

Certes, mais les entreprises ne cherchent pas toutes des diplômés universitaires, a affirmé de son côté le Parti libéral du Québec (PLQ). Sa cheffe, Dominique Anglade, a dénoncé la « vision à court terme » de M. Legault.

« Les caissières, cuisiniers, livreurs, travailleurs agricoles, ça aussi, ce sont des travailleurs essentiels, et que leur dit le premier ministre ? Que ces employés-là nuisent à la moyenne qu’il veut atteindre. Les postes vacants, dont les salaires sont inférieurs à 56 000 $ par année, n’intéressent tout simplement pas le premier ministre. Sa vision […] est non seulement déconnectée de la vraie vie, mais c’est carrément indécent de juger de la valeur d’une personne ou d’un emploi seulement par le salaire annuel. »

Pour sa part, le Parti québécois a accusé le premier ministre de faire dans « l’affairisme », cette tendance à s’occuper sans états d’âme d’affaires d’argent, et de négliger le critère du français.

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